La vie d’un raton laveur dans les villes

raton laveur

Raton laveur. Quartl [CC BY-SA 3.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)]

Carte d’identité :

  • Nom commun : Raton laveur
  • Nom nominal : Procyon lotor
  • Classe : Mammalia (allaitement des jeunes)
  • Ordre : Carnivora (présence de dent spécialisé pour déchirer la chair)
  • Famille : Procyonidae (la bulle tympanique est formée d’une chambre unique)
  • Nombre de sous-espèces reconnues : 15
  • Espérance de vie : 5 ans
  • Répartition : Amérique du Nord, Amérique Centrale, îles des Caraïbes
  • État de conservation : Préoccupation mineure

La vie normale d’un raton laveur mâle dans une ville au XXe siècle.

Découvrez la vie d’un raton laveur qui s’est totalement adapté à son nouvel environnement, celui d’une jungle urbaine. Quelles sont les différences qui existent avec ceux restés dans la nature, et que peuvent-ils bien y gagner à venir dans les villes ?

Présentation

raton laveur - arbre

Ratons laveurs dans un arbre. Wikipédia.

Le raton laveur est originaire d’Amérique. Il a été introduit en Europe dans les années 1930 alors exploité pour sa fourrure. C’est en Allemagne que les populations sont les plus importantes, pays où se trouvait des fermes d’élevage. En France, ce sont des soldats américains qui les laissèrent sur place lorsqu’ils quittèrent la base aéronautique de Laon-Couvron.

Dans la nature, un raton-laveur se nourrit de tout, il est omnivore. Il mange de petits animaux aquatiques comme les palourdes, les poissons, les grenouilles ou des tortues. Ainsi que des petits mammifères comme des campagnols, et des mulots, voir des poules. Durant l’été et l’autonome, il préfère les fruits, les noix, et s’attaque aux maïs, ce qui fait qu’il est détesté des agriculteurs. Le raton laveur peut alors causer d’énorme dégâts à la faune et à la flore où il est introduit.

Dans son milieu naturel, le raton laveur possède de nombreux prédateurs, tel que le lynx, le coyote, ou encore le grand duc d’Amérique. Mais le principal dans ses contrées d’origines est l’homme, il était chassé pour sa fourrure et sa viande par le passé, activité qui décline à l’heure actuelle. Ses populations explosent en Amérique.

Naissance dans le monde des hommes

Après une gestation de 63 jours, le jeune raton laveur ainsi que ses frères et sœurs naissent dans un arbre au milieu d’un parc urbain. Les petits ratons laveurs pèsent entre 60 et 75 kilogrammes, et ne possède pas de poils sur le ventre. Mais surtout, le jeune raton laveur et sa fratrie sont totalement aveugles et sourds, ils doivent attendre leurs troisièmes semaines pour pouvoir voir et entendre le monde qui les entoure. Sa mère l’allaite plusieurs fois par jours, et disparaît pendant la nuit pour pouvoir se nourrir. Pendant ces moments, il peut crier autant qu’il le veut, personne ne répondra à son appel.

Les premières dents apparaissent bien avant son sevrage qui se fait vers son quatrième mois. Mais cela fait déjà longtemps qu’ils explorent et qu’ils sortent la nuit. Le jeune raton laveur a commencé à sortir avec sa mère à partir de sa sixième semaine. Elle leur montre tout ce qu’ils doivent savoir pour pouvoir survivre dans ce milieu urbain.

Devenir un raton laveur urbain

raton laveur - toit - maison

Raton laveur sur le toit d’une maison. Carsten Volkwein [CC BY-SA 2.5 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.5)]

Le jeune raton laveur et sa fratrie ne sortent que la nuit, apprenant à rester dans la pénombre pour survivre. Dans ce milieu, ils n’ont qu’un ennemi, un monstre de métal avec deux grands yeux lumineux. En effet, il doit faire attention aux voitures, à défaut des prédateurs naturels absents dans les villes. Un raton laveur se doit d’éviter les grands axes de circulations, délimitant un territoire de deux à trois rues.

Le jeune raton laveur apprend alors comment à rentrer dans un garage aux portes mal fermées. Il doit se faufiler par l’espace, même si au début, il hésite. Sa mère lui montre comment faire, ressortant pour voir ou il en est, ses autres frères et sœurs se trouvent déjà à l’intérieur. Lui, il reste coincé, la tête en bas, les pattes arrières à 180° le tenant face au vide. Mais le raton laveur finit par tomber au sol, avant de se relever, un peu titubant. C’est sa mère qui vient le chercher, le prenant dans sa gueule et le remontant avec elle. Sa tête passe en premier, et sa mère force pour que le reste du corps suive. Il a beaucoup de chose à apprendre et il doit le faire rapidement.

Durant la journée, les petits ratons laveurs jouent, apprenant ce que permet leurs corps, ainsi que les règles qui régissent leurs nouvels environnements. Descendre la tête en bas devient un exercice de tous les jours.

Rien à envier au primate

raton laveur - mangeoire - voler

Raton laveur volant dans une mangeoire. Christopher Michaud [CC BY-SA 3.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)]

Les ratons laveurs sont omnivores, ils mangent de tous. Et pour cela, il peut compter sur deux organes très performants. Le premier est son odorat, et lui permet de trouver la nourriture qu’il a besoin. La seconde, ce sont ses pattes, qui sont très sensibles, qui lui permettent de repérer sa nourriture dans le noir. Ce sont les poils qui se trouvent aux extrémités, près de ses griffes qu’il ne peut pas rentrer qui lui permet de détecter la nourriture. Ses coussins, qui deviennent mou quand ils sont mouillé ainsi que plus sensible, lui permette de saisir sa nourriture avec précision. Ainsi cela lui permet de repérer un danger, pendant que ses deux pattes avant cherchent de la nourriture.

