La vie d’une girafe au 21 ème siècle

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Girafe avec son girafon, dans la savane africaine, image chen-hu, (unsplash)

Une naissance au milieu dans la savane

Après quinze mois dans le ventre de sa mère, le moment est venu pour le girafon de naître. Ce qui se présente alors est un précipice, une chute d’une hauteur de deux mètres, la tête plaquée contre ses longues pattes. Heureusement, la nature a tout prévu, son squelette mou absorbe le choc. Elle n’avait que peu de chance de se briser le cou.

Mais c’est justement à ce moment là que sa volonté de vivre est jugée par sa mère. Le girafon doit se mettre debout, elle fait plusieurs tentatives, retombant à chaque fois. Le temps lui est comptée. Elle doit se trouver debout accrochée à une mamelle dans l’heure qui suit. Dans le cas contraire, sa mère l’abandonne, jugé trop faible pour survivre dans la savane.

Les premières tentatives pour se mettre debout sont maladroites. Il faut comprendre comment fonctionne ses quatre membres, comment les maintenir droit, comment les coordonner pour avancer. C’est aussi un moment dangereux, même si elle en a pas encore conscience, les prédateurs rodent, et sa mère guette en permanence. Une fois que le girafon réussis cette première épreuve que la vie lui donne, le girafon peut se délecter du lait très gras. C’est une jeune femelle que l’on nommera Zarafa.

Ses premiers jours sous le soleil africain

Le girafon mesure déjà deux mètres de haut pour un poids compris entre quarante et quatre-vingt kilos. Ses taches qui tapissent sa robe sont déjà présente et sont sa carte d’identité, la marque de son individualité. Mais les dessins sur sa robe possède un autre secret. Ils lui permettent de se refroidir. Les premiers jours de sa vie, le girafon les passe essentiellement allongé, toujours sous la surveillance de sa mère. Sa robe lui permet de se camoufler. Si elle le souhaite, ou par nécessité, Zarafa peut se mettre à courir, à peine quelques heures après sa naissance.

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Rassemblement de girafes. Charles J Sharp [CC BY-SA 4.0]

Sa mère échange beaucoup avec elle, par des contacts physiques, avec le bout de son museau. Mais aussi par un langage sonore que seul la jeune girafe peut percevoir, passant inaperçu à nos oreilles. C’est ainsi que le lien maternel se crée, lui demandant de la suivre et de la téter. La jeune girafe se montre très bavarde contrairement aux adultes du groupe qui l’entoure. Un groupe constitué de femelles et de leurs girafons qui se déplacent ensemble.

La crèche chez les girafes

Lors de certaines occasion, sa mère la laisse à une autre femelle qui se charge de garder les petits des autres et de les surveiller. C’est une crèche qui permet aux girafes de manger entre adulte, même si elles gardent un œil sur leurs progénitures. À tout moment, les adultes scrutent l’horizon pour vérifier l’absence de prédateur.

Mais il y a une épreuve, que même pour les adultes redoutent, le moment où il faut se baisser pour boire. La méthode la plus commune est d’écarter les pattes avant. Pour la seconde, la girafe fléchit ses pattes avants pour épancher sa soif ou pour brouter. Avant de commencer ce moment fatidique, la jeune girafe doit apprendre à vérifier son environnement, scruter l’absence de prédateur. Malheureusement, un crocodile peut surgir et l’emporter dans les eaux, mourant noyer sous les yeux de sa mère impuissante. Cette situation délicate pour la girafe se répète tout les trois jours en présence d’eau en abondance.

La jeune girafe est sevrée à partir de son troisième mois et quitte sa mère entre son douzième et seizième mois.

La niche écologique unique de la girafe

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Girafe mangeant des feuilles d’acacia, image de slawek-k (unsplash)

Ces épreuves passées, la girafe commence à se nourrir par elle-même, trouvant ses besoins en calcium, en protéine et une grande quantité de son apport en eau dans sa nourriture. Les acacias de la savanes sont ses plats de prédilection, mais elle mange aussi des fleurs, des germes et des fruits. La jeune girafe grandit, jusqu’à atteindre la cime des arbres. Elle mesure maintenant dans les cinq mètres au garrot, pour un poids de 700 kilogrammes.

Elle tente d’attraper les feuilles d’acacia les plus appétissantes avec sa longue langue bleue pour les racler, ne possédant pas d’incisive sur sa mâchoire inférieure. Pour obtenir son repas, la girafe doit faire attention aux longues aiguilles et épines, ainsi qu’aux sécrétions de sèves urticantes. Mais ce ne sont pas les seuls armes de l’acacia, il possède une stratégie supplémentaire, une armée de protection. Une alliance avec une fourmi qui viennent piquer la girafe lorsqu’elle s’y attaque.

