Moustache, chien de guerre sous Napoléon

Moustache, chien de guerre sous Napoléon.

Carte d’identité

  • Nom : Moustache
  • Autre nom : Mous
  • Né en septembre 1799 en Normandie, France
  • Décédé le 11 mars 1811 en Espagne
  • Age : 11 ans
  • Espèce : chien (canis lupus familiaris)
  • Sexe : M

L’histoire vraie du chien Moustache

Le chien Moustache participa à de nombreuses batailles sous Napoléon. Découvrez ses faits d’armes dans des évènements célèbres entre vérité et mensonge.

Contexte

Suite à la Révolution française, une coalition de monarchie européenne s’organise. Le but est alors d’empêcher la propagation de république dans les états proches de la France révolutionnaire, voir de rétablir la monarchie. Napoléon, fort de ses victoires militaires sur les différentes coalitions, réussis à devenir le premier empereur de France en 1804. Par la suite, Napoléon repousse les frontières de la France par plusieurs guerres dans toute les directions.

Moustache et la brigade de grenadier

Moustache, quel drôle de nom ! Mais c’est à cela que fait penser la touffe de poils sur son museau de barbet. Il naît avec une fourrure noire, longue et bouclée dans une ferme normande près de Falaise en septembre 1799. Le jeune chien profite des grands espaces et de la compagnie de ses frères et sœurs, ainsi que d’autres animaux. Puis à l’âge de six mois, il doit quitter la ferme pour rejoindre la ville, où un nouveau maître attend Moustache, un épicier caennais.

Un jour, alors que Moustache se promène en ville, la musique résonne dans les rues, attirants le jeune chien noir. C’est une compagnie de grenadier qui défile au son des tambours. Le chien Moustache se rapproche allant même jusqu’à les suivre dans leur caserne de Caen. Les soldats l’adoptent, le nommant Moustache et devient la mascotte de la 40e demi-brigade d’infanterie de ligne.

Sa vie au sein de la demi-brigade

Ils lui apprennent des tours classiques pour un chien. Comme les soldats, il reçoit sa gamelle, ainsi que des surplus de la part de ses compagnons. Mais Moustache a vite compris que le cuisinier est son meilleur allié dans sa recherche de nourriture.

Le chien mascotte se trouve alors à l’entrée de la caserne avec la sentinelle. Il aboie dès que quelqu’un entre et sort. À chaque exercice et manœuvres des soldats, Moustache se trouve parmi eux, marchant à l’avant et aboyant joyeusement. Puis, à la fin, il revient à son poste, près de la sentinelle pour rependre sa surveillance.

Il se caractérise aussi par un excellent flair. Les soldats ont alors pris l’habitude de lui faire sentir un vêtement ou un objet appartenant à un soldat avant une sortie. Moustache se voit enfermé, attendant pendant une heure, toujours l’odeur dans la tête. Quand il est enfin relâché, il se précipite sur la piste du soldat, flairant le sol pour le retrouver. Quelle que soit la distance à parcourir, le chien Moustache arrive à les rejoindre à chaque fois.

Sa première guerre

Moustache marchant avec les soldats français.

En mars 1800, la demi-brigade reçoit l’ordre de rejoindre l’armée de réserve entre les villes de Dijon et de Genève. Moustache les suit dans leur périple, ouvrant la marche aux 1.800 soldats sur près de 550 kilomètres, aboyant régulièrement. Ils arrivent dans le début de l’avril 1800, attendant que les autres troupes de l’armée de réserve les rejoignent, comme prévu par le premier consul Napoléon Bonaparte. Leur but est alors d’éliminer tout obstacle sur l’avancé de l’armée.

Moustache et l’armée commencent l’ascension des Alpes pour rejoindre l’Italie et prendre ainsi en revers les ennemis de la France. Le chien arrive dans la nuit du 14 au 15 mai 1800 sur le col du Grand Saint Bernard se situant à 2.469 mètres d’altitude. Il fait partie des premiers arrivés, devant le premier consul Napoléon sur son mulet. La neige recouvrait le chemin alors qu’un précipice pouvait l’emporter au moindre faux pas. Après une pause, le chien Moustache reprit son chemin vers la vallée de l’Aoste en direction de la plaine de Pô.

