Le chien Igloo, explorateur de l’Antarctique

chien - Igloo

Le chien Igloo, explorateur de l’Antarctique. Image provenant de americacomesalive.com.

Une vie de solitaire

Le chien Igloo, un fox terrier naît aux États-Unis, certainement dans la ville de Washington DC, dans le courant de l’année 1924. Un soir de pluie, le jeune chien vient s’abriter sous un abri bus. Une jeune femme le remarque, tremblant de froid. Elle demande alors s’il est venu avec l’un d’entre eux, mais personne ne répond. La jeune femme décide alors de le prendre dans ses bras et le ramène chez elle. Igloo ne rentre pas dans l’immeuble par la grande porte mais par l’escalier de secours, les chiens étant interdits dans les appartements.

Ils vivent ensemble pendant une semaine. Igloo montre alors qu’il déborde d’énergie et se montre extrêmement curieux sur tout ce qui se trouve dans l’appartement. La jeune femme se dit alors que le jeune chien Igloo est fait pour vivre une « grande aventure ». Un jour, la jeune femme se rend à une réception en l’honneur du lieutenant-commandant Richard Byrd, un explorateur qui se prépare pour le pôle Nord, l’Arctique. Elle découvre que l’explorateur aime les chiens et décide de le contacter pour lui remettre Igloo. La première réponse est négative, mais à force d’insistance, la jeune femme finit par le faire céder. Le jeune chien Igloo se retrouve alors dans un panier en osier, direction New York. Elle lui enfile un pull épais pour lui tenir chaud en Arctique.

Voyage vers l’Arctique

Igloo se retrouve attaché au pied d’une table, il n’a pas été directement remis à Byrd. Heureusement, le lieu choisi n’est pas si mal. Il se trouve dans la cuisine du navire, recevant régulièrement de la nourriture de la part du cuisinier. Les passages ne s’arrêtent jamais, les marins finissent de charger le navire pour le voyage vers l’Arctique. Le chien ne passe pas inaperçue malgré sa petite taille, aboyant quand il n’a rien dans la gueule. C’est après le départ du navire que Igloo et Byrd se rencontrent pour la première fois.

Le petit chien s’attache rapidement à l’explorateur, même s’il peut compter sur d’autres marins lorsqu’il est trop occupé. Igloo s’habitue à la vie sur un navire, son énergie ne diminue pas. Il passe son temps à monter et descendre du pont, à une allure telle que les marins le comparent à une panthère. Igloo fait rapidement la connaissance d’un autre résident à quatre pattes, un chat. Mais pour la cohabitation, ils se divisent le bateau pour éviter de se rencontrer.

Chien - Igloo - Byrd

Igloo avec Byrd. Image provenant de americacomesalive.com.

Ainsi, en plus du pont, Igloo aime passer du temps en cuisine, de la nourriture se tenant toujours à disposition. Le jeune chien passe aussi du temps dans la salle de radio, appréciant la compagnie du marin présent dans les lieux. La nuit, il les passe dans la cabine de l’explorateur.

Igloo possède aussi des jouets pour passer le temps, dont une corde qui ressemble à une chèvre, représentation de la mascotte de la Marine, El Cid. Mais il faut que les marins l’anime pour capter son intention.

Un Igloo au près du feu

Le 29 avril 1926, Le Chantier, le navire sur lequel se trouve Igloo arrive sur l’île de Spitzbergen qui se trouve à la limite de l’océan Arctique. Mais les plans doivent être changés, un autre exploratoire se trouve sur place. Pendant ce temps, les marins surveille en permanence l’état de santé de Igloo. Ainsi dès qu’il a froid, les marins l’enveloppe dans une couverture et le ramène à l’intérieur pour le mettre près du réchaud pour qu’il se réchauffe. Le 29 avril 1926, l’avion décolle, mais sans Igloo qui reste sur place, séparé de Byrd pendant près de seize heures.

Le petit chien retourne ensuite aux États-Unis, tandis que Byrd est accueilli comme un héros, Igloo se rend pour la première fois dans la maison familiale. Il y découvre la présence de quatre enfants, jouant avec eux dès que leur père ne peut pas le promener. Au début, il les fait sans collier et laisse, mais un jour, ils se retrouvent séparer, alors que Igloo s’est mis à courir après une voiture.

Byrd commence à préparer un voyage vers l’Antarctique d’une durée de 18 mois, bien sûr, Igloo est aussi prévu qu’il parte.

L’exploration de l’Antarctique

À la fin de l’année 1928, c’est le départ pour l’Antarctique, avec deux navires et trois avions. Le départ se fait près de Los Angeles, Igloo doit alors prendre le train pour s’y rendre. Normalement les chiens ne sont pas autorisés dans les compartiments, mais grâce à Byrd, Igloo ne se retrouve pas parmi les bagages, seul dans le noir. Même s’il doit rester cacher dès que le contrôleur montre le bout de son nez.

chien - Igloo - combinaison

Igloo dans sa tenue pour l’exploration de l’Antarctique; Image provenant de dogs-in-history.blogspot.com.

À chaque arrêt du train, Igloo descend pour se dégourdir les pattes. Mais à Albuquerque, dans le Nouveau-Mexique, le petit chien remarque des têtes qui sortent de plusieurs trous. Ce sont des chiens de prairies. Il se met à leur courir après, changeant de cible dès que l’un d’entre eux disparait dans son terrier. Venu le moment de partir, Byrd le siffle, mais cela ne fait que l’exciter davantage. Il faut alors une dizaine de minutes aux hommes de Byrd pour réussir à l’attraper.

