Huberta, l’hippopotame globe trotteuse

Huberta, l’hippopotame globe trotteuse.

Carte d’identité

  • Nom : Huberta (nommée Hubert de son vivant)
  • Autre nom : Billy
  • Née (supposément) en 1927 près de l’estuaire de Sainte Marie dans le Zoulouland (Afrique du Sud)
  • Décédée en avril 1931 dans la rivière Keiskamma près de la ville d’East London (Afrique du Sud)
  • Age : (au moins) 4 ans
  • Espèce : Hippopotame amphibie (Hippopotamus amphibius)
  • Sexe : F

L’histoire vraie de l’hippopotame Huberta

Découvrez la vie d’Huberta, un hippopotame devenu une célébrité en Afrique du Sud. Les différentes étapes connues de son périples et ce qui la stoppa.

Huberta, la volonté d’une vie

Huberta naît dans une vaste étendue d’eau, devant remonter à la surface pour prendre sa première aspiration. Elle continue sa vie, comme tous les hippopotames le font jusqu’au jour où tout change. Par des circonstances inconnues, Huberta ne respecte plus la façon de vivre de son espèce. Les raisons invoquées sont multiples, trouver un compagnon ou retourner dans les terres ancestrales. Enfin, il se pourrait que l’hippopotame aurait vu sa mère se faire tuer par des chasseurs. Le lien avec parent-enfant étant très fort et persistant bien des années après le sevrage.

Mais, en définitif, cela restera à jamais le secret d’Huberta, était ce peut être simplement sa volonté propre !

En octobre 1928, l’hippopotame Huberta ne suit déjà plus le chemin de son espèce. Trouver un coin d’eau dominé par un mâle jusqu’à qu’il se fasse détrôner par un plus jeune. Voir la place se réduire dans l’étang, au point d’être serré et d’avoir la tête dans les déjections de ses voisins et voisines. Sortir de l’eau à la nuit tombée pour trouver un peu d’herbe fraîche par trop loin de sa marre de résidence.

Elle fait un arrêt dans la baie de Santa Lucia avant de remonter la côte vers le Sud, à la vue de tous les pécheurs non loin. Passant ensuite par le futur port de Richards Bay, encore dans un état très précaire. Puis pas très loin de la ville d’Empangeni entouré de plantation de canne à sucre dont elle se nourrit, les travailleurs s’étant enfuies en la voyant. Au début de son périple, les interactions avec les habitants sont encore rares, mais elle ne passe inaperçue. Pour la bonne raison que les hippopotames ne sont plus présents en ces lieux.

Le voyage inexpliqué de l’hippopotame Huberta

Sur les traces de l’hippopotame invisible Huberta.

C’est le 22 novembre 1928 que l’hippopotame Huberta se fait réellement remarqué. En effet, elle y laisse un souvenir lourd d’une tonne, détruisant pratiquement la maison d’une famille indienne, travaillant pour les Anglais. Huberta arrive ensuite dans la ville de Stanger en janvier 1929. Elle décide de prendre place sur un pont à une voie pour y faire une sieste. L’observation suivante se fait à la ville d’Umhlanga, est tout particulièrement son lagon pour y faire un séjour tout le mois de février 1929.

Durant son périple, elle force l’admiration de plusieurs populations indigènes ou d’immigrés. Ainsi le peuple Zoulou la considère comme la réincarnation de leur précédent roi, Shaka. Cette idée ne fait pas l’unanimité dans la communauté et notamment pour deux jeunes. Ces derniers se moquent d’Huberta et lui jettent même des cailloux. Ils décèdent quelque temps plus tard, non pas de la colère de l’hippopotame, mais d’un coup du sort, un glissement de terrain. De même, les expatriés indiens la vénèrent aussi dans leurs temples, malgré les destructions que leur occasionnent.

Malgré sa corpulence et son pas très lent, la belle sait se faire discrète pendant la journée. Se cachant en attendant que la nuit tombe pour trouver de la nourriture et se déplacer. Parfois des curieux ont peu trop impatients lui jettent des objets dans la broussaille pour espérer la débusquer.

Mais le résultat ne doit pas être à la hauteur, vu le peu de date connue de son extraordinaire voyage en solitaire.

Retour sur la terre de ses ancêtres

Le parcours de l’hippopotame Huberta à travers le Zoulouland.

Les occidentaux s’y intéressent d’une autre manière. Ils tentent de la prendre en photo pour raconter l’histoire de l’hippopotame Huberta. Nommée d’abord Billy puis Hubert de son vivant. Certain tentent même de la capturer pour la mettre dans un zoo, pour sa propre sécurité. Mais Huberta ne se laisse pas attraper, pourchassant même ses poursuivants dans les arbres et dans les eaux. Après moult échecs, ils la laissent tranquille, lui donnant le titre de « Royal Game ». Un statu qui doit la protéger des blessures et des traques.

Après cette pause, Huberta repris son voyage, arrivant sur le terrain de golf Beechwood. L’hippopotame se joint même à une fête en court sous une véranda du Durban Country Club. La surprise avait dû faire rapidement place à la panique, près d’une tonne qui se présente sans invitation. Après cela, elle se met en route vers la plage, les vagues venant se fracasser sur elle. L’hippopotame Huberta devient le centre d’intention de tous les baigneurs présents. Elle prend même le temps de faire une petite baignade dans l’océan Indien.

