Snowflake, le gorille albinos

Snowflake, le gorille albinos. Image du Zoo de Barcelone.

Carte d’identité

  • Nom : Snowflake ( traduction de Copito de Nieve en espagnol, signifiant Flocon de neige)
  • Autres noms : Nfumu Ngui (gorille blanc en dialecte fang), Blancanieves, Little Buttercup, Vanilla Gorilla et simplement Copi
  • Né entre 1963 et 1964 en Guinée équatoriale
  • Décédé le 24 novembre 2003 au Zoo de Barcelone, Espagne
  • Age : entre 39 et 40 ans
  • Espèce : Gorille des Plaines de l’Ouest (Gorilla gorilla gorilla)
  • Sexe : M

L’histoire vraie du gorille Snowflake

Snowflake connu pour être l’unique gorille albinos, découvrez la raison tragique qui a permis sa découverte. Mais aussi ce qui sera sa perte.

Contexte

La déforestation, autrement dit, la réduction des surfaces des forêts pour les activités humaines. Cela a pour conséquence une réduction de la surface d’habitation, de la niche écologique d’une espèce. Pour certaines, de grande surface sont nécessaire pour permettre à l’espèce de prospérer. Les zones isolées ne permettent alors plus les passages d’individus d’un groupe à l’autre, réduisant d’autant plus le brassage génétique. L’autre conséquence,  c’est le mise en contact entre deux mondes qui ne peuvent s’entendre. Les cultures ou les élevages qui doivent permettre aux populations de gagner leur vie et les habitants de la forêt. Ces derniers peuvent alors avoir accès à de la nourriture facilement, entraînant des conflits avec les hommes, souvent aux détriments des premiers.

Sabater Pi est un autodidacte de l’étude des primates. Il commence par travailler dans les plantations et les sociétés agricoles pour profiter de sa passion pour la faune africaine. Après de nombreux articles en amateur, il obtient une bourse de la part du National Geographic et commence son étude des gorilles. Dans ses recherches, il tisse des liens avec les membres de le tribut des Fangs, apprenant leur langue. Il dirige alors dans le centre de recherche animale d’Ikunde, petit village situé à deux kilomètres de Bata, la capitale de la Guinée équatoriale. Le centre d’Ikunde est une extension du zoo de Barcelone qui cherche un rayonnement mondial dans le domaine de la recherche animale.

Une fourrure innocente teintée de sang

Image de Snowflake dans un environnement naturel.

Le jeune gorille Snowflake. Image du zoo de Barcelone.

Le jeune gorille Snowflake naît entre 1963 et 1964 quelque part dans l’ancienne forêt de Nko, à la frontière entre la Guinée Équatoriale et le Cameroun. Cela fait des années que son habitation se réduit, à tel point que les individus ne peuvent trouver d’autres groupes à rejoindre. Un jour, la famille de Snowflake tombe sur des bananiers et caféiers, c’est une plantation. Mais pour eux la nourriture y est à foison, ils leur suffisent de tendre le bras pour avoir une banane.

Mais le 1er octobre 1966, ce trésor interdit cause leurs pertes. Les balles commencent à siffler dans tout les sens, la panique les gagne. Sa mère s’enfuie comme les autres face à ses bruits de tonnerres et dont les corps lourds des gorilles tombent à terre. Même le puissant mâle dominant avec son dos argenté ne peut rien faire contre la puissance d’une arme à feu. Alors que les bruits stridents ont enfin stoppé, Flocon de neige se trouve sous le corps de sa mère sans vie, toujours fermement accroché à sa fourrure.

Quel sentiment a envahit le petit gorille qui ne devait pas avoir conscience de sa différence ? Que pouvait il se passer dans son esprit, alors que toute sa famille vient de mourir devant ses yeux ?

Un homme s’approche de lui, toujours son fusil à la main, l’odeur de la poudre qui s’en échappe encore. Mais l’homme de le tribut des Fangs se stoppe dans son mouvement, il se rapproche de cette petite tâche blanche sur un corps noir. Flocon de neige échappe ainsi à la mort, grâce à sa fourrure blanche pure mais dont le sang à souillé, tout comme l’avidité de l’homme. Le jeune gorille doit rester avec lui pendant quatre jours, qui l’a baptisé Nfumu Ngui. Le 5 octobre 1966, le jeune Snowflake se voit vendu à un Espagnol, Jordi Sabater Pi.

Copito de Nieve, connu mondialement comme Snowflake, le gorille albinos

Snowflake qui semble avoir des vues sur la banane de son ami.

Snowflake avec son ami Muni. Image du blog Biofaune.

Snowflake reste alors au centre d’Ikunde, toujours en Guinée pendant un mois. Il s’adapte au contact avec les hommes et à la captivité, ce qui sera finalement le reste de sa vie. À ce moment-là son âge est estimé entre deux et trois ans, et semble en bonne forme physique. Flocon de neige possède encore toutes ses dents de lait, et pèse 8,75 kg. Il reçoit aussi son nouveau nom qui sera traduit dans diverse langue, en catalan, Floquet de Neu.

