L’ours Winnipeg, celle qui inspira Winnie l’ourson

ours Winnipeg

L’ours Winnipeg, celle qui inspira Winnie l’ourson. Image provenant de Wikipédia.

De la forêt canadienne aux plaines anglaises

En début de l’année 1914 naît Winnipeg, un ours noir américain. Aucun poil ne recouvre son corps, ses yeux sont d’un bleu fascinant sans qu’ils lui permettent de voir le monde qui l’entoure. Elle mesure à peine vingt centimètres et pèse environ 350 grammes. Sa mère s’assoie pour pouvoir l’allaiter. Chaque jour, elle la nettoie, alors qu’elle prend un peu plus de poids à chaque fois. Quand vient enfin le jour de sortir de la tanière, l’ourson Winnipeg pèse entre deux et cinq kilos.

C’est le printemps dans la forêt près du village étape de White River. Elle découvre la renaissance de la nature après un hiver vigoureux. De longue balade commence pour Winnipeg à travers les arbres. Mais le petit ourson doit prendre garde, les prédateurs la perçoivent comme une proie. Elle se retrouve sans défense lorsque sa mère dort. Les loups rôdent, ainsi que les ours bruns tout comme les ours noirs américains. Mais finalement, ce n’est aucune de ces menaces qui la privent de sa vie dans la nature.

Un jour d’été, alors qu’elle est à peine sevrée, sa mère s’écroule devant elle. Le tonnerre vient de gronder et pourtant aucun nuage menaçant. C’est une balle qui vient de lui prendre son seul repaire. Le trappeur l’attrape et l’emmène avec lui dans la ville de White River, en Ontario. Il s’occupe suffisamment bien d’elle pour que Winnipeg rencontre son futur propriétaire.

Il se peut que d’autres oursons soient présents et qu’ils se soient enfuies et si c’est le cas, la mort de leur mère, signifie probablement leur propre mort.

L’ours Winnipeg et sa nouvelle famille

Le 24 août 1914, Winnipeg se trouve non loin de la gare. Un train s’arrête, plusieurs personnes descendent. Le trappeur s’y trouve, proposant sa prise retenue par une laisse. Dans la ville, il n’est pas rare de rencontrer des personnes avec un ourson comme animal de compagnie. Finalement, un militaire se présente devant eux. En échange de vingt dollars, l’ourson lui appartient et il décide de la prendre dans ses bras. Certainement le premier geste d’affection depuis la mort de sa mère.

Le soldat, le lieutenant Harry Colebourn la nomme comme sa ville d’accueil, Winnipeg dans le Manitoba, Canada. Elle monte dans le train, rejoignant la ville de Valcarteir qui se trouve au Québec. En cours du voyage, elle côtoie les chevaux dont le lieutenant à la charge en tant que vétérinaire. L’ours Winnipeg devient rapidement la mascotte du corps vétérinaire de l’armée canadienne.

ours Winnipeg - lieutenant Colebourn

L’ours Winnipeg avec le lieutenant Colebourn. Image provenant de Wikipedia.

Dans ses moments de pauses, le lieutenant le passe avec l’ours Winnipeg. Il entraîne à différent tour, la récompensant avec des pommes et un mélange de lait concentré avec du sirop de maïs. Le soir venu, Winnipeg dort sous la tente du lieutenant, partageant le même lit. Durant la journée, elle le suit partout où il va. Mais parfois sa nature d’ours revient, Winnipeg grimpe le piquet de la tente. Les autres soldats l’apprécient énormément, prenant quantité de photo avec elle.

Une nouvelle séparation

En octobre 1914, l’ours Winnipeg et le lieutenant traversent l’Atlantique sur le SS Manitou. Pendant le voyage, elle se trouve dans une remorque. Ils arrivent dans un camp militaire  dans les plaines de Salisbury, au Royaume-Uni. Un endroit où les températures sont bien plus clémentes par rapport à White River, la température descendant sous le zéro une grande partie de l’année. Même si Winnipeg y est parfaitement adaptée. Elle devient à nouveau la mascotte de la 2e Brigade d’infanterie canadienne.

