Le panda Chi Chi, un pont entre deux mondes

Panda - Chi Chi

Chi Chi, un panda pendant la guerre froide. Image issue de express.co.uk

Le monde se trouve en pleine guerre froide, où deux blocs s’opposent de façon idéologique. De chaque côté se trouve une superpuissance, les USA et l’URSS. La Chine rentre dans le bloc communiste en 1949, seul pays où se trouve cet ursidé si particulier, un carnivore mangeur de bambou.

Une naissance au milieu des bambous

Un petit être d’à peine cent grammes se retrouve au milieu des bambous après un long effort pour l’accouchement en septembre 1954. À ses côtés se trouve, peut être, un jumeau, s’agitant tous les deux. Sa mère se relève, en faisant attention à ne pas les écraser avec ses grosses pattes. À ce moment-là de sa vie, Chi Chi ne peut ni voit ni entendre sa mère et les cris de son jumeau.

D’un seul coup le contact avec le sol disparaît pour se retrouver dans la fourrure de sa mère. Chichi ne cesse de bouger, de tenter de s’échapper du lit entre les bras de sa mère. Le jeune panda se retrouve alors dans la gueule de sa mère et remise où sa mère l’a décidé. Il faut qu’elle partage sa chaleur avec cette boule d’énergie, Chi Chi ne peut pas le faire elle-même. Elle sent la langue directement sur son petit corps rose et glabre pendant qu’elle se fait nettoyer. Mais Chi Chi est la seule à avoir le droit au lait de sa mère qu’elle prend dans sa bouche édentée. Son jumeau, quant à lui, est abandonné à son triste sort, jugé trop faible par rapport à elle.

La vie du panda Chi Chi dans ses premiers mois

Chi Chi mange goulûment pendant les nombreuses séances d’allaitement qui dure près d’une demi-heure. Durant la journée, le petit panda se retrouve seul, sans défense dans la tanière, pendant trois à quatre heures pendant que sa mère est partie manger pour faire le plein.

panda - Chi Chi - bambou

Chi Chi, encore très jeune, mangeant du bambou. Image issue de time.com

Au bout d’un mois, son pelage noir et blanc apparaît, après une couleur grise laissant apparaître encore sa peau à la vue. De même, elle peut percevoir enfin le monde qui l’entoure, pas forcément avec les deux dès le premier jour. Pour faire ses besoins, le panda Chi Chi a absolument besoin de sa mère. Elle stimule son entre-jambe avec son museau, le petit panda se relâche totalement, liquide jaunâtre et petite boule marron en même temps. Le mois suivant, Chi Chi se met à ramper et sa mère joue avec elle, se roulant et luttant ensemble. À six mois, elle commence à manger du bambou même si Chi Chi bois encore le lait de sa mère qui lui comble l’essentiel de ses besoins.

Mais ce moment de paix se termine à ce moment-là de sa vie, alors qu’elles auraient dû rester ensemble encore pendant plus d’un an. Chi Chi se fait capturer en mai 1955 par un paysan. Sans que les conditions exactes de sa prise ne soit connues, même l’Homme est l’un de ses principaux prédateurs.

Le panda Chi Chi et ses nombreux voyages dans les zoos

Chi Chi arrive au zoo de Beijing en juin 1955. Les soigneurs doivent prendre le relais de sa mère, n’étant pas encore sevré. Cela comprend aussi les stimulations pour lui faire ses besoins. Ce n’est plus le museau d’une tête noire et blanche, mais deux doigts qui tapotent vigoureusement. Finalement, elle ne reste que deux ans, partant en mai 1957 pour l’URSS. Chi Chi se retrouve avec un autre panda du nom de Ping Ping.

Les Russes souhaitent les voir se reproduire, mais il est encore trop pour Chi Chi, qui a à peine trois ans. Surtout que les pandas, tout particulièrement les mâles, ne sont pas très intéressés par ce sujet. À cela s’ajoute une particularité physiologique du côté de la femelle. De toute façon, les gardiens russes pensent avoir deux mâles chez eux. Ainsi, le panda Chi Chi repart sur la terre de ses ancêtres pour la quitter à nouveau quelques mois plus tard, direction le zoo de Berlin-Est en 1958.

