L’orque Keiko, celui qui était Willy

keiko - orque

L’orque Keiko, Willy pour le monde.

Depuis 1976, les États-Unis ont interdit le prélèvement d’orques sauvages dans les eaux américaines. De ce fait, les parcs aquatiques doivent aller les chercher plus loin là où aucune réglementation l’interdit. Les techniques de captures des orques sont parfaitement au point, et les plus jeunes, comme l’orque Keiko, en sont les cibles privilégiées. À l’aide de bateau, soutenu par des avions pour pouvoir les voir depuis les ciels, les orques sont traquées. Les jeunes sont enlevés à leurs familles car plus facile pour le transport. Malheureusement, les orques adultes en font souvent les frais, mourant dans les filets.

Pour un parc, une orque vaut plusieurs millions de dollars et en rapporte tout autant. Les orques sont des animaux sociaux et intelligents, possédant leurs propres langages. Les accidents ne sont pas rares dans les parcs aquatiques mais ils sont souvent étouffés ou minimisés.

Son voyage des eaux islandaises au Canada

orque - Keiko - civière

L’orque Keiko dans une civière lors d’un transfert de bassin.

Lors de sa capture, Keiko se trouve dans les eaux islandaises, avec le reste de sa matriline, il a alors environ deux ans. Il connait les techniques de chasse de son groupe, ainsi que son langage. Ses journées sont rythmées par les moments qu’il partage avec le reste de sa famille. Mais une journée banale de 1979, sa vie change radicalement.

L’orque Keiko se retrouve entourée de plusieurs bateaux de pêche qui les traquaient depuis un moment. Les pêcheurs ont isolé la jeune orque et le capture dans un grand filet, le séparant le reste de son groupe. Il ne cesse d’appeler sa mère par des cris de détresses, elle lui tourne autour sans rien pouvoir faire. Les pêcheurs réduisent progressivement son espace avec les filets, tout comme sa liberté future. Ils  le remontent ensuite sur le bateau à l’aide d’une civière.

La solitude de l’orque Keiko

La jeune orque se retrouve sur le bateau de pêcheur, incapable de bouger, à l’air libre, continuant d’appeler sa mère. Keiko reste dans cette situation qui lui est inconnue, séparé des siens, jusqu’à arriver à un port, où il est déchargé. L’orque se retrouve dans un aquarium en Islande, une mare par rapport à ce que l’océan était pour lui. Mais son voyage ne se termine pas ici !

Malgré son traumatisme d’avoir été séparé des siens, l’orque Keiko est à nouveau mis hors de l’eau, pour prendre l’avion en direction du Canada. Il se retrouve cloîtré dans un espace sombre qui vibre dans tout les sens. Ce stress se rajoute au traumatisme d’avoir été séparé des siens, des liens qu’il possédait s’éloignant d’avantage.

Sa vie dans les parcs aquatiques

keiko - orgue

Orgues en représentation au Marineland d’Ontario.

Keiko arrive alors dans le parc de Marineland en Ontario où il est le plus jeune du groupe. L’orque mâle se retrouve dans un bassin trop petit pour lui tout comme ses congénères adultes.

Le jeune épaulard est entraîné pour les spectacles qu’il doit faire pour divertir les spectateurs, rythmant maintenant sa vie. Il reste ainsi dans ce parc pendant 5 ans, avant de changer une nouvelle fois de pays.

L’orque Keiko au parc mexicain

L’orque Keiko arrive au parc d’attraction de Mexico, Reino Adventura, il est alors âgé d’environ 7 ans. Dans ce lieu, il continue les spectacles pour divertir les spectateurs toujours dans un bassin bien trop petit pour lui. À la demande de ses dresseurs, Keiko se fait caresser par les spectateurs, restant statique devant les gradins.

Sa nageoire dorsale se penche progressivement, car il ne peut pas nager en profondeur, tournant en rond dans son bassin. Mais l’épaulard Keiko souffre de la chaleur du Mexique, avec une eau de bassin qui est bien trop chaude pour lui. Si ce n’était que cela. Il souffre aussi de la mauvaise qualité de l’air à cause de la pollution. Ainsi que d’une qualité d’eau insuffisante, Keiko nage dans de l’eau de robinet avec du sel rajouté, et non de l’eau de mer.

En 1993, Keiko se fait connaître aux USA avec le film Sauvez Willy. Cela permet d’attirer l’attention de nombreuse personnes sur l’état de santé de l’orque mâle, dont les propres producteurs du film. L’orque malade est alors sauvé; trois ans plus tard, par une association, Free Willy–Keiko Foundation, qui le transfère dans l’Oregon le 7 janvier 1996.

L’orque Keiko doit tout réapprendre pour survivre

keiko - orgue - épaulard - avion

Keiko prend une nouvelle fois l’avion

Le jour du départ, qui se fait dans le milieu de la nuit, l’orque Keiko ne se montre absolument pas coopératif. L’équipe est prête à le transférer, mais il refuse de se laisser attraper, mettant en péril toute l’opération pour le sauver. Après plusieurs minutes de stress, pour l’équipe, Keiko est enfin attrapé avant d’être transféré en camion vers son avion. Les habitants de Mexico ont décidé de lui dire au revoir, ne faisant que d’avantage retarder son départ.