Il arrive aussi que la girafe broute et même qu’elle le fasse tranquillement couchée, lui évitant de se baisser totalement pour accéder à cette nourriture. Zarafa pâture les trois premières heures et les trois dernières du jour. Le reste du temps, les heures les plus chaudes, la girafe les passe pour le repos et la rumination.

Elle mâche sa nourriture, l’avale avant qu’elle ne se retrouve à nouveau dans sa bouche. Zarafa a alors régurgité son repas pour le mâcher une nouvelle fois.

Être grand, un avantage et un inconvénient

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Girafe en train de boire. Steve Garvie from Dunfermline, Fife, Scotland [CC BY-SA 2.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/2.0)]

À chaque fois qu’elle doit aller boire, Zarafa vérifie les alentours, son regard se porte alors sur un horizon de près de huit kilomètres à la ronde. Elle s’assure alors de l’absence de prédateur et surtout des lions qui sont ses principaux ennemis. Mais se trouvant dans la force de la jeunesse, elle pourrait en tuer un d’un simple coup de sabot. De jours comme de nuit, elle ne ferme pas l’œil, littéralement, ne faisant que des micro-siestes de quelque minutes. Zarafa se retrouve qu’avec la moitié de son cerveau en fonctionnement.

Durant la journée, Zarafa peut profiter d’un service offert par des oiseaux, le pique-bœuf à bec jaune. Ils viennent sur son flanc trouver des tiques avec une recherche minutieuse avec leurs becs jaunes. Ces oiseaux lui sont aussi utile lorsqu’elle se blesse, retirer les parasites qui se trouvent dans sa plaie. C’est un bon contrat gagnant-gagnant, même s’ils peuvent empêcher une blessure de se refermer pour continuer à prendre son sang.

Tout au long de sa vie, elle appartient à un groupe très large formé par un lien matrilinéaire, une communauté. Les groupes se forment et changent sur une zone large en fonction de la disponibilité de la nourriture. Mais celui qui dure le plus longtemps sont les groupes de femelles avec leurs petits. À contrario, les mâles vivent principalement une vie de solitaire, même s’ils peuvent rejoindre temporairement un groupe de femelle.

La reproduction chez les géants

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Girafes pendant l’acte de reproduction. © Hans Hillewaert

Puis vint le moment où elle doit assurer la pérennité de l’espèce, Zarafa a alors quatre ans. Les mâles se sont battus entre eux pour déterminer ceux qui auront le privilège de se reproduire. Ils utilisent leurs longs cous pour propulser leurs têtes dans un mouvement circulaire.

C’est un jeune mâle de sept ans qui vient tout juste de s’imposer, montrant la force de son patrimoine génétique. Il lui montre son infection en lui donnant de nombreux coup de langue sur sa queue. Il peut aussi poser sa tête et son long cou sur son corps, ou aussi la pousser. Mais avant de faire tout cela, il a goûté l’urine de la girafe pour savoir si elle était en œstrus. Les mâles ont une préférence pour les jeunes femelles plutôt que les vieilles dames.

Une nouvelle génération de girafe

Le moment venu, le jeune mâle monte sur la femelle, tenant sur ses pattes arrières, tandis que celle de devant se tiennent sur ses côtes. Le jeune mâle garde le cou droit durant l’accouplement. Après 18 mois, Zarafa donne naissance à son tour à un petit. Répétant son histoire avec son propre girafon, devant protéger une autre vie en plus de la sienne. Elle donne naissance tout les deux ans, ses petits ayant plus de chance de survivre durant les saisons sèches. Avec le temps, les mâles s’intéressent à elle de moins en moins souvent, avançant dans l’âge.

Elle atteint le bel de vingt ans. Elle a la chance de mourir tranquillement entre les siens. Ou bien, devenu faible, une proie pour son ennemi, le lion, et bien d’autre prédateurs, comme la hyène tachetée, le léopard, ou le lycaon, ce n’est pas ce qui manquent dans la savane africaine.

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Les girafes présentes sur Histoire de Compagnie

  • Zarafa, la première girafe de France. Découvrez les raisons de sa venue, le périple qu’elle a connu jusqu’à sa rencontre avec la plus haute autorité française de l’époque.

Anecdote sur la girafe

  • Son plus proche parent est l’okapi (deuxième espèce de la famille Giraffidae).
  • Elle est l’espèce la plus grande du règne animale.
  • Son système sanguin a inspiré les combinaisons anti-G.
  • Elle peut réguler sa température.
  • Elle ne que d’un seul œil, pas plus de quatre minutes à chaque fois.
  • Les naissances de jumeau sont possibles mais rares.
  • Elle est le seul animal à ne pas pouvoir bailler.

Sources

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