Les compagnons d’infortunes de Zarafa

Des origines identiques

Les deux girafes possèdent un passé commun avec la girafe Zarafa, elles sont toutes les deux nées dans le désert près de la ville de Sannar, au Soudan, un pays proche de l’Égypte. Toutes les deux réussisses leur première épreuve, se relevaient juste après leur naissance, preuve qu’elles sont suffisamment fortes pour vivre. Le vent chaud du désert passe de chaque côté de leurs longs cous, profitant de l’ombre pour se refroidir, allongé sous la surveillance de leurs mères.

girafe - George IV

La girafe de George IV. Image provenant de lisawallerrogers.com.

Comme Zarafa, que des cadeaux diplomatiques

Mais un jour, leurs mondes s’écoulent. Les deux girafons se retrouvent orphelines, leurs mères ne sont pas tuées par des prédateurs qui doivent se nourrir. Ce sont des chasseurs soudanais qui les tuent pour pouvoir s’emparer de leur marchandises, les adultes ne sont qu’un problème pour eux. Elles sont attrapées et attachées pour finir comme un vulgaire colis sur le dos d’un chameau.

Elles font, chacune de leur côté, le voyage vers la ville de Khartoum, à travers le désert, avec une étape en bateau, toujours attachés. Bien d’autres animaux capturés se trouvent avec elles. Elles finissent par arrivée dans la ville d’Alexandrie, lieu de départ vers l’Europe, comme cadeau diplomatique.

L’une d’entre elle, celle qui ira en Angleterre, nait en 1825, n’est pas la seule girafe. Elle rencontre Zarafa, celle qui est destinée à la France. Mais contrairement à elle, sa santé se dégrade rapidement. Au point que les deux pays se battent pour avoir le meilleur cadeau diplomatique.

La girafe du Roi d’Angleterre George IV

La jeune girafe prend le bateau à Alexandrie et elle passe l’hiver 1826 à Malte. Deux vaches soudanaises, de nombreux mammifères africains, ainsi que deux soigneurs l’accompagnent dans son périple vers l’Angleterre. Les vaches lui fournissent le lait nécessaire pour la nourrir. En mai 1827, elle monte sur un navire de commerce qui a été aménagé pour l’accueillir. Un trou dans le pont, lui permet de voir l’océan.

girafe - George IV

La girafe de George IV soulevé par une poulie dans une caricature. Image provenant de lisawallerrogers.com.

Quelques semaines plus tard, le 11 août 1827, la girafe arrive à Londres et débarque près du Waterloo Bridge. Elle reste sur place un moment, certainement en quarantaine comme Zarafa à Marseille. La dernière étape de son voyage est le Windsor Great Park, la ménagerie privée de George IV dans la résidence Royal Lodge.

Une vie bien plus courte que celle de Zarafa

Au moment de sa présentation au Roi, la girafe est âgée d’environ 18 mois et mesure près de trois mètres. Mais au moment de peindre son portrait, l’artiste se rend compte qu’il y a un problème avec les parties inférieures de ses pattes. C’est une déformation qui n’a rien de naturelle, c’est son transport attaché sur un chameau qui en est à l’origine. Les liens étaient serrés trop fort.

Tout comme Zarafa, la girafe continue de se nourrir du lait de vache. À l’âge de deux ans, elle est très affaiblie, la marche devient pénible pour elle. Ainsi, la girafe se retrouve attaché dans une drôle de structure, un triangle avec des roues, lui permettant de marcher, ses pattes touchant à peine le sol. Mais cela ne change rien, le climat anglais ne lui réussis pas, passant de la chaleur sèche du désert à la froideur humide de l’Angleterre.

La girafe de George IV s’éteint à l’âge de deux ans en 1829. Elle est naturalisée, sa peau montée sur un moule de son corps inerte et son squelette se retrouve à le Zoological Society of London en août 1830, jusqu’en 1855. À la fermeture du musée, sa peau est rachetée puis disparaît sans laisser de trace.

La girafe de l’Empereur d’Autriche François 1er

Tout comme la girafe Zarafa, une longue marche l’attend. Elle arrive à Venise où elle y passe sa quarantaine.

girafe - empereur François I

La girafe de l’empereur autrichien dans diverses positions. Image provenant de theguardian.com.

Elle doit traverser les Alpes à pied, ces sabots recouverts par de simple sangles en cuir pour la protéger du terrain froid et glissant. Après un trajet de près de 600 kilomètres, la girafe de l’empereur arrive à Vienne en août 1828. Elle trouve sa place dans un bâtiment construit exprès pour l’accueillir dans l’enceinte de la ménagerie impériale au palais de Schönbrunn. Avant même son arrivée, une véritable girafania s’empare des habitants de Vienne et nombreux sont ceux qui viennent la voir.

Mais comme la girafe du Roi George, elle souffre d’une malformation de ses pattes arrières. Elles ont les mêmes origines que la girafe anglaise, son transport attaché à dos de chameau, provoquant de multiples fractures. Elle décède huit mois plus tard, les températures très basses ne l’aidant pas. Sa peau montée finit au Musée d’Histoire Naturelle de Vienne, tandis que son squelette arrive au Collège de médecine Vétérinaire. Ils semblent que ses restes aient aussi disparu.

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Sources

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