Keiko arrive dans un grand bassin rempli d’eau de mer refroidie pour correspondre à ses besoins. Le bassin est aussi équipé d’un système qui permet d’éviter l’utilisation de produit chimique, spécialement construit pour l’accueillir. Le moment venu, celui d’entrer enfin dans son nouveau bassin, l’orque Keiko s’emmêle tout seul dans les câbles de la civière. Il s’agite dans tout les sens, avant d’enfin se libérer de ce piège qu’il s’était lui-même fait, avec l’aide des membres de l’association.

Le goût d’être libre

À son arrivée, l’orque Keiko pèse alors 7.720 livres (soit 3500 kilos), et présente de nombreuse lésions cutanées. Cette maladie est due à un virus, qui est en plus contagieux, le forçant à vivre une vie de solitude. Mais un objectif est fixé, il doit retrouver sa liberté. Mais pour cela, il doit réapprendre les techniques de chasse de poisson que sa mère lui avait appris par le passé.

L’épaulard Keiko peut alors compter sur l’équipe ainsi que sur les deux entraîneuses venant de son ancien parc. Les exercices qu’il fait dans ce nouveau bassin ont pour but de lui réapprendre les techniques de chasses. Tout ce qu’il aura besoin pour survivre en pleine mer. Keiko est de bonne humeur, pouvant plonger en profondeur, il se remet même à chanter, chose qu’il avait arrêtée depuis longtemps. Une télévision est aussi disponible, Keiko peut la regarder à travers une glace, il peut voir alors des orques dans leurs milieux naturels et qui chantent.

Le dernier voyage de l’orque Keiko

keiko - orgue - épaulard - bassin

Keiko dans son bassin dans les eaux islandaises.

En 1998, soit trois ans depuis son arrivée, Keiko pèse 11 500 livres (5200 kilos) pour une taille de 24 pieds (7,3 mètres). Maintenant, l’épaulard sait se débrouiller pour obtenir sa nourriture seule, ou au moins la moitié de sa ration quotidienne. Le 9 septembre 1998, il prend une dernière fois l’avion en direction de ses terres natales, ou plutôt des eaux qui l’ont vu naître.

L’orque Keiko se trouve dans un enclos dans la baie de Klettsvik de l’Islande. Progressivement, il profite d’excursion dans les eaux, d’abord avec un bateau qui l’accompagne. Puis avec des orques sauvages,  la joie de se retrouver parmi les siens, même s’ils n’appartiennent pas à sa famille.

À plusieurs reprises, Keiko se met à suivre des bateaux de pêche, dans le but de se nourrir. En 2002, il entame un voyage de soixante jours, sans la présence d’humain, passant dans les eaux de l’Atlantique Nord jusqu’aux côtes norvégiennes. L’orque Keiko se nourrie sans insistance, même de ses congénères qu’il suit sans vraiment entrer en contact.

Mort en toute liberté

keiko - orque - épaulard - tombe

Tombe de Keiko au bord du fjord de Taknés indiqué par un cairn.

Le 12 décembre 2002, Keiko s’éteint dans le fjord de Taknes, en Norvège où il avait été transféré pour sa protection, tout en profitant des eaux libres. L’orque revient toujours vers les Hommes, laissant même les enfants l’approcher et le caresser. Les membres de l’équipe de soin sont là pour assister à ses derniers moments.

La cause la plus probable de décès est une pneumonie aiguë. L’orque Keiko a alors 27 ans, ce qui est jeune pour une orque mâle, qui peut espérer vivre jusqu’à cinquante ans dans son milieu naturel. Tandis que les femelles peuvent atteindre les 100 ans. Keiko est la seule orque captive à être retourné dans son milieu naturel. Prouvant ainsi qu’avec du temps et des efforts, ils peuvent retrouver une forme de liberté. Il a aussi montré les conditions de vie catastrophiques des cétacés dans les bassins des parcs aquatiques.

La tombe de Keiko se trouve près du fjord de Taknés. Sa dernière demeure étant indiqué par un cairn, un amas de pierres empilées.

Quelle type de vie aurait-il pu avoir si les pêcheurs ne l’avaient soustrait à son environnement. Découvrez la vie dans la nature d’une orque dans les eaux de l’Atlantique Nord. N’oubliez pas de laisser un commentaire. Que ce soit pour faire connaître votre avis où améliorer les biographies et les articles d’Histoire de Compagnie. En vous remerciant de cette lecture et d’avoir découvert cette histoire.

Média

keiko - orque - épaulard - affiche

Affiche du film Sauvez Willy.

Keiko apparaît dans le film Sauvez Willy, sortie le 16 juillet 1993 aux USA, et 9 février 1994 en France. Pour l’anecdote, l’orque ne fait pas le saut qui apparaît dans le film, remplacé par des effets spéciaux. Pour les deux suites, c’est un animatronique qui prend sa place, comme dans le film Les dents de la mer. L’association qui l’a sauvé, a réalisé des documentaires sur sa vie et sur son sauvetage qui vous pouvez retrouver sur leur site.

Découvrez l’histoire touchante et triste d’du chien Hachikō qui a, lui aussi, été mondialement connu par un film.

Sources

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