Michael, le gorille qui racontait

Michael, le gorille qui racontait. Image issue de findagrave.com

Carte d’identité

  • Nom : Michael
  • Autre nom :
  • Né en 1973 au Cameroun, placé au 17 mars
  • Décédé le 19 avril 2000 à Woodside, Californie, USA
  • Age : 27 ans
  • Espèce : Gorille des plaines de l’Ouest (Gorilla gorilla gorilla)
  • Sexe : M

L’histoire vraie du gorille Michael

Ceci est l’histoire du gorille Michael, le compagnon de Koko. Découvrez ce qui fait de lui un gorille à part du célèbre gorille.

Contexte

En 1972 commence l’entraînement de Koko au langage des signes américains, modifiés pour les gorilles. Un gorille mâle est recherché pour donner un compagnon, pour l’apprentissage, mais aussi pour la reproduction.

Le gorille Michael, privé de sa famille

Le gorille Michael naît dans la savane du Cameroun au cours de l’année 1973. Il sait alors ce que cela fait de vivre libre en pleine nature avec sa mère qu’il ne quitte que rarement dans les premiers mois de sa vie. Mais du jour au lendemain, Michael perd cette liberté, enfermé dans une cage après que sa famille fut tuée pour être mangée. Pour lui, c’est un autre destin qui l’attend, une vie dans un espace réduit, l’enclos d’un zoo.

Michael reste quelques jours sur un marché, attaché au bout d’une corde pour être vendu. Il part ensuite pour l’Europe, peut-être dans un zoo de Viennes, y restant jusqu’à ses trois ans. Il traverse ensuite l’Atlantique pour rejoindre sa nouvelle famille d’accueil. Pendant le voyage, il n’est pas seul, un autre petit gorille l’accompagne. Mais les conditions de transports pour la traversée sont extrêmement mauvaises. À tel point que son compagnon de voyage ne voit jamais les côtes américaines. Avant de pouvoir faire la rencontre de Koko, il a certainement dû attendre plusieurs jours, seul, dans une zone de quarantaine.

La nouvelle famille de Michael

Michael prenant la pose. Image issue de koko.org

En septembre 1976, c’est la première rencontre avec le futur gorille le plus célèbre. Mais cela se passe mal avec ce gorille de trois ans son aîné. Koko ne l’aime pas, elle le tape dès qu’ils se trouvent ensemble, elle le rejette complètement. Mais l’expérience doit continuer, c’est une variable qui ne peut être tolérée. Ils sont enfermés tous les deux dans l’air de jeux du mobile-home, transformé justement pour son arrivée.

C’est finalement celle qui le rejette qui fait le premier pas, elle lui propose de jouet. Michael accepte cette offre de paix et une grande amitié peut enfin débuter. Une nouvelle vie, dans une nouvelle famille s’offre à lui, mais dans des conditions bien loin de ce qu’il a connu.

Dans cette nouvelle famille très particulière, un nouveau quotidien se met en place. Tout comme le gorille Koko, il doit apprendre le langage des signes adaptés à son espèce. Sa journée commence à huit heures, enfin dans les cas, où Michael ne se réveille pas plus tôt pour faire un chahut pas possible, réveillant sa colocataire. S’ensuit le petit déjeuner, puis les séances d’entraînement de Koko, avant qu’enfin une pause jeu ne s’impose. Ils se retrouvent dans l’air de jeux pour faire les fous.

Ses premières années

Puis revient le moment studieux pour les deux gorilles, suivant le même trajet que Koko dans son apprentissage. Les pauses pour reprendre les forces et les moments studieux s’alternent jusqu’au moment où la journée se termine. Avant le dîner, une promenade sur le campus leur permet enfin de prendre l’air. Avant d’aller se coucher, le gorille Michael et sa sœur adoptive doivent se brosser les dents. S’ensuit l’application d’une lotion d’huile de bébé pour protéger leurs peaux. Le soir, au moment du départ de Penny Patterson, il entend les pleures de Koko, alors qu’il mange son encas de nuit.

Le week-end et les jours fériés sont des jours particuliers pour les deux gorilles. Ils prennent la voiture, restant très calme jusqu’à arriver dans un grand espace vert. Personne ne viendra les déranger durant ce moment de liberté, jouant et mangeant entre eux. Il aime tout particulièrement les pommes, les noix et les sandwiches au beurre d’arachide. Mais contrairement à Koko, Michael se montre méfiant envers les étrangers, distants avec les nouveaux soigneurs. Ils doivent lui laisser le temps de s’habituer à eux.

Au bout de sa première étude du langage des signes, le gorille Michael apprend vingt signes. Certain lui ont été transmis par Koko, parfois même, elle lui donne la réponse à une question.