Le 29 mars 1929, elle se trouve à nouveau dans les terres. Huberta fait la visite d’un centre de traitement des eaux à Pinetown. Là encore, elle devient le centre d’intention, deux policiers arrivent sur place et commencent à prendre des photos. Un homme se met à la pousser avec un bâton, certainement pour la faire partir. Mais Huberta leur fonce dessus, forçant tous les voyeurs à réfugier dans les arbres. Un homme n’échappe pas à sa colère, à sa vitesse de pointe de 30 km/h, le mordant gravement à la jambe.

L’hippopotame Huberta et les Hommes

Le corps inerte de l’hippopotame Huberta après son repêchage.

Huberta fait un tour en ville, dans la rue principale de Durban le 1 avril 1929. L’hippopotame laisse des empreintes dans un jardin du commissariat de police local. Puis elle disparaît sans laisser de trace, avant de refaire surface en en fin d’année 1929 au village Port St Johns. L’hippopotame y reste plusieurs mois, prenant ses quartiers dans la rivière Umzimbuvo.

Alors qu’elle recherche de la nourriture, l’hippopotame Huberta se rend en ville en janvier 1930. Elle se rend même jusqu‘à la place du marché. Avant de reprendre son voyage vers le Sud ainsi que des poursuivants qu’elle a déjà côtoyés. Ce sont les responsables du zoo de Bloemfontein qui tente à nouveau de la capturer, toujours sans succès en février 1931.

En mars 1931, elle arrive à la ville d’East London et prend ses quartiers dans la rivière Nahoon. Il arrive qu’Huberta gène la circulation en décidant de faire une sieste. Ainsi, un jour, le 8 mars 1931, elle choisit de la faire sur une voie ferrée. Malgré l’arrivée du train, les vibrations dans les railles, la masse de métal qui se déplace à grande allure, l’hippopotame ne bouge pas. C’est le train qui doit ralentir, tentant de la pousser lentement avant qu’elle ne daigne se réveiller et partir d’elle-même tout en lenteur.

Le 23 avril 1931, une grosse tête flotte à la surface de la rivière Keiskamma. Le corps de l’hippopotame est percé de six tires de balle. Quelque jour plus tôt, Huberta se promène dans un jardin, laissant des traces, donnant une piste aux quatre coupables. Ils la forcent à aller dans la rivière avant de lui tirer dessus à plusieurs reprises dont une en pleine tête. Ce n’est que le 21 mai que cela est connu et ils sont condamnés le 27 mai 1931, soit à payer une amende, soit à faire de la prison.

Huberta, celle qui resta libre toute sa vie

Le corps après le passage au taxidermiste londonien.

Le corps inerte d’Huberta est sorti le 24 avril 1930 à 23 heures, avec les efforts des paysans et des membres du musée Amathole. La peau et la tête arrivent dans la ville de King William’s Town le lendemain en bus. Pendant que les restes sont nettoyés, de nombreux curieux se présentent à la terrasse du musée. De même, des cartes de sympathie et de nombreux dons arrivent pour permettre aux restes d’Huberta d’être naturalisé.

Avant de partir pour Londres, sa tête est exposée pour le procès de ses assassins, les dégâts des balles encore bien visible. Une fois son corps naturalisé en Anlleterrei, elle repart pour l’Afrique du Sud pour y être exposé. Dans la ville de Durban, les gens affluent pour la voir, du 12 janvier au 17 février 1932, ce sont 20.381 curieux qui se présentent. Le succès est identique dans la ville d’East London lors d’une exposition temporaire.

Le corps d’Huberta est présent lors d’un évènement local en 1932, le Rand Easter Show, puis rejoint le dernier point de son voyage dans le musée d’Amathole. Nombreux sont ceux qui ont vu en Huberta, la réincarnation d’un grand homme. Un ancien chef pour la tribu des Zoulous, celle d’un médecin traditionnel pour d’autre. Les Indiens présents en Afrique du Nord l’ont même divinisé, la proclamant protectrice des pauvres. Ce n’est qu’en avril 1997 que son corps se déplace à un festival de Science pendant sept jours, attirant entre 5.000 et 8.000 visiteurs.

En vous remerciant d’avoir découvert cette histoire, partagez et commentez. Si posséder des informations, n’hésitez pas, raconter son histoire la plus juste est la seule volonté d’Histoire de Compagnie. D’autres animaux possèdent une vie après la mort bien retranscrite. C’est le cas de la girafe Zarafa qui connue les tranchés après son trépas. De même, pour le chien Stubby, dont le corps empaillé qui évite la brûlure de justesse.

Ce qui l’histoire retient de l’hippopotame Huberta

Son voyage sans explication en Afrique du Sud et qui s’arrêta bien trop tôt.

Média

L’histoire est comptée dans deux récits. Huberta the Hippo: Amazing Adventures of a Happy River Horse de Patricia Furstenberg. Et Huberta The Untold Story: A true story édité en avril 2019 écrit par Jean Marx-Engelbrecht.

Sources

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