Pour la suite, elle doit partir pour les USA, mais un blocus sur les produits chinois bloque la vente au zoo Illinois. Ainsi, le panda Chi Chi arrive au zoo de Francfort puis commence un marathon des zoos européens. Elle passe notamment par Copenhague avant d’atterrir au zoo de Londres le 5 septembre 1958. Dès qu’elle sort de sa cage, c’est une boule d’énergie qui apparaît comme à chaque fois.

Panda - Chi Chi - enclos Londres

Chi Chi dans son enclos londonien. Image issue de mylondon.news

Le panda Chi Chi, enfant chéri de Londres

Le zoo londonien décide de la conserver, mais très vite les réserves de bambous posent problèmes. Elle doit alors manger une bouillie de blé et de sucre. Elle a aussi droit à des fruits qu’elle apprécie beaucoup, mais aussi du chocolat de la part des visiteurs. Ainsi le bambou devient qu’une petite quantité de son alimentation. Dans son enclos, sur un terrain en côte, le panda Chi Chi peut monter diverses plateformes. C’est en grand espace ouvert où elle ne peut se cacher nulle part. Lors des visites, elle se trouve souvent au bord d’un grand mur.

Que fait-elle de tout le temps où elle ne le passe à manger, normalement 14 heures, comme elle devrait le faire dans la nature ?

Le zoo de Londres décide à son tour de tenter de donner une descendance à Chi Chi. Mais le seul autre panda, en dehors de la Chine, se trouve en Russie, alors en pleine guerre froide. Après qu’un complot du KGB échoue, la réunion des deux pandas à enfin lieu à Moscou en novembre 1966. Le jeune élu s’appelle An-An, arrivé à Moscou en 1959 comme cadeau de la Chine, et fan de bain de mousse. Il doit effectuer son travail, la féconder dans une fenêtre qui ne dure que deux à trois jours.

Bien d’autres obstacles à surmonter

Chi Chi ne pose aucun problème pour rentrer dans sa caisse de transport, un peu de nourriture suffit. Elle est ensuite soulevée pour être mis dans une voiture. Mais au moment de la rencontre entre les deux pandas, cela se passe très mal. An-An se jette sur Chi Chi comme une flèche et lui mord le côté droit. Par la suite, la jeune mâle de neuf ans se comporte normalement, mais la femelle ne l’accepte pas. Elle le repousse, allant même jusqu’à le taper. La nuit, Chi Chi fait ses appels, elle se met en position, non pas pour An-An, mais pour son gardien anglais.

Le couple de Panda se rencontre à nouveau en 1968,  mais à Londres ce coup-ci. Jamais rien de naît de leur rencontre annuelle, Chi Chi n’est décidément pas intéressée par un mâle de son espèce. An-An reste finalement plus longtemps que les deux mois prévus. Les visiteurs s’entassent devant l’enclos de l’enfant chéri des londoniens avec son compagnon.

La mort et l’après vie du panda Chi Chi

Le panda Chi Chi s’éteint le 22 juillet 1972 d’une maladie imprévue, sans laisser de descendance. Une autopsie est faite. Sa peau est bourrée pour rester éternellement dans une position où elle mange du bambou. Elle se trouve maintenant au Natural History Museum à Londres. En 2019, son corps a droit à une restauration. Après un contrôle sur l’absence de parasite, elle passe au congélateur pendant 72 heures. C’est ensuite un nettoyage à sec puis une éponge cosmétique qui enlève la poussière de la fourrure.

N’hésitez pas, laissez un commentaire, partagez votre sentiment sur cette histoire d’Histoire de Compagnie. Découvrez d’un autre ursidé, l’ours Wojtek qui a participé à la seconde guerre mondiale. D’autres animaux ont beaucoup voyagé, c’est le cas de l’orque Keiko, parti d’Islande pour survoler à plusieurs reprises les États-Unis. Tout comme le panda Chi Chi, des tentatives de reproduction ont eu lieu pour le gorille Koko ainsi que la girafe Zarafa.

Ce que l’histoire retient du panda Chi Chi

Elle a inspiré le logo de la WWF à Sir Peter Scott. Il cherchait un animal mignon, en danger et populaire.

Média

L’histoire du panda est racontée dans Chi-Chi, the Giant Panda paru en 1966. En 2018, Chichi The Forgetful Pink Panda: Life Lesson to Learn from Animals a destination pour enfant sans s’appuyer sur sa véritable vie.

Sources

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