Le chien Stubby, promu sergent par le web

Stubby, chien promu sergent par le web. Image d’Atlasobscura.com.

Les chiens de guerre sont présents depuis l’Antiquité. Durant la première guerre mondiale, les Américains ne possédaient pas de programme de chien de guerre. Même si ces derniers en avaient utilisé par le passé, durant la guerre de Sécession. Ce qui n’était pas le cas des Allemands et des Autrichiens qui avaient une culture cynophile. La France mis en place son programme de chien de guerre en 1915, mais toujours avec la logique de l’animal-machine.

Le chien errant qui devient un atout dans les tranchées

Stubby naît quelque part dans la ville de New Haven durant l’année 1916. Son physique était assez proche des Bostons Terrier, la race n’en étant qu’à ses débuts. Le jeune Stubby est alors un chien errant, devant trouver seul sa nourriture, ne comptant que sur son flair et son audace.

Sa vie avant les champs de bataille

Durant le mois de juillet 1917, le jeune chien se promène près du campus de l’université de Yale. Il y découvre des hommes en train de s’entraîner pour la guerre qui se passe en Europe. C’est la 26e division d’infanterie du 102eme régiment, surnommé Yankee.

Stubby avec son grand manteau, arme à l’épaule. Image du blog istilllovedogs.com.

Alors qu’il est certainement en recherche de nourriture, un tel rassemblementdevant produire une bonne quantité de déchet, il aurait certainement quelque chose à se mettre sous la dent. Mais il se fait repérer et attraper par l’un des soldats en entraînement, le caporal Robert Conroy. Ce dernier se laisse attendrir par cette boule de poils et finit par le nommé Stubby, en rapport à sa petite queue trapue.

Le chien Stubby n’a alors plus besoin de faire les poubelles, le caporal et les soldats de la caserne lui donne une gamelle. Il peut même profiter de la chaleur de ce lieu de vie, bien loin de la fraîcheur de la rue pendant la nuit. Stubby montre aussi une grande intelligence, déjà que pouvoir vivre sans maître dans la rue le prouvait déjà. Le jeune chien répond au clairon et réalise les manœuvres avec les hommes, sans véritable dressage.

Cela pourrait simplement se résumer à cela ! Mais la suite de son histoire pourrait montrer une intelligence bien plus profonde.

Le chien Stubby, mascotte clandestine

Stubby arrive en France de manière clandestine, il n’est pas officiellement dans l’armée entant que chien de guerre. C’est le caporal Robert Conroy qui l’a emmené avec lui, ne voulant pas s’en séparer. Le jeune chien est alors enroulé dans un manteau pour passer inaperçu, même si cela est un échec. Le supérieur du caporal se rend compte de sa présence, mais il se fait immédiatement attendrir par Stubby. En effet, ce dernier met sa patte au niveau de son museau, rappelant le salue des militaires. Le supérieur hiérarchique autorise sa présence, officiellement, Stubby n’est toujours pas un chien de guerre. Mais il devient néanmoins la mascotte de la 26e division d’infanterie.

Dans les premiers temps, Stubby permet de remonter le moral des soldats sur le front. Mais en février 1918 dans le Nord de Soissons, Stubby et son bataillon se retrouvent sous les feus continus de l’artillerie et des soldats embusqués. À la fin de ce même mois, le jeune chien fait la rencontre de la mort. Une attaque à l’arme chimique est lancée par les allemands sur sa position, le petit chien s’en retrouve fortement intoxiqué.

Stubby et la survie des soldats

Photographie de Stubby avec Conroy en France en mars 1914. Image de Curieusehistoire.com.

Le gaz moutarde, cette faucheuse invisible, provoque une grande détresse respiratoire. Ainsi qu’une cécité temporaire tandis que la peau donne l’impression de s’enflammer. Dire que d’autres animaux, dont des chiens, ont été sacrifié pour ça mis au point. Mais cela n’arrête pas le petit chien Stubby, il revient sur le front après des soins et du repos. Maintenant, il connaît l’odeur du gaz moutarde et sait ce que cela fait, l’ayant lui-même expérimenté. Il avertit ainsi chacun des soldats, courant dans les tranchés, se mettant à l’abri. Stubby ne se fera plus jamais prendre par le gaze moutarde, sauvant du même coups de nombreux soldats.

Le chien n’utilise pas que son flair pour détecter le poison, il utilise aussi ses oreilles. En effet, Stubby prévient, en aboyant, ses camarades humains qu’une attaque aérienne arrive sur eux, les mettant à l’abri. De même, les tires d’artilleries ne passent pas inaperçu pour ce petit chien. De nombreux soldats lui doivent la vie, lui qui a fait le lien entre ses sens et le dangers de mort.

Lors de moment de calme, Stubby va dans le No Man’s Land, la zone se trouvant entre les deux lignes de tranchés. Mais c’est loin d’être une promenade, les ennemis sont toujours à l’affût de mouvement et le chien peut devenir une cible. Sa petite taille lui permet alors d’aller à la rencontre des soldats blessés. S’ils peuvent marcher, il les ramène au camp, dans le cas contraire, le chien Stubby aboie pour signaler sa position à ses alliés.

La légende raconte que le chien Stubby pouvait distinguer l’anglais de l’allemand, pas impossible, elles ont des intonations différentes après tout. Information qui peut avoir son importance pour un autre moment de sa vie.

