Le pigeon Cher Ami, héros entre vérité et légende

Cher Ami - pigeon

Cher Ami, pigeon héros entre vérité et légende.

Le pigeon Cher Ami se trouvait dans les rangs de ce qui sera connu plus tard comme the lost bataillon (le bataillon perdu). Officiellement, il se nommait le 308e appartenant à la 77e division d’infanterie américaine. Lors de l’offensive Meuse-Argonne, qui sera déterminante pour la fin de la guerre, que la 77e lance l’assaut. Elle était soutenue sur ses flancs par des unités françaises et américaines. Malheureuse, ces dernières se font stopper par l’armée allemande, contrairement à la 77e qui ne connait pas leur situation. C’est la 308e qui progressa le plus, jusqu’à se retrouvait seule face à l’ennemi. Cette bataille fut décisive, faisant reculer les Allemands et provoquant leur défaite. Ce qui entraina ainsi la signature de l’armistice le 11 novembre 1918.

Un pigeon de guerre parmi d’autre

Cher Ami naît quelque part en Angleterre en mai 1910, avant d’arriver entre les mains des colombophiles américains. La pigeonne, contrairement ce que peut laisser penser son prénom, commence son entraînement vers son troisième mois lorsque sa seconde plume de mue pousse.

En 1914, la première guerre mondiale éclate et les pigeons sont utilisés essentiellement dans les communications. Les États-Unis entre en guerre en 1917 aux côtés de la France. Cher Ami est alors sur le terrain, travaillant pour l’United States Army Signal Corps. La pigeonne doit d’abord prendre ses marques sur le territoire français, savoir où se trouve sa nouvelle maison pour revenir du terrain.

Cher Ami, un pigeon déjà confirmé

Avant le jour qui la fera connaître, le pigeon Cher Ami réalise douze transmissions d’informations considérées comme critiques. Elle fait le trajet jusqu’à Verdun, lieu où se trouve son pigeonnier. La pigeonne fait partie d’un groupe de 600 pigeons destinés à cette tâche de transmissions d’information dont 477, rien que dans la région de Verdun. Ils sont utilisés lorsqu’aucun autre moyen de communication n’est possible.

Pour Cher Ami, cela se passe toujours de la même manière, un soldat la ramène près du commandant. La pigeonne est sortie de sa cage, maintenue de manière à pouvoir mettre le message dans une capsule fixée à l’une de ses pattes. Puis lancée pour lui permettre de prendre son envol en direction de son point de rassemblement, de son pigeonnier à Verdun.

Le bataillon perdu et son dernier espoir, le pigeon Cher Ami

pigeon - Cher Ami - empaillé - médaille

Le pigeon Cher Ami empaillé et sa médaille.

Le 3 octobre 1918, la 77e division d’infanterie américaine se retrouve bloquée sur une colline, entourée d’ennemi. Le commandant de la 308e, le major Whittlesey n’ayant pas d’autre moyen de communication et les hommes ne revenant pas, il doit utiliser les pigeons.

Ils sont au nombre de trois en ce jour fatidique où les balles arrivent en permanence, où les hommes crient de douleurs. Deux pigeons sont envoyés pendant cette seule journée, ne restant que la pigeonne Cher Ami. Malheureusement, ils ne pourront pas passer, les tires des Allemands les abattent pour empêcher les messages de passer.

Un envol sous les balles

Le 4 octobre 1918, les 200 soldats restant sur les 500 de la veille ainsi que le dernier pigeon subissent un bombardement. Mais ce sont les Américains qui les attaquent, ces derniers ne connaissant pas la position exacte du bataillon perdu. Dans l’après-midi, le commandant appelle le soldat chargé des pigeons. Il sort Cher Ami de sa cage, un message mis à sa patte gauche :

« Nous sommes le long de la route parallèle au 276.4. Notre propre artillerie fait un tir de barrage sur nous. Pour l’amour du ciel, arrêtez! ».

