Le chimpanzé Ham, le premier astronaute

chimpanzé - Ham

Ham, le premier chimpanzé de l’espace. Image issue du Musée national de l’air et de l’espace.

Les États-Unis veulent rattraper leur retard sur la conquête spatiale, pour le moment mené par l’URSS. Les Américains créent la NASA (National Aeronautics and Space Administration) le 29 juillet 1958 en réponse aux réussites russes. En effet, ces derniers ont envoyés le premier objet dans l’espace mais aussi le premier être vivant, la chienne Laïka. La réponse américaine est le chimpanzé Ham.

C’est le programme Mercury qui permettre aux Américains de réaliser leur objectif, envoyer le premier Homme dans l’espace. Le choix se porte alors sur les chimpanzés, car ce sont des animaux intelligents et dociles. Leur proximité dans l’arbre de l’évolution avec l’Homme permet un fac-similé raisonnable. De même, le temps de réaction est suffisamment proche, 0,7 secondes pour le chimpanzé, 0,5 secondes pour l’Homme. Enfin, cela fait longtemps que les chimpanzés sont présents dans les laboratoires, permettant une connaissance approfondie de leur physiologie.

Un orphelin en route pour l’espace

Le chimpanzé Ham naît dans une forêt du Cameroun français en 1957. En hiver, alors qu‘il vit normalement sa vie de jeune chimpanzé, fermement accroché au pelage de sa mère, des trappeurs le capture. Tous les adultes finissent en simple morceau de viande tandis qu’ils vendent les plus jeunes aux marchés.

Il finit par arriver dans un élevage d’oiseaux rares en Floride. Ham y reste jusqu’en 1959, avant d’être acheté par l’US Air Force pour son programme spatial Mercury. Le jeune chimpanzé a alors deux ans, dans la nature, son sevrage n’est pas complet. Il aurait dû passer encore deux ans auprès de sa mère.

L’entraînement d’un astrochimp, le chimpanzé astronaute Ham

chimpanzé - Ham - entraînement

Ham, pendant une séance d’entraînement, attaché à son siège. Image du blog morbidology.com.

Dans le programme, Ham porte le nom de chimpanzee #65. Le but est de limiter tout attachement émotionnel avec le personnel, il n’est qu’un simple objet, une expérience. Quarante chimpanzés se trouvent avec lui, des mâles comme des femelles. En plus des habituels exercices avec exposition à des forces G, le chimpanzé doit apprendre à tirer des leviers.

Durant tout l’exercice, le chimpanzé Ham ne peut pas bouger, fermement attaché à son siège. Les techniciens relient la paume de ses membres inférieurs à des fils électriques. Tandis que son buste et sa tête sont bloqués au niveau du cou, ne lui permettant que de la tourner pour boire dans un réservoir.

S’il répond bien à une association de son et de lumière, il reçoit des pastilles de bananes. Dans le cas contraire, c’est une punition qui l’attend. Ham reçoit alors des légères décharges électriques par la plante des pieds. À force, le chimpanzé se met à taper frénétiquement sur la molette pour obtenir la récompense et éviter la punition puisqu’il doit aussi répondre dans un temps limité, cinq secondes.

Les raisons de sa sélection

Le temps passe, le moment de prendre son envol vers l’espace arrive. Ainsi le nombre de chimpanzés diminue, de quarante, il passe à dix-huit, puis à six. Le 2 janvier 1961, les six « élus » partent pour le Cape Canaveral en Floride. Arrivé là-bas, Ham ne se retrouve qu’avec deux autres chimpanzés. Séparés en deux groupes, pour limiter les risques de contagions. Pendant trois semaines, les chimpanzés réalisent 29 séances entraînements au cours des trois dernières semaines. Ce sont toujours les mêmes exercices de coordination.

Le 30 janvier 1961, le choix n’est pas encore arrêté. Ce qui fait pencher la balance, c’est la bonne humeur et l’agitation dont fait preuve le chimpanzé Ham lors de son examen physique. Il est alors choisi pour être celui qui partira dans l’espace, un choix est aussi fait pour un remplaçant. Le compte à rebours commence pour les deux chimpanzés.

Les derniers moments du chimpanzé Ham avant le décollage

Dix-neuf heures avant le décollage, leur régime alimentaire se voit adapté, dans le but de limiter la quantité de selle. Ils mettent des capteurs pour recueillir le rythme cardiaque, la pression et la température. Sept heures et demie avant le départ, Ham subit un deuxième examen physique, ainsi que des tests sensoriels et psychomoteurs.

chimpanzé - Ham - retour sur Terre

Ham, à son retour de l’espace, serrant la main d’un gradé américain. Image du blog morbidology.com.