Durant l’hiver, les ratons laveurs reviennent toujours au même endroit. Mais venu les beaux jours, les lieux de repos sont variables, plus d’une dizaine possible. Il laisse alors de petits souvenirs de son passage au propriétaire. Lorsqu’il a trop chaud, le raton laveur peut compter sur deux systèmes distincts pour se refroidir. La première, à la manière d’un chien, en ouvrant la bouche, la seconde, en suant, tout comme nous.

À l’automne, il a constitué suffisamment de graisse pour passer son premier hiver. C’est aussi à partir de ce moment qu’il quitte sa mère pour faire sa propre vie. Le jeune raton laveur se trouve alors un arbre creux, une cheminée abandonnée, ou bien un égout. Il n’hiverne pas, mais le sommeil est lourd. S’il croise un autre mâle, le raton laveur se défendra. Il recommencera le cycle tout au long de sa vie, son poids pouvant doubler entre l’automne et l’hiver.

L’intelligence comme arme

raton laveur - nourriture - moufette

Raton laveur qui partage de la nourriture de chat avec une moufette. User:Piepie Modified by:GeeAlice [CC BY-SA 3.0 (http://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0/)]

Quand les températures le permettent, le jeune raton laveur reprend ses activités. Sa recherche de nourriture nocturne dans les jardins londoniens. Il fait alors les poubelles, il les fait facilement tomber avec son centre de gravité bas. Mais les habitants savent que des ratons laveurs viennent et mettent en place des stratégies pour l’empêcher d’ouvrir son buffet. Le raton laveur est intelligent, une corde élastique ou un caillou n’est qu’un défi de plus pour accéder à sa nourriture.

Il a aussi compris que si la lumière est éteinte dans une maison, alors ces quartiers libres pour lui. Une porte n’est pas un problème pour lui, et si besoin le raton laveur peut monter sur le toit pour avoir accès à une fenêtre. Pour cela, il utilise les tuyaux d’évacuation des eaux de pluies et les câbles métalliques pour monter.

Une fois à l’intérieur, le jeune raton laveur s’attaque à toute la nourriture disponible. Des croquettes de chat, il se sert, et même si le propriétaire félin se trouve sur place. Une boîte plastique pourtant fermée, il l’ouvre et prend sans demander son reste. Une fois toute nourriture disponible mangé, il part pour la prochaine maison pour recommencer ses méfaits jusqu’à ce qu’il soit rassasié.

Le jeune raton-laveur n’aura location de manger du poisson qui s’il le trouve dans une poubelle. Un reste de conserve mal nettoyé ou partiellement mangé. Dans la nature, lorsqu’il attrape un poisson, il donne l’impression de laver sa nourriture. Mais cela lui permet d’enlever les parties qu’il ne désire pas, ainsi que d’amplifier le toucher de ses pattes.

En route pour la génération future

raton laveur - arbre - bébé

Quatre jeunes dans un tronc d’arbre. Christoph Hester [CC BY-SA 3.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)]

Le raton laveur mâle a maintenant deux, et c’est le temps pour lui de se reproduire. Contrairement aux femelles qui obtiennent la maturité sexuelle à un an. Mais ce n’est pas la seule différence, il aura plusieurs partenaires, contrairement aux femelles qu’il croisera. Les accouplements se font sur une période de deux mois, de janvier à février. Le raton laveur parcours son territoire en recherche de femelle en chaleur et lorsqu’il en trouve une, il faut commencer par les préliminaires. Tout cela peut durer une heure, en comptant la copulation, et cela sera répété sur plusieurs nuits. Le temps est limité, les femelles ne sont en chaleur que pendant 3 à 6 jours. Une fois son affaire terminée, le raton laveur laisse l’éducation de ses descendants aux femelles.

Contrairement à ses cousins hors des villes, il est plus gros mais aussi plus paresseux. Le raton laveur adore faire une sieste en se dorant au soleil. Il faut dire que trouver de la nourriture n’est pas compliqué, un buffet à volonté l’attend chaque soir. Mais le raton laveur se trouve aussi bien plus intelligent, il doit sans cesse innover. Les méthodes pour l’empêcher de se nourrir évolue, et il doit trouver un nouveau moyen pour le contourner. Une fois qu’il a trouvé, le raton laveur s’en souviendra au moins pendant trois ans, durant cette période, une poubelle ne pourra lui résister.

Finalement, il s’éteint à l’âge de 5 ans, un âge respectable dans la nature, même urbaine. Le raton laveur fera peut-être partie des ascendants d’une nouvelle sous-espèce de raton-laveur. Dont le nouvel écosystème sera un monde fait de bitume, comme tant d’autres espèces animales.

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Anecdotes

  • Abrite un ver parasite qui se trouve dans leurs selles. Avec le temps, les œufs peuvent sécher et lors d’un passage de balais, être mis en suspension dans l’air. Peut provoquer des dégâts neurologiques, voir la mort pour la personne contaminée.
  • C’est un charognard occasionnel.
  • Considérait comme une espèce invasive en Europe.
  • Le Canada possède la population urbaine la plus importante dans la ville de Montréal. Il y aurait entre 35 et 40 ratons laveurs par kilomètre carré, au lieu des 4 ou 5 en milieu naturel.

Sources (mis à jour le 04/03/2019)

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