Le soldat l’envoie dans les airs et Cher Ami déploie ses ailes pour prendre son envol. Elle est le dernier espoir de la 77e division d’infanterie américaine, elle doit passer les Allemands. Mais les balles ne l’évitent pas, comme ses deux compagnons d’infortunes avant elle. Cher Ami se dirige vers le sol, avant de finalement se reprendre, de remonter suffisamment haut pour être en sécurité. Elle parcourt alors 40 kilomètres en 25 minutes, filant ainsi à 90 km/h. Durant son trajet, Cher Ami a peut-être évité les assauts d’un ennemi naturel, des faucons ennemis qui doivent empêcher les messages d’arriver à bon port.

Son message délivré, une victoire obtenue

Quand Cher Ami arrive à son pigeonnier, une clochette résonne pour signaler sa présence. Mais quand le soldat ouvre sa cage, il découvre Cher Ami sur le dos, le plumage plein de sang et un œil manquant. Un trou de 23 centimètres dans le sternum, sa patte gauche ne tenant au reste de son corps que par un tendon. La capsule du message encore attachée à sa patte pendante.

Qu’elle a été la raison qui a mené Cher Ami jusqu’à chez elle, la volonté de remplir sa mission ? Celle de retrouver son compagnon, ou bien la faim ? Une volonté inébranlable de vivre ?

pigeon - Cher Ami - empaillé - présentation

Le pigeon Cher Ami tel qu’il est présenté dans le Musée national d’histoire américaine.

La mission remplie, la 77e division d’infanterie américaine put s’en sortir, les 197 derniers hommes encore en vie. Ainsi, Cher Ami obtient les meilleurs soins, elle survit, mais sa patte gauche n’a pas pu être sauvée. La pigeonne devient un héros et les soldats lui offrent une prothèse en bois pour remplacer son membre manquant. Elle finit par partir aux États-Unis quand elle reprit suffisamment de force, un général de l’armée américaine insistant même à son départ.

Le pigeon Cher Ami, entre vérité et légende

À son arrivée, le pigeon Cher Ami est recouvert de feuille de chêne portant sa Croix de guerr. Une décoration offerte par les Français. Elle peut profiter d’une retraite bien méritée au Fort Monmouth, mais qui est bien courte.

Le pigeon Cher Ami décède l’année suivante de ses blessures le 13 juin 1919, à neuf ans, au Fort Monmouth. Son corps se voit naturalisé, c’est à ce moment-là que son sexe est déterminé. Cher Ami se trouve maintenant au Musée national d’histoire américaine de l’Institution Smithsonian situé à Washington DC.

Malheureusement, il se pourrait que pour l’Histoire, la vraie vie de Cher Ami fut changée. En effet, il se pourrait que cela soit deux missions, le début de l’une et la fin d’une autre. Celle connue comme le bataillon perdu et une autre aux alentours du 25 octobre 1918 dans la Meuse. À la manière de Le Vaillant, un autre pigeon héros de guerre, ses faits d’armes fut grandis. Même si sa contribution à la guerre ne peut pas lui être retirée.

Beaucoup d’animaux ont été utilisés pendant les guerres, c’est le cas du berger allemand, une vie qu’aurait pu avoir Rintintin. Dans un autre registre, découvrez le raton-laveur Oreo qui a permis la création d’un personnage au cinéma. Ou de la tortue géante Harriet qui aurait croisé la route d’un personnage historique important. N’oubliez pas de laisser un commentaire. Que ce soit pour faire connaître votre avis où améliorer les biographies et les articles présents sur Histoire de Compagnie. En vous remerciant de votre lecture et d’avoir découvert cette histoire.

Média

La pigeonne Cher Ami apparait dans de nombreux médias. Elle est naturellement présente dans le film qui retrace l’épopée du bataillon perdu, sorti en 2001. Un poème a aussi été rédigé en son honneur et de nombreux livres retracent sa vie. Tel que Fly, Cher Ami, Fly!: The Pigeon Who Saved the Lost Battalion publié en 2008. Cher Ami apparait même dans un jeu vidéo, Battlefield premier du nom, avec une entrée codex racontant son histoire.

Sources

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