Vaillant, le pigeon héros de guerre malgré lui

valliant - pigeon - guerre

Vaillant, pigeon héro de guerre malgré lui

Carte d’identité :

  • Nom : Le Vaillant
  • Autre nom : Vaillant, matricule 787-15
  • Né en 1915 en France
  • Décédé soit en juin 1916, soit en janvier 1939 au quartier Marescot, compagnie militaire de colombophilie, section du 8ème Régiment de transmissions des armées, Versailles.
  • Age : 1 an ou 24 ans
  • Espèce : Pigeon biset (Columba livia)
  • Sexe : ??

L’histoire vraie du pigeon Vaillant

Quel moment de la vie du pigeon Le Vaillant a fait qu’il soit reconnu comme un héros, mais surtout qu’est-ce que l’Histoire a gardé de la vérité ?

Contexte

Les allemands continuent leur avancée après les combats autour du fort de Douaumont, facilement pris en février 1916. La nécessité et l’utilisation des pigeons voyageurs s’explique par plusieurs paramètres. Tout d’abord, les lignes téléphoniques sont coupées depuis fin mai, et le télégraphe demandé n’était pas encore arrivé. Ensuite, les coureurs humains avaient de plus en plus de difficultés à passer les lignes de combats.

Un début de vie énigmatique

vaillant - pigeon - colombier

Pigeons dans colombier

Les pigeons voyageurs, durant la première guerre mondiale, naissent dans des unités mobiles ne se trouvant non loin des lignes de fronts ou bien dans des pigeonniers civiles ou militaires. Leurs missions, assurés la transmission d’information jusqu’à l’état-major.

Le lieu de naissance de ce pigeon n’est pas connu, mais il est élevé dans le pigeonnier de la citadelle de Verdun. Il porte une bague avec son numéro d’immatriculation, 787-15. Il n’a alors jamais eu location de connaître la vie sauvage, son destin déjà tracé par les hommes.

Le pigeon Le Vaillant commence son entraînement ou sa mission dans les environs de ses trois mois, quand la deuxième plume de mue pousse. Le sens de l’orientation étant naturelle chez lui, se repérant par le soleil associé à “son sixième sens” qui lui permet de repérer le champ magnétique. Un entraînement régulier lui permet de connaître les alentours de la citadelle. Il est à noter qu’un pigeon peut prendre un autre repère s’il passe trop de temps en attente.

Une bataille, quatre pigeons

pigeon - Fort de Vaux

Fort de Vaux

Le 1 juin 1915, Le Vaillant et trois autres pigeons voyageurs se trouvent près du bureau du commandant dans le Fort de Vaux. Ils sont arrivés pratiquement en même temps que le commandant Raynal, soit entre le 24 et 31 mai 1915. Il peut alors entendre les explosions des abus de l’artillerie allemande qui s’écrasent contre le fort partiellement enterré.

Au fur et à mesure que la bataille avance, une odeur de brûlée se fait sentir dans l’air, tandis que la température augmente progressivement dans tout le bâtiment. L’air ne se renouvelle plus, les ventilateurs sont tombés en panne. Les gaz des grenades asphyxiantes ainsi que les fumées des bombardement et des lances-flammes s’accumulent dans les couloirs. Sa respiration se fait alors plus difficile et Le Vaillant doit alors ouvrir la bouche pour augmenter son oxygénation.

À partir du 2 juin 1915, le pigeon Le Vaillant voit ses compagnons sortir de leurs cages les uns après les autres. Le premier pigeon voyageur à 3 h 25, alors que les bombardements ont diminué mais que la brume les entoure. Le second dans la même journée, à 14 h 30, les combats ont alors commencé dans le fort. Enfin le dernier confrère pigeon est envoyé le 3 juin à 2 h 00, la brume et la pluie tombe alors sur le fort, tandis qu’un bombardement se fait entendre au loin. C’est deux là ont un an de plus que Vaillant et possède une expérience plus solide.

Le pigeon du dernier espoir

Le 4 juin 1915 à 11 h 30, Le Vaillant est le dernier des quatre pigeons, alors que des secousses des bombardements se font ressentir. Le soldat colombophile saisi sa cage pour le sortir et lui remettre le précieux message. Le Vaillant le porte au tour du cou, avant d’être jeter dans la fumée qui encercle le fort. Il ne peut pas se repérer, le soleil lui étant caché, Le Vaillant ne peut pas déterminer le chemin du retour. Le pigeon désorienté revient à la meurtrière du bureau du commandant. Le colombophile le saisit à nouveau et le relance, le timing s’y prêtant, il peut distinguer le ciel et part alors en direction de la citadelle de Verdun. À ce moment-là le pigeon le Vaillant subit encore les effets des gaz toxiques qu’il respirait dans les couloirs du fort.