Quatre heures avant le lancement, les techniciens habillent les deux chimpanzés, puis l’installe dans le siège de leur module. Il est recouvert des derniers éléments du module, puis scellé et pressurisé. Une heure et demie avant le départ, Ham monte dans l’ascenseur vers son destin imposé. C’est dernier moment de liberté, Ham peut les voir par les deux vitres en plexiglas de son module

Le voyage du premier chimpanzé de l’espace, Ham

Les techniciens introduisent le chimpanzé Ham dans l’espace prévu de vaisseau Mercury n°5, sa capsule est fixée, les derniers visages disparaissent une fois la porte scellée. Il est maintenant seul face à l’épreuve qui lui a été imposé, pour permettre de vérifier une hypothèse. Le décollage a lieu, son rythme cardiaque passe de 140 à 200 battements par minutes. Le bruit est assourdissant, vibrant dans tout les sens, en plus de subir l’accélération du décollage. Arrivée à la bonne altitude, le vaisseau Mercury se détache normalement le 31 janvier 1961.

Le destin s’acharne sur le premier astronaute

Néanmoins, un incident vient bouleverser le reste du voyage de Ham dans l’espace. Une trappe se détache, dépressurisant le vaisseau, tout l’air s’échappe pour laisser place au vide. Mais Ham se trouve dans sa capsule qui le protège de cet incident. Il réalise alors les exercices, les même que sur Terre, enclencher un levier pour avoir une récompense. Point de pastille de banane, ce sont des décharges électriques qu’il reçoit, alors qu’il donne les bonnes réponses. L’incident a endommagé le fonctionnement normal du système de récompense et de punition.

Le chimpanzé reste dans l’espace pendant 6,6 minutes, subissant l’apesanteur, avant le retour sur Terre. L’incident précédent vient encore perturber son retour. L’amerrissage se fait à 422 kilomètres de la base au lieu des 290 kilomètres prévus. L’eau commence à s’infiltrer dans le vaisseau Mercury, tout comme la peur dans l’esprit de Ham. Enfin, un hélicoptère arrive, 27 minutes après, mais ce n’est pas encore le moment de liberté pour lui. Il doit encore attendre l’arriver sur le navire tout proche, où l’hélicoptère le dépose le plus doucement possible sur le pont. Le personnel le déplace et enfin, les hommes le laisse respirer l’air de l’océan. Les visages s’amassent autour de lui, jusqu’à l’arrivée d’un homme en blousse blanche.

Les remerciements de la nation américaine

chimpanzé - Ham - squelette

Le squelette du chimpanzé Ham. Image du blog morbidology.com.

Ce dernier lui prend la main, Ham peut enfin s’exprimer, mais tout ce qui l’intéresse est son état physique et non le traumatisme de son voyage. Le chimpanzé a une légère blessure au nez, et il ne veut plus lâcher les mains qui se présentent à lui. Tournant la tête dans tout les sens à la recherche de quelque chose ou de quelqu’un. Ce n’est qu’une fois sa mission terminée qu’il se fait officiellement appeler Ham.

En remercie de son service rendu à la nation, c’est un enfermement, seul. Il  reste pendant vingt ans dans le parc zoologique de Washington. Le chimpanzé n’a personne avec qui échangé, avoir des contacts, sauf quand ses soigneurs passent pour le nourrir et le rentrer. Ham est ensuite transféré au zoo de Caroline du Nord, où enfin, il peut se mêler à d’autres chimpanzés.

Après la solitude d’une cage, celle d’un tiroir

Il décède le 19 janvier 1983, à l’âge de 20 ans, alors que les membres de son espèce peuvent espérer vivre le double. À sa mort, sa peau est bourrée pour être exposée. Enfin, c’était ce qui été prévu, avant que l’opinion publique ne s’en mêle.

Après être incinéré, ses cendres se voit enterré sous une plaque au temple de la renommée de l’espace international à Alamogordo, au Nouveau-Mexique. Mais ce qui s’y trouve sont uniquement ses tissus mous. Ses os se retrouvent au musée national de la santé et de la médecine à Washington, entièrement désarticulé, rangé dans un tiroir.

Découvrez d’autres biographies d’animaux qui n’auront connu que l’enfermement. Ainsi, l’hippopotame Komir n’a connu que la vie dans un zoo avant qu’un incident change tout. Mais aussi, le pigeon Kaiser qui a été fait prisonnier pendant la première guerre mondiale. Enfin, l’orque Tilikum, rendu responsable de trois crimes.

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Ce que retient l’histoire du chimpanzé Ham

Il est le premier singe et le premier hominidé a être allé dans l’espace.

Média

Les références à l’histoire des chimpanzés dans l’espaces sont présentes dans de nombreuses œuvres. C’est le cas d’un film Disney (1967), des Simpson (1994), ainsi que des films hollywoodiens comme Race to space sorti en 2001. En 2007, un documentaire raconte son histoire, Ham, un chimpanzé de l’espace. Même si certains éléments sont faux, tel que le moment où il se fait appeler Ham. En 2008, un groupe de flok-rock de Portland chante son histoire de son point de vue, Ham the Astrochimp. Dans la même année, un film d’animation sort au cinéma, Space Chimp, l’un des personnages se veut être le descendant de Ham.

Sources

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