Le perroquet Alex, celui qui se questionnait

perroquet - Alex

Alex, le perroquet qui se posait des questions. Image provenant du site Alexfoundation

Dans une époque où on croit que l’expression de « cervelle d’oiseau » est valable. Tandis que l’intelligence des chimpanzés et des dauphins commence à être reconnu par la communauté scientifique.

Bien plus qu’un animal de compagnie

Alex se libère de son œuf durant le mois de mai 1976 au Royaume avant de traverser l’océan Atlantique et d’arriver aux États-Unis. Il arrive dans une animalerie, y restant pendant une période indéterminée. Il ne peut pas voler, c’est un oiseau cloué au sol. Alex finit par rencontrer Irène Pepperberg au mois de juin 1977. Sa vie est alors bien différente de tous ses compagnons de cage, celle d’animal de compagnie.

Le perroquet Alex, alors âgé entre douze et treize mois, commence son apprentissage dans les locaux de l’université de l’Arizona. Au début, le jeune perroquet apprend en regardant le professeur et un étudiant échangés. L’un joues le rôle du professeur, posant des questions aux quelles doit répondre celui qui doit servir de modèle pour Alex, mais aussi de rival. Au cours de l’exercice, les rôles s’inversent, le professeur devient le modèle. Si une bonne réponse est donné, ce sont des éloges que reçoit le modèle, alors qu’en cas d’erreur, il se fait gronder.

Ainsi le temps passe, Alex enregistre les mots prononcés et se permet même de corriger la réponse de celui qui est son rival. Le perroquet apprend alors à identifier des objets en observant ce qu’ils font. Et intègre alors le concept de la scientifique, la communication bidirectionnelle, avec une synthase simplifiée.

Les apprentissages du perroquet Alex

Perroquet - Alex - exercice

Alex pendant un exercice avec le professeur Peperberg.

Le perroquet montre un intérêt pour les formes et les couleurs, éléments choisis pour son apprentissage. Les premiers chiffres qu’il intègre sont le trois et le quatre grâces à des formes géométriques. Ainsi le triangle est appelé « trois coins » par Alex tandis que le carré, « quatre coins ». Il peut alors associer, non seulement le nombre de carrés d’une certaine couleur, mais aussi le chiffre trois. De même pour le chiffre quatre, que ce soit en quantité que le numéro sous sa forme de chiffre arabe.

Alex mit six mois pour assimiler le chiffre cinq. Ainsi lors d’un exercice de routine, où il lui est demandé la couleur du chiffre trois, le perroquet se met à répondre « five » (cinq). Il donne inlassablement la même réponse à cette même question. Au bout d’un moment, la chercheuse change de tactique, demandant la couleur du chiffre cinq, absent sur le plateau qui lui est présenté. Alex lui répond alors « none » (aucun), une notion qu’il vient d’apprendre et ainsi d’intégrer, de même pour le chiffre cinq.

Passer outre ses problèmes de locution

Tout au long de sa vie, le perroquet Alex apprend à reconnaître une cinquantaine d’objets. Mais sa morphologie, la présence d’un bec à la place de lèvre rend difficile la prononciation de certain son, notamment le « b » et le « p ». Ainsi, Alex n’apprécie guère un fruit, la pomme, soit « apple » en anglais. Mais un jour, pour contourner ce problème, le perroquet le nomme « bannery ». La scientifique le corrige en dissociant les sons dans le mot. À cela Alex répond à nouveau son mot, différenciant bien tous les sons. Il a associé deux mots, la banane (banana) et la cerise (cherry) dont l’un peut rappeler la couleur intérieure et le second celle extérieure ainsi que la forme ronde. Puis il croque dans le fruit qu’il refusait de prendre jusqu’à ce moment.

Une autre fois, c’est le mot « spool » (bobine) qui lui est demandé. Ne pouvant passer la difficulté de prononcer le « p », le perroquet Alex l’ignore. Il fait alors un son « ch », lançant ensuite un blanc avant de reprendre « ool ». Alex semble alors comprendre qu’il ne peut pas reproduire un son par le blanc qu’il laisse, mais avec le temps, le perroquet arrive à surmonter sa difficulté.

Au fil du temps, de nouveaux perroquets se rajoutent à l’expérience. C’est ainsi le cas de Griffin en 1995 et de Kyaaro qui possède un trouble déficitaire de l’attention. Alex n’aime aucun de ses compagnons d’expériences. Lors d’un exercice avec Griffin, il lui est demandé la lettre de couleur violette. De l’autre côté de la pièce, le perroquet Alex fait un son « Sss », lui donnant ainsi la réponse. Malgré cette aide de la part de son ainé, Griffin répond « wood » (laine), un mot qu’il vient tout juste d’apprendre.

Perroquet - Alex

Alvex avec deux autres perroquets sur le professeur Peperberg.

Exprimer sa volonté

Après avoir appris les couleurs, les matières, les formes, Alex s’attaque à des concepts plus complexes. Le perroquet comprend déjà celui de zéro et de rien, il apprend ainsi à exprimer les tailles des objets les un par rapport aux autres. Alex donne avec des réponses simples « bigger » (plus grand), « same » (pareil) et « smaller » (plus petit).