Le dernier relais de communication volant des soldats du fort est alors lancé. Son désir de retrouver sa moitié(e) et la faim le force à retourner à la citadelle qu’il considère comme son foyer. En effet, Le Vaillant est fidèle en amour, mais qui va-t-il retrouvé exactement, un mâle ou une femelle. L’Histoire n’a pas gardé cet élément, mais Le Vaillant se trouverait être une femelle.

L’autre élément qui le ramène chez lui est qu’il n’a probablement pas été nourris depuis un moment. Justement pour maintenir cette flamme de rentrer chez lui. Une distance de 8 kilomètres à vole d’oiseau le sépare de chez lui. Un trajet qu’il peut théoriquement faire en 15 minutes avec une vitesse de 35 km/h dans des conditions optimales.

Alors pourquoi Le Vaillant un temps bien plus long pour rentrer à la citadelle de Verdun ?

Un voyage compliqué

vaillant - pigeon - média

Vaillant et la reconnaissance médiatique

Mais la guerre des hommes change les conditions de vols. Le dernier pigeon du fort doit alors traverser un épais nuage de fumée et de poussière, son seul point de repère, le soleil est alors parfois invisible pour le guider. Le Vaillant doit aussi faire face au bombardement du plateau au sud de Vaux, qui sont encore plus fort au début de l’après midi. Ses sens sont alors perturbés, sa vue par les nuages artificiels, son ouïe par les explosions constantes, ne lui permettant pas d’utiliser son compact solaire. Le vaillant pigeon accélère et ralenti en permanence, le fatiguant davantage durant son périple.

Son trajet n’est pas connu, mais deux chemins s’offraient à lui. Ainsi il a pu arrêter à plusieurs reprises sur la route la plus courte. Où bien, il a pris un chemin pour contourner les bombardements, se perdant en absence de repère. Dans les conditions normales, Le Vaillant aurait utilisé le paysage pour son trajet de retour, mais les bombardements ont profondément changé les lieux. À cela s’ajoute son manque d’expérience, son entraînement n’avait peut-être pas été terminé.

Les remerciements de la nation française

pigeon - guerre - vaillant

Plaque commémorative pour les pigeons morts au combat

Après un long trajet de 16 h 55 pour rejoindre son pigeonnier à la citadelle de Verdun. Il arrive le 5 juin dans la nuit à 4 h 25. Arrivé au pigeonnier de la citadelle de Verdun, un soldat le prend en charge. Vaillant apparaît fortement intoxiqué et épuisé de son long périple de 11 h 30.

Le pigeon voyageur est soigné à coup de purgatifs et de diurétique pour lui faire éliminer progressivement les toxines. Il doit se remettre de tous les produits qu’il a respirés durant son attente dans le fort et son trajet jusqu’au pigeonnier.

La date de son décès est obscure. Deux dates sont possibles, soit en juin 1916 en arrivant à son colombier. Soit en janvier 1939, à l’âge avancé de 24 ans, au quartier Marescot, à Versailles. Cette date n’est pas certaine, n’ont pas qu’elle soit exagérée pour un pigeon resté en captivité, mais que cela coïncide avec le décès du commandant Raynal.

Dans tout les cas, il finit empaillé et exposé au musée colombophile du Mont Valérien. Le pigeon Le Vaillant obtient le diplôme de la bague d’honneur et une citation à l’ordre de la Nation. Il reçoit aussi la Croix de Guerre 14-18. Une plaque commémorative se trouve au Fort avec la citation suivante :

« Malgré les difficultés énormes résultant d’une intense fumée et d’une émission abondante de gaz, a accompli la mission dont l’avait chargé le commandant Raynal. Unique moyen de communication de l’héroïque défenseur du Fort de Vaux, a transmis les derniers renseignements qui aient été reçus de cet officier fortement intoxiqué, est arrivé mourant au colombier ».

Il est à noter que la délivrance du message de Vaillant n’a eu aucun impact sur le déroulement de la bataille. En effet, les allemands prennent le fort de Vaux le 7 juin par les allemands. Même si le trajet de ce pigeon est impressionnant, tout comme l’a été ceux des trois autres.

Média

vaillant - affiche - cinéma

Affiche du film Vaillant.

Le Vaillant apparaît dans un film d’animation de 2005, Vaillant, pigeon de combat. Des libertés sont prises puisque l’histoire se situe maintenant pendant la seconde guerre mondiale. Il apparaît aussi dans un album Le Pigeon Vaillant – Héros de Verdun de Derex Jean-Michel en 2016.

Tout comme Vaillant, la girafe Zarafa a vu adapté dans un film d’animation. Ainsi que le chien Hachiko qui a eu droit à une adaptation de sa vie sur le grand écran.

Sources (mis à jour le 04/03/2019)

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