Le chien Togo, un héros oublié

chien - Togo

Togo, chien héros oublié. Wynford Morris [CC BY-SA 3.0 (https://creativecommons.org/licenses/by-sa/3.0)]

En 1925, la diphtérie touche le village de Nome. Mais malheureusement, en plein hiver, il n’y a aucun moyen de délivrer le sérum, les terres sont enneigées, le vent est trop fort, tandis que la mer est gelée. Un système de relais de musher est mis en place, partant de deux points différents. De Nenana, lieu où était arrivé les doses de sérums anti-diphtérique, après un voyage en train à Anchorage. Le second point de départ est Nome, un trajet de 1.014 km la sépare de Nenana, neuf jours étant le record d’un aller-retour. Mais dans les conditions de froids, le paquet de sérum ne peux que tenir six jours. Ce trajet pour sauver une ville se nomme la grande course de la miséricorde, ou simplement la course au sérum.

Sa vie avant la course au sérum

Togo naît le 17 octobre 1913, sa mère se nomme Dolly et son père Suggen, le leader actuelle de traîneau, le chien de tête. Il ressemble à un husky de Sibérie mais par son père, il a du sang de malamute d’Alaska. Malheureusement,  le jeune chien développe un trouble de la gorge douloureux, recevant un médicament, mais aussi un traitement différent des autres chiens. La femme de Seppala s’occupe de lui, lui donnant les soins nécessaires à son rétablissement. Elle met des chiffons chauds sur sa gorge pour diminuer la douleur.

Très vite, Togo montre un caractère audacieux et tapageur, à tel point qu’il est considéré comme un chien délinquant. En effet, à chaque fois que Seppala attache une équipe dans le chenil, Togo vient les attaquer. Leurs mordants les pattes des chiens alors qui viennent enfin se reposer.

Destiné à une autre vie…

chien - Togo

Togo, en attente de reprendre le voyage. Image issus de workingdogweb.com

À six mois, le chien Togo doit devenir un chien de compagnie et non plus un chien de traîneau. Cela, il le doit à son mauvais caractère, alors qu’il en possède le physique. Togo reçoit beaucoup d’attention de sa nouvelle maitresse mais cela ne lui convient pas. Après quelque semaine, Togo retourne au chenil où il est né, avec Sepalla. Pour cela, il brise une vitre et parcours plusieurs kilomètres de son domicile d’accueil. Les huskys sont une race qui se rapprochent beaucoup du loup par son comportement, vivant notamment dans un groupe avec une hiérarchie bien établie.

Le jeune chien est repris par Seppala mais il reprend aussi ses mauvaises habitudes, harceler les autres chiens et cela, à chaque fois qu’il se libère. Togo s’attaque à chaque fois au chien de tête, mais un jour, il s’en prend au mauvais leader. Celui d’une équipe de malamutes endurcis, ces derniers l’attaquent et le mutilent, lui faisant perdre irrémédiablement un morceau de son oreille gauche. Cette mauvaise expérience le marque pour le reste de sa vie, une règle qui lui aurait dû apprendre en tant que chien de traîneau.

mais le chien Togo fait un choix différent

Quand Togo a environ huit mois, Seppala part en traîneau à Dime Creek avec un prospecteur de mine, à 260 kilomètres de Nome. Il attache le jeune chien pour l’empêcher de le suivre et devait le rester pendant deux jours. La nuit même, Togo se libère et saute la clôture du chenil d’une hauteur de deux mètres. Mais dans sa tentative d’évasion, il se coince une patte arrière dans le grillage. Le chien Togo se met à japper et à aboyer, avant qu’enfin quelqu’un vienne le libérer. Il  se met immédiatement à courir sur la piste de Seppala.

chien - Togo - musher Seppala

Togo porté par Seppala. Image issus du site Time.

Le chien Togo court de nuit pour rejoindre le relais routier de Salomon, là ou les chiens et Seppala se sont arrêtés. Il se repose, attendant que les autres reprennent leur voyage. Togo va à leur rencontre, s’en prend au leader, comme à son habitude, lui mordillant les oreilles. Il tente aussi d’entraîner les autres chiens vers des rennes. Le jeune chien se fait attraper par Seppala qui l’attache avec les autres. D’un seul coup, Togo change d’attitude, du chien turbulent, il devient sérieux. La tugline, la corde, se tend enfin et Togo suit le sentier sans poser de problème. Il est enfin là où il voulait être.

L’ascension du chien Togo dans l’attelage

Ainsi, tout au long de la journée, Togo change de place dans l’attelage, jusqu’à arriver devant avec Russky, le chien leader. Il parcourt 75 kilomètres lors de son premier jour en traîneau, alors que Togo est totalement inexpérimenté. Cela lui valu l’admiration de Seppala, qui le considère comme un prodige depuis ce jour. Le jeune chien grandit, gagne de l’expérience, participant aussi à diverses courses de traîneau.