Malgré les blessures, rien ne peut l’arrêter

Au cours du mois d’avril 1918, une grenade allemande touche le chien Stubby durant l’assaut de la ville de Schieprey. Les éclats se logent dans sa poitrine, il survit mais doit être opéré en urgence. L’opération se fait dans un hôpital de campagne. Durant sa convalescence, Stubby remonte le moral des soldats blessés. Quelque mois plus tard, le chien repart au front et fait une forte impression aux Françaises.

Stubby participe à la libération de Château-Thierry et en remerciement, les Françaises lui confectionnent un vêtement de chamois blanchi décoré des drapeaux des pays alliés. De même, les soldats du 102eme régiment lui font un vêtement qui ressemble à celui des soldats. Stubby se retrouve avec les médailles que les soldats ont reçues. Se sentant reconnaissant de tous les services que le petit chien leur rend.

Stubby qui reçoit sa médaille de la main d’un général. Image de istilllovedogs.com.

En septembre 1918, le chien Stubby patrouille dans les tranchés durant la campagne de Meuse-Argonne. Il tombe alors sur un intrus, un Allemand en train de cartographier le refuge de ses alliés. Il commence à lui parler mais cela ne convint pas à Stubby et l’ennemi le comprend rapidement. Le soldat se met à courir après le petit chien hargneux qu’il n’a pas su amadouer. Stubby finit par le saisir par le mollet, il tombe au sol pendant que le chien maintient sa prise jusqu’à ce que les Américains viennent à sa rencontre. Stubby gagne une nouvelle médaille, celle du soldat allemand, sa croix de fer qui se trouve sur son uniforme.

Stubby, celui qui n’était pas un chien de guerre

La fin de la guerre arrive enfin et c’est le moment pour les soldats américains de repartir. Mais pour Stubby, cela n’est pas automatique et il doit repartir comme il est venu, clandestinement. Le chien est déjà connu pour ses faits d’armes, obtenant la légion américaine et des croquettes à vie. Mais il obtient un autre privilège, lorsque le caporal Robert Conroy est en tournée militaire obligatoire, Stubby peut alors aller dans les hôtels haut de gamme. En effet ces derniers font une entorse exceptionnellement à leur politique sur les animaux au vu de ses hauts faits de guerre.

Stubby a aussi le privilège de se rendre à la Maison Blanche, non pas une fois, mais deux fois, pour y rencontrer, non pas deux mais trois présidents différents. En 1921, il reçoit la médaille d’or de chien héros par un général qui l’accroche lui-même à son uniforme non-officiel. Stubby a alors participé pendant huit mois à 14 batailles et sauvé de nombreux soldats.

Après la guerre, Stubby continue de marquer les esprits

Le corps de Stubby à la Smithsonian Institution. Image d’Atlasobscura.com

Pendant que le caporal Robert Conroy fait ses études de droit en 1921, le chien Stubby devient une mascotte locale. Celle de l’équipe de football américain à l’université de Georgetown. Il assure alors le spectacle de mi-temps, courant après un ballon sur le terrain de football devant le foule. Une chose qui n’était pas faite avant, le chien Stubby est peut-être le premier à assurer ce genre de chose. Il est aussi présent des expositions canines sur la race du Boston terrier.

Stubby tire sa révérence le 16 mars 1926 à environ 10 ans dans les bras de son ami qui lui devait tant. Malgré qu’il soit mort, le corps de Stubby vit encore quelque péripétie. En effet, un taxidermiste œuvre pour que sa mémoire reste, sa peau se retrouvant sur un plâtre. Conroy le présente alors lors de réunion d’ancien combattant, ainsi qu’à d’autres occasions.

Une vie après la mort

Pendant une douzaine d’années, le corps du chien Stubby se trouve au musée de la Croix Rouge Américaine à Washington. Avant que Conroy le récupère en 1954. Durant la même année, il sort indemne d’un incendie résidentiel. C’est en 1956 qu’il arrive à sa dernière demeure, à la Smithsonian Institution. Il y reste en réserve jusqu’en 2004, où il apparaît dans une exposition permanente, notamment au côté du pigeon Cher Ami.

La vie de Stubby aurait pu être bien différente, en étant un chien errant dans la ville de New Haven. Bien d’autres animaux sont présents sur Histoire de Compagnie, tel que l’hippopotame Komir, ou bien le raton laveur Oreo. N’oubliez pas de laisser un commentaire. Que ce soit pour faire connaître votre avis ou améliorer les biographies et les articles de ce blog. En vous remerciant de cette lecture et d’avoir découvert cette histoire.

Ce que l’histoire retient de Stubby

Qu’il était sergent dans l’armée américaine, devenant plus gradé que son ami, le caporal Conroy. Il semblerait que ce soit internet qui lui donna ce grade, tout comme le fait qu’il était chien de guerre et un pitbull. La première ne peut être vrai, l’armée américaine n’ayant pas de programme de chien de guerre. La seconde ne peut se vérifier, le chien Stubby étant un chien errant.

Média

Une nécrologie dans le New York Times a été faite au moment de sa mort, représetant une demi-page. En mai 2014, Ann Bausum écrit deux livres sur le chien héros de guerre. Sergeant Stubby: How a Stray Dog and His Best Friend Helped Win World War I and Stole the Heart of a Nation et Stubby the War Dog: The True Story of World War I’s Bravest Dog. Les descendants ont dédiés une statue de taille réelle, nommé Stubby Salutes en mai 2018. Un film d’animation est sorti en mai 2019 se voulant à 90% vrai par rapport à la vie de Stubby.

Sources

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