Avant la bataille, Moustache veille

Le 13 juin 1800, la demi-brigade et Moustache se trouvent dans la vallée de Balbo près de la cité fortifiée d’Alexandrie. Mais durant la nuit, un détachement autrichien se trouve non loin de leur position. Moustache se promène autour du camp français au milieu des terres italiennes. Il réussit à repérer des Autrichiens qui tentent de s’infiltrer. Il file vers le campement en aboyant, les soldats français sortent de leurs sommeils et se précipitent, arme à la main, sur l’ennemi. Ils arrivent à les faire fuir, mais Moustache est blessé durant l’escarmouche par une baïonnette à l’épaule.

En récompense de son action, il a le droit à sa citation à l’ordre du jour du régiment, ainsi qu’un collier avec le nom de l’unité gravée. Ce n’est pas tout, il a le droit à une gamelle équivalent à la portion d’un grenadier. Et enfin, celui de se faire brosser une fois par semaine, après que ce dernier fut tondu pour repartir sur de bonne base.

Moustache accompagnant des soldats en chemin pour une prochaine bataille.

La bataille de Marengo

Le lendemain, le 14 juin 1800, la bataille de Marengon commence et les combats aussi dans l’immense plaine du Pô. Moustache est présent sur le champ de bataille, malgré qu’il boite. Moustache se tient près du porte drapeau de la demi-brigade et doit le protéger durant son propre combat contre un chien bien plus gros et féroce que lui, « un dogue autrichien ». Mais le combat entre les deux chiens est stoppé par une balle, tuant l’assaillant de Moustache. Lui-même reçut une balle, lui arrachant jusqu’à la racine l’une de ses oreilles.

Après cela, Moustache suit les soldats dans les différents combats qu’ils doivent mener. Le 25 décembre 1800 à la bataille de Pozzolo et le lendemain à Mozzembano. Jusqu’à la signature de la paix avec les Autrichiens le 9 février 1801, la demi-brigade reçoit l’ordre de rentrer en France, à Brest, le 22 mars 1801. Avant de rejoindre le domaine de Saint-Omer dans le Pas de Calais en 1803.

Moustache et la bataille d’Austerlitz

En septembre 1803, l’armée française est réorganisé, ainsi des nouvelles têtes composant le quatrième bataillon se rajoute. À la fin du mois d’août 1805, la grande armée, ainsi que la demi-brigade de Moustache se trouve en stationnement dans la Manche. Avant de se mettre en route le 2 septembre 1805 vers le Rhin. Le chien mascotte et les soldats traversent le fleuve le 30 septembre

1805. Même si à un moment donné, un soldat a tenté de le mettre en laisse. Mais Moustache aime sa liberté et arrive dans une compagnie de cuirassier.

 

Moustache ne cherche pas la compagnie des femmes et évite les étrangers ainsi que les bourgeois, préférant la compagnie des soldats français. Quelque jour avant la bataille d’Austerlitz, Moustache repère un soldat se confondant parfaitement avec les autres. Il se met à lui sauter dessus tout en aboyant. Au début les soldats trouvent cela marrant, mais se rappelant les faits d’armes de Moustache, ils le mettent aux arrêts. Moustache avait découvert un espion autrichien que nul n’avait soupçonné. En récompense de son acte, il profita d’une double gamelle ce jour-là

La bataille d’Austerlitz

Moustache tenant le drapeau de sa compagnie dans la gueule alors qu’il est blessé.

Le 2 décembre 1805, la bataille d’Austerlitz fait rage, tentant de contenir l’armée russe sur l’aile gauche de l’armée française. Le bataillon de Moustache charge à la baïonnette les Russes et réussit à passer leurs défenses. Encore une fois, le jeune chien protège le porte drapeau encerclé par les soldats russes. Mais Moustache ne peut pas le sauver, protégeant le drapeau des ennemis qu’il fige sur place par surprise.

Le temps suffisant pour que des tires français les mettent à terre. Il continue de protéger le drapeau, prenant le manche en bois, la hampe, dans sa gueule pour le rapporter à des soldats français. Le poids du porte étendard l’empêche de le prendre. À force d’effort, tirant dessus, le chien Moustache réussit à prendre l’objet de sa convoitise, le drapeau. Mais dans son parcours, une décharge de mitraille explose non loin de lui. Il se retrouve au sol, affaibli, le drapeau toujours dans la gueule.

La reconnaissance de ses actions pour la grande armée

Pour son acte de guerre, le chien noir reçoit à la place de son collier, un ruban rouge avec une médaille de cuivre avec écrit au recto. « Moustache, chien français : qu’il soit partout respecté et chéri comme un brave. » Tandis qu’au verso : « Perdit une jambe à la bataille d’Austerlitz, et sauva le drapeau de son régiment. » Maintenant qu’il est reconnaissable de tous les soldats, sa gamelle devait être assurée quelle que soit la compagnie dans laquelle il se trouve.