Une fois adulte, Togo est bien plus petit que les chiens de sa race, pesant que 22 kg. Sa fourrure lui donne toujours un aspect sale, et ses yeux sont bleus clairs, souvent comparé à la glace. À 4 ans, en 1917, Togo devient le chien de tête du traîneau de Seppala. C’est durant cette même année qu’il sauve la vie d’un homme qui s’est gravement blessé dans une scierie. Malgré le froid et la tempête de neige ainsi que la fatigue, il amène l’homme à l’hôpital à 100 kilomètres du lieu d’accident, encore en vie.

La course du sérum, vécue par le chien Togo

chien - Togo - musher Seppala - course au sérum

Togo et Seppala, photo prise peu de temps après la course au sérum. Image issus de Baltotruestory.com

Le 28 janvier 1925, lors de la grande course de la miséricorde, Togo à douze ans, un âge avancé pour un chien de traîneau. Il partage la tête du traîneau avec son demi-frère Fritz. Les chiens doivent passer par le Norton Sound, une zone d’océan prise dans la banquise durant cet hiver le plus froid depuis 25 ans. C’est une zone dangereuse entre la glace qui se fissure sous leurs passages, le vent glaçant pouvant atteindre -73°C avec une vitesse 110 km/h. C’est Seppala qui est choisi au vu de son expérience tout comme Togo comme chien de tête.

Togo et les autres chiens parcourent 270 km en trois jours. Le 31 janviers 1925, un autre musher et ses chiens sont à l’arrêt. Un homme se met à leur courir après. C’est la personne qui doit transmettre le sérum ne cessant de le spécifier, décidant Seppala à stopper le traîneau. C’est un changement de plan puisqu’ils se dirigent à Nulato. Sur le chemin du retour, la nuit tombe et un vent fort s’abat sur Norton Sound. Sepalla décide de prendre le risque de traverser, faire le tour ferait perdre du temps. Lorsque Togo et les autres arrivent près du lieu de repos, un vent glaçant s’abat sur eux, -65°C. Lorsqu’ils arrivent à 20 heures sur le lieu de repos, l’épuisement est total pour Togo et les autres, mais le temps presse et ils ne peuvent se reposer que pendant six heures.

Les derniers kilomètres de la course

Le 1 février 1925, la tempête de vent est devenue une tempête de neige, les chiens ne peuvent qu’à peine percevoir le bout de leurs nez. Mais Togo tient le cap, jouant son rôle de chien de tête. Le vent souffle à 105 km/h, poursuivant leurs périples sur la banquise, qui disparue après leur passage. Le Togo et ses compagnons doivent encore passer un dernier défi, une crête de treize kilomètres avec une pente abrupte. Les chiens sont exténués, ils n’ont pratiquement pas dormis alors qu’ils ont parcourus 420 km en quatre jours.

Le sérum transmis à la dix-neuvième équipe, les chiens peuvent enfin se reposer, avant de rentrer à Nome. Le chien de tête Togo mène son groupe vers la ville. Mais sur le chemin de retour, le parfum d’un renne apparaît sur le sentier. Togo, ainsi qu’un autre chien, ne peuvent y résister, se libèrent avant de partir à sa poursuite. Les autres sont contenus par Seppala et part sans les attendre. Les risques sont importants pour les deux chiens. Ils peuvent être pris pour des loups et se voir fusiller par un chasseur. Ou bien se prendre les pattes dans un piège à renard. Quelques jours plus tard, Togo et son compagnon de fugue rentrent à Nome sans égratignures.

La vie du chien Togo après la course au sérum

Malgré les prouesses des chiens et de Seppala, ils ne reçoivent pas les mérites qu’ils devraient. Un autre chien de tête les obtient à leur place, le chien Balto, leader du vingtième relais. Alors que Togo et les autres chiens ont, non seulement parcouru la plus grande distance mais aussi la plus dangereuse. De même, tout les autres chiens qui ont participé avant lui, font parti des héros oubliés de la grande course de la miséricorde.

chien - Togo - retraite

Togo profitant de sa retraite. Image issue de findery.com

En octobre 1926, le chien Togo, ainsi que son demi-frère Fritz, Seppala et ses compagnons de route se rendent à Seattle. Ils rassemblent de nombreuses personnes lors d’évènements se passant dans des stades ou des magasins. Lors de leurs passages à New York, Togo traverse la cinquième avenue et Central Park. Le groupe passe aussi à Madison Square Garden, où Togo reçoit une médaille d’or de la part d’un grand explorateur des pôles, Roald Amundsen.