Mais ils ne restent ensemble que pendant sept semaines. Le lieutenant apprend qu’il est envoyé au front en France. Il doit prendre une décision sur l’endroit le plus adapté pour l’ours Winnipeg pour la laisser derrière lui. Ils prennent la voiture et se dirige alors vers le zoo de Londres, qui vient d’ouvrir un nouvel enclos pour ours. Le lieutenant lui fait alors la promesse de revenir la chercher, pour la ramener avec lui dans sa ville de Winnipeg. Malheureusement, il ne savait pas que la guerre n’allait pas se compter en mois, mais en années. Cette guerre qui les avait réunis, les sépare maintenant.

L’ours Winnipeg au zoo de Londres

Son nouvel habitat est un enclos qui ressemble à un paysage de montagne. D’autres ours sont présents, mais Winnipeg obtient un traitement différent. En effet, rapidement, les soigneurs se rendent compte qu’elle est d’une grande douceur et apprécie la compagnie des humains. Ainsi, les enfants peuvent rentrer dans son enclos, lui donner à manger et même lui monter sur le dos. L’ours Winnipeg n’a jamais fait de mal à aucun enfant.

Le temps passe, la guerre se poursuit. Le lieutenant obtient des jours de repos durant le mois de juillet 1915. Il vient alors à sa rencontre deux fois, le 8 et 12 juillet 1915. La première fois seule et la seconde fois, accompagnée d’une femme. Winnipeg doit attendre l’année suivante, le 27 novembre 1916 pour revoir le lieutenant, qui vient à nouveau accompagnée. Encore une fois, un an s’écoule, il revient la voir que le 24 juin 1917. Sa dernière visite se fait le 20 mai 1918.

Le 1 décembre 1918, l’ours Winnipeg devient la propriété officielle du zoo de Londres. Le lieutenant estimant qu’elle appartient dorénavant aux Londoniens qui l’aiment énormément. Winnipeg ne revoit jamais sa terre natale.

ours Winnipeg - christopher

L’ours Winnipeg avec Christopher lui donnant son lait concentré. Image provenant de Wikipedia.

Une source d’inspiration

Le temps passe, les enfants l’adorent. Mais parmi eux se trouve le jeune Christopher Robin Milne, fils de AA Milne. Il le supplie d’aller voir l’ours noir. Le jeune garçon nourrit le carnivore avec son mélange de lait concentré et de sirop de maïs, sa friandise préférée, tout en lui faisant de gros câlin. L’enfant l’apprécie tellement qu’il finit par donner son surnom à sa peluche, donnant naissance à Winnie l’ourson (Winnie the pooh).

Le temps passe, les enfants grandissent, les générations se succèdent. Les nombreuses friandises qu’elle a reçues lui ont donné de multiple caries. L’ours Winnipeg s’éteint le 12 mai 1934, à 20 ans, un âge respectable pour un ours. Son crâne est offert au Royal College of Surgeons qui l’expose pour la première fois en 2015.

Sur Histoire de Compagnie, votre avis à son importance, alors pourquoi ne pas laisser un commentaire. Découvrez bien d’autres biographies, Winnipeg n’est pas la seule à avoir inspiré un artiste. C’est le cas du panda Chi Chi qui est à l’origine du logo d’une des ONG de la lutte pour la protection animale les plus connues. Le chien Gander provient lui aussi du Canada, il a combattu pour protéger la ville de Hong Kong.

Ce que l’histoire retient de l’ours Winnipeg

Elle aura permis la création de l’un des personnages les plus célèbres, Winnie l’ourson et à ses nombreuses histoires pour enfant.

Média

Plusieurs plaques et statues se trouvent des deux côtés de l’Atlantique. Dans le pays d’accueil, dans le zoo de Londres depuis 1981. Une autre se trouve dans un parc de Winnipeg, la montrant avec le lieutenant qui la recueillit. En 1996, la poste canadienne propose un timbre de 45 centimes.

Un ours nommé Winnie est le titre d’un film de 2004 avec Michael Fassbender dans le rôle du lieutenant. En 2011, un livre est publié sous le titre Winnie the bear. À ne pas confondre avec Winnie the pooh.

Sources

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