La mascotte du régiment est présentée à l’Empereur Napoléon. Malgré les honneurs, il doit faire des tours, sauter quand l’ordre lui est donné, faire le salut à l’armée. Malgré qu’il ne lui reste que trois pattes, ils continuent de suivre les soldats dans les campagnes qui suivent en Prusse en 1806 et en Pologne en 1807.

Le chien Moustache, chien européen

Moustache faisant des tours devant l’empereur Napoléon.

En juillet 1807, Moustache se trouve en Silésie, région de Pologne, avant de rejoindre l’Espagne le 30 novembre 1807, après une marche de 22 jours. À la fin de décembre 1808, Moustache arrive devant la ville de Saragosse. Les soldats français y mènent un siège jusqu’à sa reddition le 21 février 1809.

Ils lui sont reconnaissant des services qui leur rend, marchant devant en aboyant à chaque fois que quelque chose lui semble suspect. Malgré qu’il le fasse aussi durant les moments où il faudrait être discret, notamment lors des déplacements de nuit. Moustache avait fort du mal à se stopper. À plusieurs reprises, le chien ramène les chevaux des soldats morts au campement français.

Au mois de mars 1809, durant la Bataille d’Essling dans la ville de Vienne, en Autriche, Moustache fait la rencontre d’une caniche blanche. Cette dernière le suit dans le camp français, où les soldats l’acceptent. Pendant un an, ils vécurent ensemble, donnant naissance à des chiots mais il quitte après un évènement imprévu.

Un jour, un colonel se prend d’affection pour lui, tentant de le conserver uniquement pour lui. Il attache le chien vétéran, tentant désespéramment de se faire apprécier de Moustache. Mais ce dernier est habitué à sa vie de liberté, passant de garnison en garnison. Pendant dix-sept jours, Moustache réussit à se libérer puis s’échappe par une fenêtre.

Un soldat cuirassier lui aurait donné un coup de plat de sabre, entraînant son changement d’attache. Une fois encore, il change de compagnie, pour celle des dragons.

La dernière bataille de Moustache

Plaque en hommage de Moustache au cimetière pour les animaux à Paris

Le 26 janvier 1811, le chien mascotte est près de la ville de Badajoz où se trouve une garnison de 9.000 hommes très bien armé. Le campement s’est établie près du ruisseau le Calamon, mais la météo est affreuse durant plusieurs jours. Les balles partent dans tous les sens, sifflant dans les oreilles du barbet. Finalement, c’est un boulet de canon qui l’emporte, lui un vétéran de la grande armée. Moustache décède le 11 mars 1811, le jour même où la ville est prise.

Les soldats se regroupent autour de son corps sans vie, pleurant leur compagnon, la mascotte de leur bataillon. Lors de son enterrement, près du fleuve Guadiana, il reçoit les honneurs militaires. Le collier et la médaille restent avec sa dépouille sous une simple pierre plate, avec la phrase suivante. « Ici, repose le brave Moustache. »

Lors de l’inquisition espagnole, sa tombe est profanée, son corps brûlé. Ainsi en 1814, il ne reste que des cendres du chien Moustache, celui qui connut Napoléon Bonaparte.

Le 11 mars 2006, près de deux cents après, une cérémonie a lieu au cimetière des animaux de compagnie de Paris. Une plaque gravée s’y trouve dorénavant, « au chien Moustache, héros de la grande armée tué en Espagne le 11.3.1811. »

Des remarques, des précisions, laissez un commentaire. En vous remerciant d’avoir lu cette biographie, découvrez en beaucoup d’autres sur Histoire de Compagnie. Moustache n’est pas le seul à avoir rencontré un personnage historique célèbre. C’est ainsi le cas de la girafe Zarafa et de la tortue géante Harriet. Pour le découvrir rendez-vous sur leurs biographies personnelles.

Média

Moustache apparaît dans de nombreuses publications, mais seul trois livres anciens semblent conter son histoire. Kaléidoscope paru en 1826, The classic French reader: for the advanced students en 1864 et The Field Artillery Journal en 1937. Plus récemment, en mai 2019, Jean Pierre Rey conte son histoire dans Moi, Moustache – Chien-soldat héros des guerres napoléoniennes.

Sources

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

error: Content is protected !!
efficitur. felis at commodo libero. quis, risus ut velit,
%d blogueurs aiment cette page :