En Nouvelle-Angleterre, le chien leader Togo participe à des courses de traîneaux contrent des chinooks, une race plus rare de chien de traîneau. Il gagne facilement, avec une grande marge, malgré un mauvais départ, ayant l’avantage du poids, cette race étant plus lourde.

Une fin vie au coin du feu

Avec le temps, le nombre des compagnons canins de Togo diminuent, vendus dans des chenils, maintenant que la race husky est populaire. En mars 1927, Togo et Seppala se séparent. Ce dernier le laisse à Poland Spring dans le Maine avec une autre musher. Le vieux chien met sa patte sur le genou du Seppala, mais il ne peut pas le suivre. Cela est son lieu de retraite, s’accouplant de nombreuses fois pour devenir l’un des pères des huskys de Sibérie actuels. Le chien Togo se voit rattraper par la vieillesse, avant d’être euthanasié le 5 décembre 1929.

Par la suite, la peau de Togo est montée puis exposée dans un musée à Shelburne dans le Vermont. Après une campagne de lettre d’étudiant, c’est en Alaska qu’il se trouve exposé, dans le musée de la course de chien à Iditarod Trail. Ses os ont aussi été conservé, présent dans les collections du musée d’histoire naturelle Peabody à l’université de Yale.

Découvrez la vie que Togo aurait pu avoir si il n’était pas revenu dans le chenil de Seppala, celle d’un chien errant. N’oubliez pas de laisser un commentaire. Que ce soit pour faire connaître votre avis où améliorer les biographies et les articles d’Histoire de Compagnie. En vous remerciant de cette lecture et d’avoir découvert cette histoire. Vous pouvez aussi lire la biographie de bien d’autre héris. Tel que le pigeon Cher Ami qui a permis de sauver de nombreuses vies dans les tranchées.

Ce que retient l’histoire du chien Togo

Il se trouve dans l’ombre de Balto, une erreur de l’Histoire qui restera certainement ainsi. Tout comme les autres chiens qui ont participé à ce relais pour sauver la ville de Nome.

Média

Un film live est sorti sur le service Disney + en novembre 2019, avec Willem Dafoe jouant le musher Seppala. Pour lire la critique du film, cliquez ici. Togo apparaît dans le livre The race to Nome publié en 1963, qui retrace l’histoire de toutes les équipes, dont celle de Balto.

Sources

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2 réponses

  1. Un biographe amateur dit :

    Vous vous demandez certainement pourquoi deux chiens partagent le même commentaire. Au final, c’est assez simple, ils ont fait en même temps,car ils partagent le même moment historiques, la course au sérum. Mais au même temps, c’est assez cocasse, puisque seul Balto devait avoir une biographie, et pas Togo, tout simplement parce que je le connaissais pas. C’est durant les recherches sur Balto que Togo est apparu, même si il ne faut pas oublié les 100 autres chiens.

    Au début, j’ai été surpris de tomber sur ce second chien qui avait aussi marqué cet évènement. Le vrai problème est qu’une source que je pensais assez viable, m’a mis un gros doute, puisque les deux chiens étaient devenu le même. Ce site, c’est animalwised.com, mais il existe aussi en français, sous le nom de planèteanimal.com. Même si le site d’origine semble être espagnol, expectoanimal; Ce dernier a simplement fait une traduction du site espagnol. Si cela me chagrine tellement, c’est surtout parce que ce site a servi de base pour la biographie de Koko, alors autant dire que cela remet tout en cause, lors de l’écriture, je n’avais pas remarqué d’incohérence, mais une vérification s’impose.

    Passons ce petit constat, j’ai décidé de faire les deux biographies en même temps. Cela me permettait de voir l’histoire dans son ensemble, d’être cohérent entre les deux biogaphies animales. D’autant plus que Togo se situait avant dans la course au sérum, alors le faire paraître après sur le blog était étrange pour moi. Dernier point, la source pour Balto et Togo est la même, un site est entièrement destiné à cette course. Un troisième chien apparaît notamment sur le site, le demi-frère de Togo, Fritz, tout comme le nom des compagnons de Balto.

    Une autre raison était la possibilité de faire un parallèle entre leurs deux vies, l’un était considéré comme un prodige restant dans l’ombre, l’autre était vu comme un râté apparaissant à la lumière. Il en est de même pour le fin de vie, Togo n’a jamais eu la gloire mais a eu une vie bien plus heureuse. Tandis que Balto aura subi les effets pervers de la célébrité, devenant une attraction. Voilà, au final tout était résumé dans le titre de ce petit commentaire. Sur histoire de compagnie, la même importance leur est donné, un seul commentaire, pour deux chiens exceptionnelles. Sans oublié tout les autres chiens qui ont participé et perdu la vie pour sauver une petite ville d’Alaska.

  2. Didier dit :

    belle histoire, le film touchant et emportant, émotionnellement surtout .

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