Le jeune gorille devient rapidement une attraction, une célébrité, Flocon de Neige n’en a pas conscience mais il est unique. Son pelage blanc et ses yeux bleus indique qu’il est albinos. Arthur J. Riopelle, directeur du centre de recherches Primat Delta à l’Université Tulane de la Nouvelle Orléans vient lui rendre visite pour le voir de ses propres yeux. Il est accompagné d’un journaliste du National Geographic pour réaliser un documentaire sur cet être si singulier.

Le 1 novembre 1966, le jeune gorille Flocon de neige arrive à ce qui sera sa demeure pour le reste de sa vie, le zoo de Barcelone. Le mois suivant, en décembre 1966, Snowflake est présenté au public lors d’une cérémonie officielle en présence du maire. Blancanieves, c’est le nom que le zoo lui donne à ce moment-là. Il fait ensuite rapidement la rencontre des autres gorilles qui se trouve au zoo. Mais il passe les onze premiers mois de sa vie en Espagne avec une mère de substitution.

La famille de substitution de Snowflake

Snowflake qui fait son sourire un peu moqueur avec Ndengue.

Snowflake souriant avec sa favorite Ndengue. Image du Zoo de Barcelone.

Le gorille albinos Snowflake se trouve alors dans la famille du vétérinaire dont l’épouse à l’habitude de s’occuper des jeunes primates. Elle porte même le surnom de Mama Gorilla. Cela permet au gorille orphelin, Flocon de neige de grandir avec un certain équilibre psychologique, nécessaire pour sa survie en enclos. Le jeune gorille a l’occasion de partir en voyage avec eux, dans le massif du Montseny et sur l’île de Minorque, dans l’archipel des Baléares. Snowflake profite d’une certaine forme de liberté, un monde pas encore délimité par des clôtures, jouant avec le chien de la famille.

Après ce court moment d’évasion, Snowflake doit retourner au zoo, dans un enclos. Il fait alors la connaissance d’un autre jeune gorille, Muni, qui deviennent des compagnons de jeux. Mais le gorille albinos est paresseux et c’est Muni qui est à l’initiative pour le faire jouer. Ce dernier doit alors trouver de nouvelle méthode pour qu’il joue avec lui. Ils s’échangent des coups, finissent en boule, avec une moitié blanche et l’autre noir. Ensemble, ils inventent de nombreux jeux, dont l’un est un train, Muni devant, à quatre pattes, et Flocon de neige qui le tient par la taille, le suivant, tournant en rond.

Est ce que sa rencontre avec Mama Gorilla et de son ami Muni lui ont permis de survivre à la perte des siens et à son enfermement ?

Durant ces jeunes années, le jeune gorille contracte la varicelle qui disparaît sans conséquence. Par la suite, Snowflake doit quitter son ami pour rejoindre un autre gorille, une femelle du nom de Ndengue dans un autre enclos. Ils vivront ensemble, en couple, pendant deux ans avant de rejoindre le groupe des gorilles, cette dernière restera sa favori. Dans ce nouvel enclos, le gorille Snowflake s’impose comme le mâle dominant du groupe. quant à Muni, son ami décède en 1976.

Snowflake, l’unique gorille albinos

Snowflake coursant un jeune gorille dans son enclos.

Snowflake, mâle dominant dans son enclos au Zoo de Barcelone. Image du Zoo de Barcelone.

Flocon de neige assume alors son rôle de mâle dominant sur son groupe composé de trois femelles et d’un autre mâle. Ainsi entre 1973 et 1986, le gorille albinos a 21 descendants mais seulement cinq d’entre eux survivent. Il les aura avec trois femelles différentes, Ndengue qui donne naissance à sept petits, Bimvili à neuf dont en 1981 des jumeaux et Yuma en a cinq. Le gorille Snowflake n’a qu’un descendant direct mâle, Bindung, transféré au zoo japonais de Fukuoka, et quatre femelles, Ntao, Kena, Machinda et Virunga.

Au cours de l’année 1996, des rougissements et des ulcères localisés se trouvent sur la peau de Snowflake. Le diagnostic tombe, ce n’est qu’un érythème provoqué par le soleil. En 1997, le gorille albinos est en surpoid, il doit normalement peser aux alentours de 145 kg, alors qu’il en fait 190 kg. Un régime s’impose. Janvier 1999, l’état de santé du gorille flocon de neige inquiéte, il a fortement maigri. Il subit alors plus examens, palpations, radios et scans pour déterminer l’origine de son mal. Mais il semblerait que ce soit simplement l’âge qui le rattrape. Flocon de neige souffre de cachexie sénile et son régime alimentaire se voit donc adapté.

En 1999, Snowflake devient grand-père pour la première fois avec la naissance de Nimba et Batanga. Sur les 21 qui naîtront, seulement 11 sont vivant en 2014. Mais aucun d’entre eux n’est albinos comme Flocon de neige, seul une femelle, Nimba présente un doigt blanc. De même pour ses arrières petits-enfants, sur les quatre nés, seul un mâle, N’Kou, présente des doigts roses.