Michael, animal-machine ?

L’auto-portrait de Michael, “me myself good”. Image issue de Koko.org

Michael se met à la peinture qu’il prend très au sérieux, contrairement à Koko, le spécifiant lui-même. Le gorille mâle utilise davantage de couleur et de motif que son compagnon d’étude. Sa couleur préférée est d’ailleurs le jaune. Le gorille réalise ses peintures à partir de photo et nomme lui-même ses œuvres figuratives. Il fait même un auto-portrait qui apparaît comme couverte du National Geographic de 1978, nommé « Me, Myself, Good ».

Le gorille Michael grandit, les sorties en extérieurs ne sont plus possibles, tout comme le mobile-home devient trop petit. Ils finissent par déménager à Santa Cruz en 1979, où il peut profiter d’un espace de jeux en extérieur et même de promenade dans la forêt privée. Les enrichissements de son lieu de vue lui permet d’être stimulé. Que ce soit par la recherche de nourriture, avec des odeurs, ou bien des nouveaux matériaux pour se faire un nid ou travaux pratiques.

Celui qui racontait son passé

Un jour, le gorille Michael se réveille en sursaut, angoissé de ce que son inconscient lui a montré. Une scène de son passé qui conditionne sa relation avec les étrangers. Penny Patterson réussis à le convaincre de lui raconter ce qu’il le perturbe tant, le faisant devant une caméra. Il signe alors « squash, meat, gorilla, mouth, tooth, cry, sharp-noise, loud, bad, think-trouble, look-face, cut/neck, lip, hole. » Ce qu’il raconte alors, sans que Penny ne comprenne le sens de ses mots sur le moment, est la mort de sa famille.

Michael lui montre ce qu’il se rappelle le moment où des chasseurs sont venus pour les tuer. Le gorille, âgé de quelques mois, voit alors sa mère, son père et les autres adultes mourir autour de lui. Des bruits courts et intenses résonnent pendant plusieurs secondes avant de s’évanouir, emportant avec lui une autre vie. Alors qu’il se retrouve dans une cage, les cadavres sont mutilés, coupé en morceaux, la tête s’éloignant du reste du corps. Ce moment le suit le reste de sa vie, s’en rappelant des années après et marquant ses interactions avec les personnes inconnues.

Un caractère bien différent de Koko

Koko sur le mémorial de Michael. Image issue de Koko.org

Lors d’une visite pour voir les deux gorilles, un petit incident se produit. Le chercheur offre un fouloir rouge venant du Cameroun aux deux gorilles. Alors que Koko le prend délicatement, Michael le sert entre ses deux doigts, mais sans crier gare, il le ramène rapidement vers lui, alors que la personne le tenait encore fermement. Le gorille part avec son précieux, le met autour du cou et des bras avant de s’en désintéresser. Michael remarque alors que la personne se tient le poignet, il se rapproche et demande à Penny de lui donner quelque chose pour le soulager.

En 1991, un nouveau gorille, un mâle choisi par Koko les rejoint. Il prend alors ce qui devait être son rôle, un conjoint pour Koko. Mais c’est de là n’avait ce genre de relation, ils se voyaient faisant partie d’une même famille. Michael et Koko partagent des liens fraternels, ils ne peuvent entretenir une autre relation. Mais le temps passe et aucun gorillon ne rejoint le petit groupe. Michael ne peut pas l’aider, la pousser, c’est à une autre femelle que revient ce devoir.

Finalement, le gorille de 200 kilogrammes s’éteint le 19 avril 2000 vers onze heures, en pleine journée lorsqu’il se trouve dans l’air de jeux. Michael se raidit avant de tomber sur le sol sans tenter de se rattraper, la respiration est difficile. Des personnes se concentrent autour de son corps pour lui faire un massage cardiaque, sans succès. C’est une insuffisance cardiaque dû à une cardiomyopathie provoquant une fibrose qui l’emporte à 27 ans. À la fin de sa vie, le gorille pouvait signer avec plus de 600 mots et comprenait l’anglais oral.

Vous avez été émus par l’histoire que Michael a racontée lui-même, laissez un commentaire. Découvrez bien d’autre biographie sur Histoire de compagnie. Tel que la tortue des Galápagos Harriet qui a bien failli finir elle aussi en nourriture.

Ce que l’histoire retient du gorille Michael

Il est le seul non-humain à avoir raconté son passé, à montrer qu’il possédait des souvenirs de son enfance.

Média

Michael ne possède pas la même notoriété que Koko, il n’y a pas de livre à son nom. Mais il doit certainement être cité dans ceux publiés sur le gorille célèbre gorille.

Sources

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