Keiko, l’orque Willy

keiko - orque

Keiko, l’orgue acteur de Willy.

Carte d’identité :

  • Nom : Keiko (gracieuse en japonais)
  • Né vers 1976 dans Atlantique Nord
  • Décédé le 12 décembre 2003, dans les eaux du fjord d’Arasvik, Norvège
  • Age : 27 ans
  • Espèce : Orque, épaulard (Orcinus orca)
  • Sexe : M

L’histoire vraie de l’orque Keiko

Keiko, une orque rendue célèbre par le film Sauvez Willy. Découvrez sa vie avant qu’il ne devienne mondialement connu, ainsi que ses conditions de vie.

Contexte

Depuis 1976, les USA ont interdit le prélèvement d’orque sauvage dans les eaux américaines. De ce fait, les parcs doivent aller les chercher plus loin où aucune réglementation l’interdit. Les techniques de captures des orques sont parfaitement au point, et les plus jeunes en sont les cibles privilégiées. À l’aide de bateau, mais d’avion pour pouvoir les voir depuis les ciels, les orques sont traquées. Les jeunes sont enlevés à leurs familles car plus facile pour le transport. Malheureusement, les orques adultes en font souvent les frais, mourant dans les filets.

Pour un parc, une orque vaut plusieurs millions de dollars et en rapportent tout autant. Les orques sont des animaux sociaux et intelligents, possédant leurs propres langages. Les accidents ne sont pas rares dans les parcs aquatiques qui travaillent avec des orques mais les accidents sont souvent étouffés ou minimisés.

Son voyage vers les Amériques

orque - Keiko - civière

Keiko dans une civière. Image de Wikipédia.

Lors de sa capture, Keiko se trouve dans les eaux islandaises, avec le reste de sa matriline, il a alors environ deux ans. Il connait les techniques de chasse de son groupe, ainsi que son langage. Ses journées sont rythmées par les moments qu’il partage avec le reste de son groupe. Mais une journée banale de 1979, sa vie changea radicalement.

L’orque Keiko se retrouve entourée de plusieurs bateaux de pêche qui les traquent depuis un moment. L’homme n’effraye pas les orques. Les pêcheurs ont isolé la jeune orque et le capture dans un grand filet, le séparant le reste de la matriline. Il ne cesse d’appeler sa mère par des cris de détresses, elle lui tourne autour sans rien pouvoir faire. Les pêcheurs réduisent progressivement son espace avec les filets, sa liberté se réduisant à vu d’œil. Ils en profitent alors pour le remonter sur le bateau à l’aide d’une civière.

La jeune orque se retrouve sur le bateau de pêcheur, incapable de bouger, à l’air libre, continuant d’appeler sa mère. Keiko reste dans cette situation qui lui est inconnu, séparé des siens, jusqu’à arriver à un port, ou il est déchargé. L’orque se retrouve dans un aquarium en Islande, dans une mare par rapport à ce que l’océan était pour lui. Mais son voyage ne se termine pas ici.

Malgré son traumatisme d’avoir été séparé des siens, l’orque Keiko est à nouveau hors de l’eau, pour prendre l’avion en direction du Canada. Il se retrouve cloîtré dans un espace sombre qui vibre dans tout les sens. Ce stress se rajoute au traumatisme d’avoir été séparé de sa famille, des liens qu’il possédait.

Une vie dans deux parcs aquatiques

keiko - orgue

Orgues en représentation au Marineland d’Ontario.

Keiko arrive alors dans le parc de Marineland en Ontario et il est le plus jeune du groupe. L’orque mâle se retrouve dans un bassin trop petit pour lui tout comme ses congénères adultes. Le jeune épaulard est entraîné pour les spectacles qu’il doit faire pour divertir les spectateurs, rythmant maintenant sa vie. Il reste ainsi dans ce parc pendant 5 ans, avant de changer une nouvelle fois de pays.

L’orque Keiko arrive au parc d’attraction de Mexico, Reino Adventura, il a environ 7 ans. Dans ce lieu, il continue les spectacles pour divertir les spectateurs toujours dans un bassin bien trop petit pour lui. À la demande de ses dresseurs, Keiko se fait caresser par les spectateurs, en restant statique devant les gradins.

Sa nageoire dorsale se penche progressivement, car il ne peut pas nager en profondeur, ne pouvant que tourner en rond dans son bassin. Mais l’épaulard Keiko souffre de la chaleur du Mexique, avec une eau de bassin qui est trop chaude pour lui. Si ce n’était que cela, il souffre aussi de la mauvaise qualité de l’air à cause de la pollution. Ainsi que d’une qualité de l’eau insuffisante, Keiko nage dans de l’eau de robinet avec du sel rajouté, et non dans l’eau de mer.

En 1993, Keiko se fait connaître aux USA par le film Sauvez Willy. Cela permet d’attirer l’attention de nombreuse personnes sur l’état de santé de l’orque mâle, dont les propres producteurs du film. L’orque malade est alors sauvé par une association Free Willy–Keiko Foundation, qui le transfère dans l’Oregon, le 7 janvier 1996.