Son albinos, ce qui l’a sauvé, l’emporte maintenant vers la mort

Snowflake seul dans un coin de son enclos.

Snowflake à part dans son enclos en 2003. Image de Wikipédia.

En septembre 2001, le gorille albinos Snowflake subit une opération pour réaliser des biopsies sur un ulcère de 3,5 cm sous le sein droit. Mais le pronostic n’est pas aussi rassurant ce coup si, c’est un cancer de la peau. Cela est lié à l’exposition au soleil et à sa peau dépourvue de mélanine pour le protéger des rayons nocifs. Une cataracte lui est aussi diagnostiquée sur son œil droit. C’est en mai 2002 que la tumeur lui est enlevée et que son œil est aussi soigné.

Malheureusement pour Snowflake, d’autres tumeurs apparaissent, il subit une autre opération au niveau de l’aisselle en novembre 2002. Son cancer précédemment diagnostiqué qui s’est répandu d’avantage. Il ne subira plus d’opération de ce genre, de nouvelles tumeurs apparaissant sans que cela ne permettent de le soigner. Ainsi que lui éviter des douleurs supplémentaires. À la place, il reçoit un traitement composé d’antibiotiques, d’antidépresseurs et d’un produit destiné à ralentir l’invasion de la tumeur. Néanmoins, le gorille Flocon de neige subit une seconde opération en 2003 pour son œil gauche. La même chose qu’à son œil droit.

Le gorille Snowflake perd progressivement tout intérêt pour des activités. Il s’isole du reste du groupe de gorille, refusant de jouer avec les autres. Flocon neige a fortement maigri, il ne pèse plus que 100 kg. Il présente aussi des signes de douleurs physiques, entraînant la décision de l’euthanasie pour le gorille. L’annonce de sa mort prochaine en septembre 2003, entraîne une foule de personne pour le voir une dernière fois, lui, l’unique gorille blanc. Alors qu’il s’isole des siens, Flocon de neige doit être le centre d’intention des spectateurs.

Que pouvait-il ressentir pendant que la maladie gagnait du terrain ? D’autant plus que le gorille était au soleil toute la journée, comme pour les hommes, cela un jour entrainait l’apparition de problème cutanée !

Snowflake, une conséquence de la déforestation

La une du National Geographic de 1968.

Flocon de neige s’éteint le 24 novembre 2003 à 6 h 40. Son corps n’est pas naturalisé, sa grande cicatrice sur sa poitrine ne permet pas de le faire. À la place, c’est une incinération et ses cendres sont mis dans un prototype d’urne biodégradable. Les cendres du gorille albinos Snowflake sont enterrés avec une graine de marronnier du Cap le 23 avril 2004.

Avant d’être incinéré, plusieurs prélèvements ont été réalisés et conservés dans divers laboratoires. De même, ils existent de nombreuses pipette contenant la semence de Snowflake, venant d’une espèce en voie de disparition. À l’arrivée du gorille albinos, le zoo de Barcelone espérait que d’autre gorille soit trouvé. Ils voulaient ainsi obtenir une lignée à la fourrure blanche.

Le 31 mai 2013, une étude annonce l’origine de la différence du gorille albinos. Un gène récessif qu’il possédait en deux exemplaires, ainsi qu’une proximité génétique entre ses deux parents. Ainsi, Snowflake serait issus de l’union entre un oncle et sa nièce ou d’une tante et de son neveu. Cela s’explique par la fragmentation de leur environnement naturel. Dans la nature, les gorilles des plaines de l’Ouest quitte leur groupe et se reproduise avec des membres suffisamment éloigné génétiquement.

Découvrez la vie de Roger, le kangourou et de Oreo, le raton laveur. Ils ont aussi survécu à la mort de leurs mères mais pour des vies bien différentes de celle de Snowflake. Zarafa est une girafe, elle aussi originère d’Afrique s’est vu arraché à ses terres natales.

Ce que retient l’histoire de Flocon de Neige

Seul gorille albinos connu à ce jour, faisant partie d’un groupe très restreint de primate. Un mâle capucin au Venezuela, une femelle singe-araignée dans animalier en Colombie et une femelle macaque rhésus au zoo de la Nouvelle-Orléans.

Média

La première apparition de Snowflake est en mars 1967, il fait la couverture du National Geographic avec un article qui lui consacré. De nombreuses références sont faites dans diverses parutions littéraires, dont Sabater Pi qui a écrit un livre sur lui. Au moment de sa mort, un astéroïde tout juste découverte est nommé en son honneur. En 2009, la chanteuse française Enzo Enzo fait dédie la chanson Copito De Nieve De Barcelone au gorille albinos. Enfin en 2011, un film en image de synthèse sort au cinéma, Snowflake, le gorille blanc, une vie fictive de son enfance.

Sources (visités le 17/05/2019)

 

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