La tortue Georges, le dernier de son espèce

tortue - Georges

La tortue Georges, le dernier de son espèce. Image provenant de Wikipédia.

La tortue Georges appartient à la sous-espèce Chelonoidis abingdonii. Officiellement, elle est disparue depuis le début du 19e siècle. En 1906, le jour où les trois dernières tortues, toutes mâles, furent prélevées et mises dans de l’arsenic pour y être conservées. La chute de la population de tortue géante est due aux passages des baleiniers et pirates qui s’en servent comme réserve de nourriture fraîche depuis le 17e siècle. Elles n’ont pas besoin de boire et de manger pendant de longue période. Régulièrement, ils leur prélèvent des morceaux de viande, les laissant en vie pour servir plus tard.

Les nombreux dangers

Georges est une tortue géante des Galápagos qui est née sur l’île de Pinta. Sa date naissance précise est inconnue, son espérance de vie étant tellement longue. Mais il serait né autour de 1900. Son île est la plus au nord de l’archipel des Galápagos et possède un écosystème bien différent des autres îles. Ainsi contrairement à Harriet, une autre tortue des Galápagos, la végétation y est moins luxuriante, des coulées de lave recouvrant de grande zone. Mais comme cette dernière, Georges naît sur la plage, sortant de sa coquille avec de nombreux frères et sœurs, pour se diriger vers l’intérieur de l’île.

La tortue géante grandit, prends ses habitudes, tout en évitant les dangers. Que ce soit ces prédateurs naturels, mais aussi cette espèce qui accoste dans d’étrange structure, qui prend certains des siens vivants et les emmènent avec eux. Pendant près de soixante-dix ans, il passe au travers de ce prédateur. Georges évitent aussi les pièges mortels de la nature, des trous qui apparaissent pendant la saison des pluies. S’il venait à tomber dedans, ce serait la mort assurée, aucun des siens ne pourraient lui venir en aide. Surtout que Georges est très probablement seul sur son île. Alors, il ne faut pas aller trop vite à travers les herbes hautes pour éviter ce piège mortel.

Ainsi, Georges profitent des hautes herbes, de fruits indigènes pendant les périodes plus humides, même s’il existe une telle zone au sommet du volcan toute l’année. Tandis que pendant les périodes sèches, la tortue géante s’attaque aux cactus, qu’il peut attaquer grâce à son long cou, une particularité de son espèce. Ils lui fournissent aussi toute l’eau nécessaire qu’il peut stocker pendant plusieurs semaines. Mais en 1959, un nouvel ennemi fait son apparition. D’abord trois, ces êtres bien plus rapides et agiles que lui, augmentent rapidement en nombre. Au point que l’île un subit un désastre écologique.

La découverte de Georges

tortue - Georges

Georges le solitaire, en 2007. Image provenant de Wikipédia.

Un jour, des détonations se font entendre. Enfin le nombre d’envahisseurs commence à diminuer, mais il est déjà trop tard pour lui, pour son espèce. Tout ce qu’il croise maintenant, ce sont des cadavres, de ceux qui sont tombés dans les trous et des autres attaqués violemment avec une hache.

Un jour de 1971, Georges entend la voix de deux personnes, un homme et une femme qui scrutent attentivement la végétation. Mais il n’est pas l’objet de leur recherche, ce sont les escargots. Néanmoins, les deux chercheurs le repèrent sans s’intéresser davantage à lui, ils ne savent que son espèce est déjà considérée comme éteinte. Quelques mois plus tard, en avril 1972, c’est tout un groupe d’hommes qui débarque. Les bruits de détonation recommence, mais ils ne sont pas comme d’habitude, ils semblent chercher quelque chose, ou plutôt quelqu’un.

À ce moment-là la tortue Georges se trouve sous un arbre, à l’ombre, encerclé par des rochers. Rapidement, il se fait entourer par deux personnes qui semblent très excités de le voir. Il se fait braquer, non pas par une arme, mais par un appareil photo. Après avoir pris la pose, la personne à côté de lui enlève sa chemise et l’accroche à une branche. Il part ensuite en courant, tandis que l’autre reste auprès à ses côtés. Plus tard, ce sont deux hommes qui se présentent à lui, il est le centre d’intérêt. Ils semblent se réjouir de sa présence. Ensuite, c’est tout un groupe qui l’entoure.

Ils lui passent plusieurs cordes sous sa carapace, deux grands bâtons de chaque côté et d’un seul coup ses pattes ne touchent plus terre. À deux reprises, la tortue tombe violemment au sol. Son poids et le balancement font que la structure fragile ne résiste pas. Georges se retrouvent même directement entouré de quatre hommes, surtout au niveau de coulée de lave. Il finit sur le rivage et à nouveau les flashs font leur apparition. Il finit par monter sur un bateau, lieu où nombre des siens ont fini.