Tout réapprendre pour survivre

keiko - orgue - épaulard - avion

Keiko prend une nouvelle fois l’avion

Le jour du départ, qui se fait dans le milieu de la nuit, l’orque Keiko ne se montre absolument pas coopératif. L’équipe est prête à le transférer, mais il refuse de se laisser attraper, mettant en péril toute l’opération pour le sauver. Après plusieurs minutes de stress, pour l’équipe, Keiko est enfin attrapé avant d’être transféré en camion vers son avion. Mais les habitants de Mexico ont décidé de lui dire au revoir, ne faisant que d’avantage retarder son départ.

Keiko arrive dans un grand bassin rempli avec de l’eau de mer refroidi pour correspondre à ses besoins. Le bassin est aussi équipé d’un système qui permet d’éviter l’utilisation de produit chimique, spécialement construit pour l’accueillir. Le moment venu, celui d’entrer enfin dans son nouveau bassin, l’orque Keiko s’emmêle tout seul dans les câbles de la civière. Il s’ajoute dans tout les sens, avant d’enfin se libérer de ce piège qu’il s’était lui-même fait, avec l’aide des membres de l’association.

Le goût d’être libre

À son arrivée, l’orque Keiko pèse alors 7.720 livres (soit 3500 kilogrammes), et présente de nombreuse lésions cutanées. Cette maladie est due à un virus, qui est en plus contagieux, le forçant à vivre une vie de solitude. Mais l’objectif est fixé, il doit retrouver sa liberté. Mais pour cela, il doit réapprendre les techniques de chasse de poisson que sa mère lui avait appris par le passé.

L’épaulard Keiko peut alors compter sur l’équipe ainsi que les deux entraîneuses qui l’avaient avec lui dans son ancien parc. Les exercices qu’il fait dans ce nouveau bassin ont pour but de lui réapprendre les techniques de chasses. Tout ce qu’il aura besoin pour survivre en pleine mer. Keiko est de bonne humeur, pouvant plonger en profondeur, il se remet même à chanter, chose qu’il avait arrêtée depuis longtemps. Une télévision est aussi disponible, Keiko peut la regarder à travers une glace, il peut voir des orques dans leurs milieux naturels et qui chantent.

Le dernier voyage de l’orque Keiko

keiko - orgue - épaulard - bassin

Keiko dans son bassin dans les eaux islandaises.

En 1998, soit trois ans depuis son arrivée, Keiko pèse 11 500 livres (5200 kg) pour une taille de 24 pieds (7,3 mètres). Maintenant, l’épaulard sait se débrouiller pour obtenir sa nourriture seule, ou au moins la moitié de sa ration quotidienne. Le 9 septembre 1998, il prend une dernière fois l’avion en direction de ses terres natales, ou plutôt des eaux qui l’ont vu naître.

L’orque Keiko se trouve dans un enclos dans la baie de Klettsvik de l’Islande. Progressivement, il profite d’incursion dans les eaux, d’abord avec un bateau qui l’accompagne. Puis avec des orques sauvages, ou il avait la joie de se retrouver parmi les siens, même s’ils n’appartenaient pas à sa matriline.

À plusieurs reprises, Keiko se met à suivre des bateaux de pêche, dans le but de se nourrir. En 2002, il entame un voyage de 60 jours, sans la présence d’humain, passant dans les eaux de l’Atlantique Nord jusqu’aux côtes norvégiennes. L’orque Keiko se nourrie de manière satisfaisante durant son périple.

Mort en toute liberté

keiko - orque - épaulard - tombe

Tombe de Keiko au bord du fjord de Taknés indiqué par un cairn.

Le 12 décembre 2002, Keiko s’éteint dans le fjord de Taknes, en Norvège ou il avait été transféré pour sa protection, tout en profitant des eaux libres. Les membres de l’équipe de soin sont là pour assister à ses derniers moments.

La cause la plus probable de décès est une pneumonie aiguë. L’orque Keiko a alors 27 ans, ce qui est jeune pour une orque mâle, pouvant vivre jusqu’à 50 ans. Tandis que les femelles peuvent atteindre les 100 ans. Keiko est la seule orque captive à être retourné dans son milieu naturel. Prouvant ainsi qu’avec du temps et des efforts, ils peuvent retrouver une forme de liberté. Il a aussi montré les conditions de vie catastrophiques des cétacés dans les bassins des parcs aquatiques.

La tombe de Keiko se trouve près du fjord de Taknés. Sa dernière demeure étant indiqué par un cairn, un amas de pierre empilé.

Quelle type de vie aurait-il pu avoir si les pêcheurs ne l’avaient soustrait à son environnement. Découvrez la vie dans la nature d’une orque dans les eaux de l’Atlantique Nord. N’oubliez pas de laisser un commentaire. Que ce soit pour faire connaître votre avis où améliorer les biographies et les articles de ce blog. En vous remerciant de cette lecture et d’avoir découvert cette histoire.

Média

keiko - orque - épaulard - affiche

Affiche du film Sauvez Willy.

Keiko apparaît dans le film Sauvez Willy, sortie le 16 juillet 1993 aux USA, et 9 février 1994 en France. Pour l’anecdote, l’orque ne fait pas le saut qui apparaît dans le film, remplacé par des effets spéciaux. Pour les deux suites, c’est un animatronique qui prend sa place, comme dans le film Les dents de la mer. L’association qui l’a sauvé, a réalisé des documentaires sur sa vie et sur son sauvetage qui vous pouvez retrouver sur leur site.

Découvrez l’histoire touchante et triste d’Hachikō qui a, lui aussi, été mondialement connu par un film.

Sources

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