Il apprend ainsi à exprimer ses envies et peut se montrer très borné dans certain cas. Ainsi, un jour, le professeur Pepperberg s’absente pendant trois semaines du MIT, deuxième de résidence du perroquet. À chaque fois qu’elle doit partir longtemps, Alex mâchonne les plumes de sa queue et de ses ailes, lui donnant un aspect usé. Il se montre aussi très direct, lui lançant un « viens ici » en lui tournant le dos.

Lors de l’exercice qui a suivi, le perroquet Alex doit identifier un objet orange à trois angles. Il prend alors un objet sur le plateau qui lui est présenté, l’examinant avec son bec. Mais plutôt que lui donner une réponse, il lui demande une noix, « want a nut », d’autres fois, il peut même lui lancer l’objet. Après avoir obtenu sa nourriture, il lui dit « Wanna go back », il veut alors retourner dans sa cage. Mais elle insiste et Alex lui demande pardon avant d’enfin lui donner une réponse (pas forcément la bonne).

Le bilan de la vie du perroquet Alex

À la fin de sa vie, le perroquet Alex peut additionner des objets de la même couleur sans qu’ils aient la même forme. Tout comme il peut le faire avec différents objets posés sur le plateau. Alex arrive même à le faire avec des sons, les additionnant au fur et à mesure qui les entend. Le perroquet peut énoncer les chiffres dans l’ordre croissant alors même qu’il les a appris dans le désordre. Tout comme il arrive à additionner des chiffres dans la limite de six. Même s’il a appris le chiffre huit depuis récemment.

La scientifique considère que le perroquet Alex possède l’intelligence d’un enfant de cinq ans et la communication de celui de deux. Il aime jouer avec les cartons, les déchirant avec son bec, ainsi que les porte-clés et les bouchons en liège. Il a parfois pris le rôle de professeur dans l’apprentissage des autres perroquets. Son taux de bonne réponse est de 80 % mais les erreurs qu’il a faites dans sa vie peuvent être la volonté d’Alex.

Lors de certain moment d’ennui, il pouvait donner des suites de mauvaises réponses, mais pour cela, il fallait connaître les bonnes. Il peut reconnaître cinq formes, sept couleurs et cinq matières et possède un vocabulaire de 150 mots compris. De même, il peut se mettre à se poser des questions à Pepperberg, sur un objet présent sur son plateau, mais aussi sur lui-même. À l’inverse, il peut donner la couleur du maïs alors qu’il n’a pas devant lui.

Une mort soudaine

Un jour, le perroquet Alex se regarde dans la classe, se voyant lui-même dans le reflet, il pose alors une question. Ce qu’il demande est la couleur de son propre plumage. Alex apprend alors la couleur grise à ce moment, après avoir posé une question sur lui-même. Il arrive aussi que le perroquet demande à Pepperberg se calmer, lui répondant comme à une personne. Ils donnent alors d’agir comme un vieux couple, Alex lui lançant des « i love you » pour calmer la situation.

La vieille de son décès, le dernier message d’Alex est pour Pepperberg, lui disant « You be good. I love you. You’ll be in tomorrow » (Sois sage, je t’aime, tu seras là demain). Le perroquet Alex est retrouvé mort le 6 septembre 2007 à l’âge de 31 ans. L’autopsie révèle la présence artériosclérose, un durcissement des artères. Cela peut avoir provoqué une crise cardiaque ou un AVC, le tuant sur le coup. Les tests sanguins faits plus tôt dans la semaine, montrait un taux de cholestérol satisfaisant.

En vous remerciant d’avoir lu cette biographie sur Histoire de Compagnie. Une erreur, une précision, n’hésitez l’espace commentaire est ouvert à tous. Découvrez d’autres histoires d’animaux qui ne sont pas pus profiter de toute leurs espérances de vie. C’est ainsi le cas pour un éléphant d’Asie qui n’a même pas eu le temps d’atteindre l’âge adulte, Jumbo. Ou encore, Huberta, un hippopotame qui se lança dans un périple stoppé contre sa volonté. Sans oublier, la célèbre Laïka parti dans l’espace pour y mourir.

Ce que l’histoire retient du perroquet Alex

Il est le seul animal à s’être posé une question, et l’un des deux seuls à savoir compter.

Média

Le célèbre perroquet voit son histoire racontée dans deux livres, un par celle qui a partagé sa vie, « Alex & Me: How a Scientist and a Parrot Discovered a Hidden World of Animal Intelligence-and Formed a Deep Bond in the Process » paru en 2009. Le second est paru en 2012 avec de nombreux dessins, « Alex the Parrot: No Ordinary Bird: A True Story ». En 2012, un documentaire de 55 minutes sort, « Life with Alex », racontant son quotidien et de ceux qui ont partagé sa vie.

Sources

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!
consectetur elit. Aliquam Phasellus Curabitur pulvinar neque. ante. id
%d blogueurs aiment cette page :