Georges et l’espoir qu’il fait renaître

De nombreuses recherches ont été faites sur l’île de Pinta, ainsi que dans les zoos du monde entier pour trouver une compagne pour Georges. Mais cela fut un échec, il était le dernier de son espèce. Pendant ce temps, la population de chèvre a été réduite à néant, servant du même coup de terrain d’entraînement pour une autre île bien plus grande. Puisque la tortue géante George est le dernier de son espèce, des hybrides qui avaient été donné par des particuliers, furent envoyés sur l’île de Pinta. Pendant environ deux cents ans, ils joueront le rôle de son espèce, entretenir des chemins et répartir les graines. Mais ces dernières ont été stérilisées, considérant que si ce n’était pas les tortues d’origines, alors l’écosystème ne pouvait être restauré.

Sa vie en captivité

tortue - Georges - soigneur

Georges le solitaire avec son soigneur Fausto. Image provenant de darwinfoundation.org

À la station Charles Darwin sur l’île de Santa Cruz, toujours dans l’archipel des Galápagos, les jours passent et se ressemblent. Chaque jour, son gardien Fausto lui rend visite, Georges est déjà là à l’attendre. Et au moment de partir, il le suit jusqu’à sa sortie. Cela, il ne l’a jamais fait avec personne d’autre. Mais Georges le solitaire s’adapte mal à la vie en captivité. Contrairement aux autres tortues, il prend du poids, si bien qu’il doit suivre un régime. Il présente aussi des problèmes de peaux ainsi que des goitres. Il est alors suivi en permanence, il est pesé et des prélèvements réguliers de selles et de la thyroïde sont réalisés.

En 1992, Georges le solitaire se retrouve avec deux femelles, mais elles ne sont pas de la même espèce que lui, même si elles sont physiquement proches. Elles proviennent du nord de l’île Isabela, du volcan Wolf. Pour l’évènement, il change de corral, plus grand, avec des zones de nidifications pour le jour où les femelles pondront sa future descendance. Mais Georges ne montre aucun intérêt pour ses deux compagnons du sexe opposé. Durant le printemps 1993, un nouveau visage se présente à lui, celui d’une femme. Cette dernière tente de poser sa main sur ses parties génitales. Elle tente le stimuler sexuellement afin d’obtenir de sa semence. Là encore, c’est un échec, malgré ses séances d’une demi-heure tous les jours pendant trois mois. Malgré le fait que la tortue semble attendre sa visite avec impatience, elle qui est maintenant connue comme sa petite-amie.

En 2000, les deux femelles sont remplacées par deux autres venant de l’île Española. Ces dernières sont plus proches génétiquement de Georges, mais cela ne change rien, encore une fois, aucune naissance à l’horizon. La tortue géante porte bien son surnom, Georges préfère effectivement la solitude. Pour tenter de le stimuler, il est mis dans un corral avec d’autres tortues mâles, bien sûr, aucune ne vient de la même île que lui. Mais là encore, cela ne change rien, Georges est un grand solitaire, s’accaparant le quart du corral.

Avec la mort de la tortue Georges, la fin d’une espèce

tortue - Georges - naturalisé

Le corps de Georges naturalisé. Image provenant de galapagos.org

Le dimanche 24 juin 2012, la tortue géante Georges le solitaire disparaît et avec lui sa sous-espèce, Chelonoidis abingdonii. Son corps encore chaud est découvert par son gardien Fausto. Il avait à peine cent ans, encore jeune pour un être qui aurait pu vivre deux cents ans. La cause de sa mort, la vieillesse même si son foie donne l’impression d’appartenir à une tortue plus âgée. Plusieurs prélèvements sont réalisés, tous conservés par congélation en Équateur. En même temps, il est découvert que Georges était incapable de procréer, son conduit se terminant quatre centimètres avant la sortie. L’abstinence chez les tortues provoquent la réduction de leur partie génitale.

Son corps embaumé se rend alors au Musée américain d’histoire naturelle de New York. Après un an de travail, sa peau et sa carapace montées sur une structure en fibre de carbone est terminé. Il est présenté aux visiteurs lors d’une exposition du 19 septembre 2014 au 4 janvier 2015 dans le musée américain. En janvier 2015, il part pour l’Équateur pour y être à nouveau exposé.

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Ce que l’histoire retient de la tortue géante des Galápagos Georges

Il était le dernier représentant de la sous-espèce, Chelonoidis abingdonii.

Média

L’histoire de Georges le solitaire est utilisé dans deux livres pour sensibiliser à la conservation des espèces. Lonesome George the Giant Tortoise en 2003 et Lonesome George: The Life and Loves of the World’s Most Famous Tortoise en 2007.

Sources

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