L’équipement du chien Igloo

Ils montent sur le navire en décembre 1928. Pendant que Byrd est occupé, Igloo explore le nouveau navire. Lorsqu’il se retrouve sur le pont, il tombe sur des chiens de traîneaux enfermés dans des cages, tous se mettent à lui aboyer dessus et se jettent violemment contre les barreaux, montrant leurs crocs. Mais le chien Igloo ne les voit pas comme un danger, au contraire, à chaque fois qu’il a un problème, il vient vers eux, alors qu’ils continuent de le menacer.

Igloo ne descend jamais sous le pont. Dans la cale se trouve une vache qui fournit du lait frais aux marins. Il semble que l’odeur de cette dernière ne rassure pas le petit chien, alors même qu’il se précipite vers la gueule de ses congénères.

Pour résister aux températures de l’Antarctique, comprise entre -10 et -60 degrés, un manteau est commandé. Sa fourrure plus épaisse que les autres Fox terriers ne lui permettrait pas de résister à ces températures. Finalement, c’est une panoplie complète qui est réalisé. Igloo se retrouve sur une table, fourré dans son manteau et son pantalon. Des bottes lacées à chaque patte. Le petit chien ne bouge plus, mais il reproduit les mouvements que les marins lui montrent. Lorsque l’un d’eux lèvent la jambe, Igloo en fait de même. Après un petit temps d’adaptation, Igloo reprend ses habitudes, courir dans tous les sens.

Les découvertes et les dangers

chien - Igloo - pingouin

Igloo jouant avec un pingouin. Image provenant de library.osu.edu.

Une fois arrivé en Antarctique, sur un lieu suffisamment sûr, le campement est installé. Les chiens de traîneaux sont libérés, pouvant enfin se dégourdir les pattes. Pendant ce temps, Igloo fait la découverte de la neige. Il la goutte et se retrouve tétaniser sur place par le froid qui lui vient du bout de sa langue. Rapidement, il se remet, court en rond, soulevant la neige fraîche, le camouflant partiellement. Une fois terminée, il engouffre son museau dans la neige, pour en ressortir avec une épaisse couche dessus.

Non loin du camp, des pingouins qui se trouvent en grand nombre. Le petit chien ne peut pas résister très longtemps à attraper un ou deux pingouins par la queue, les secouant. Mais ces derniers ne se laissent pas faire, se défendant avec des coups de nageoires.

Après cette rencontre glaciale, Igloo retourne en courant au camp qui porte le nom de Little America. Avec la glace et les bottes, le petit chien ne peut pas ralentir à temps. Il se retrouve rapidement entre les grands chiens de traîneaux qui se jettent sur lui. Les aboiements et les cris de douleur alertent les hommes et Byrd qui interviennent rapidement. Heureusement, le chien Igloo en ressort sans blessure grave. Enfin pour le moment !

Dans le campement, il y a un lieu que les hommes ont nommé Dog Town, c’est là que se trouve les chiens de traîneaux lorsqu’ils ne travaillent. Ils sont tous enchaînés. Igloo ne peut s’empêcher de venir dans ce lieu dangereux pour lui et cela ne manque pas. Près d’une douzaine de fois, il est attrapé, sauvé par les hommes alertés par le bruit des chaînes et recousu. À chaque fois, cela ne le rend prudent que pendant une durée limitée, avant de retourner dans la fosse au lion.

Les dernières années du chien Igloo

Après deux ans d’exploration dans le pôle Sud, le chien Igloo revient, Byrd et ses hommes sont accueillis comme des héros. C’est en enchaînement de récompenses et distinction qu’ils reçoivent. Néanmoins, Igloo reçoit lui aussi une récompense, une médaille d’or en juin 1930 du Tail waggers Club de New York.

Une mort entourée

Ainsi, pendant les premières années, Igloo suit Byrd dans les défilés, discours et banquets. Mais le petit chien montre une certaine inquiétude au milieu de cette foule, d’autant plus forte lorsqu’il perd Byrd de vu. Alors même qu’il s’est attaqué à des oiseaux qu’il n’avait jamais vu, qu’il retournait au milieu des chiens de traîneaux en connaissance de cause.

Finalement, Igloo reste avec les enfants, tandis que Byrd part seul. En avril 1931, le petit chien décède dans la maison familiale de Boston. Byrd n’a pas eu le temps de revenir. Il semblerait que le petit chien est ingéré de la mort au rat qui se trouvait dans la ville. Le chien Igloo est enterré au cimetière pour animaux de compagnie de Dehham dans le Massachusetts. Sur la pierre tombale, il y a l’inscription « He was more than a friend ».

Vous avez découvert cette histoire sur Histoire de Compagnie, partagez et commentez. Bien d’autres animaux ont vécu de grand moment historique, c’est le cas de l’aigle Old Abe qui participa à la guerre de Sécession, ou encore de l’ours Wojtek pendant la seconde guerre mondiale. Découvrez aussi d’autres animaux qui se sont retrouvé sur un navire, c’est ainsi le cas du chat Simon, blessé et bloqué pendant plusieurs semaines sur un fleuve chinois.

Média

Son histoire est racontée une première fois dans Igloo en 1931 puis dans Byrd & Igloo: A Polar Adventure, paru en 2013.

Sources

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