Le chien Balto, un héros parmi d’autres

chien - Balto

Balto, un chien héros parmi d’autre. Image provenant du site alleysrescuedangels.org

En 1925, la diphtérie touche le village de Nome, et les enfants en sont les premières victimes. Mais malheureusement, en plein hiver, il n’y a aucun moyen de délivrer le médicament, un sérum, sur les terres enneigées de l’Alaska, le vent y est trop fort, tandis que la mer est gelée. Un système de relais de musher est mis en place, partant de deux points différents. De Nenana, lieu où était arrivé les doses de sérums anti-diphtériques, après un voyage en train à Anchorage. Le second point de départ est Nome, un trajet de 1.014 km la sépare de Nenana, neuf jours étant le record d’un aller-retour. Mais dans les conditions de froids, le paquet de sérum ne peux que tenir six jours. Ce trajet pour sauver une ville se nomme la grande course de la miséricorde, ou simplement la course au sérum.

Un chien qui ne rentre pas dans les normes

Le chien Balto naît durant l’année 1919 à Nome dans un chenil du célèbre musher Seppala. Sa jeunesse n’est pas plus détaillée que cela, seulement que le musher ne le considère pas comme un chien profilé pour la course. Pour sa carrure plus ronde que les autres huskys de Sibérie. Il se fait alors castrer à l’âge de six mois, le privant de descendance. Il possède un pelage noir avec des chaussettes blanches ainsi que sur le ventre et sur le bout du museau. À l’âge adulte, Balto pèse 25 kilos, ce qui le met dans la norme de l’époque.

Il reçoit l’entraînement pour devenir chien de traîneau mais il ne participe pas aux courses de Seppala. Balto n’est pas non plus un chien de tête, simplement destiné à être dans l’attelage pour le compte d’une société minière. Mais cela change lors de la course de la Miséricorde pour sauver la ville de Nome de la diphtérie. Déterminant ainsi le reste de son avenir.

La course du sérum, vécue par Balto

chien - Balto - traineau

Balto, chien de tête d’un traineau. Image de PlanèteAnimal.com

Balto et les autres chiens de traîneau quitte la ville de Nome le 1 février 1925, il est alors âgé de six ans. Il n’est pas le chien à la tête du groupe. Les chiens et Gunnar Kaasen arrivent à Bluff pour récupérer le paquet contenant le sérum qu’ils reçoivent à 19 heures. Mais ils doivent attendre 22 heures avant de partir, la tempête fait rage, les chiens du traîneau précédents sont arrivés gelés. D’un autre côté, la nuit tombe, rendant toute visibilité impossible, alors Balto et son groupe doivent se lancer.

C’est un parcours de nuit avec une tempête n’offrant aucune visibilité qu’ils doivent affronter. Le traîneau traverse une rivière en crue et monte une montagne de 180 mètres. Alors que Balto voit à peine le bout de son museau et les chiens derrières lui. Le chien de tête n’arrive pas à s’orienter, alors Balto compense, avant de finalement prendre sa placer. Il guide ses compagnons et le traineau à travers la tempête alors qu’il n’a reçu aucun entraînement.

Les derniers kilomètres de la course

Il poursuit sa route, tandis que les vents se font de plus en plus violent. À tel point que le traîneau est renversé tandis que le colis contenant le sérum s’enfonce dans la neige. Kaasen redresse le traîneau et part ensuite à la recherche du précieux colis. Ils peuvent enfin reprendre sa route une fois le sérum retrouvé, alors que Kaasen a maintenant des engelures aux mains.

Le 2 février 1925 à 3 heures du matin, Balto arrive à Point Safety pour le transmettre à l’équipe suivante. Les chiens ont parcouru près de 40 kilomètres sans voir quoi que ce soit devant eux. Après un moment de repos, Balto et les autres repartent, le musher qui aurait dû prendre leur suite dort, convaincu qu’ils étaient arrivé dans une autre ville. Ils arrivent finalement à Nome à 5 h 30 du matin, parcourant en tout 85 kilomètres.

chien - Balto - musher Kaasen

Balto et Kaasen après la course au sérum. Image de Frères bruns [Public domain], Wikipédia Commons.

La vie du chien Balto après la course au sérum

Kaasen s’écroule devant Balto, lui disant quelque mot « damn fine dog » (sacré bon chien). Tout le monde remercie l’homme qui les a sauvé mais il demande aussi à ce que Balto le soit. À la fin du mois de février 1925, une invitation arrive à Nome à la dernière équipe du relais, en provenance des USA. Balto et les six autres chiens, ainsi que le traîneau, partent dans le navire à vapeur Alameda direction Seattle.

Le chien Balto tourne alors un film qui retrace sa course lors du relais. Il est logé dans une suite à Los Angeles dans le Baltimore Hotel. Tandis que les autres chiens se trouvent dans un chenil. Pour faire la promotion du film, Balto et ses compagnons de route font une tournée sur la côte ouest. Pour en faire la promotion, le chien Balto se trouve sur les marches d’un escalier. Assis à côté de lui, une actrice hollywoodienne, tandis que le maire lui remet une couronne de fleur autour du cou.

Les conséquences de la célébrité

S’ensuit alors des courses sur circuit, à la grande joie des Américains, mais qui se trouve être à l’origine un désaccord avec le producteur du film. Le 16 décembre 1925, Balto et Kaasen se rendent à New York pour l’inauguration d’une statue à son effigie. Balto est calme durant la cérémonie jusqu’à ce que deux chiens se précipitent sur lui. Kaasen réussit cependant à les empêcher de se battre.

Après cela, Kaasen repart en Alaska sans ses chiens, restant aux USA par le promoteur qui a acheté l’équipe.

chien - Balto - couple Kaasen

Balto et la couple Kaasen sur le bateau. Image issue de Wikipédia Commons [domaine public].

Balto et les autres chiens restent alors pendant un an avec le promoteur avant de changer à nouveau de propriétaire. En décembre 1926, une nouvelle vie commence pour les chiens qui ont permis de sauver de nombreuses vies.

Il se retrouve dans un musée de curiosité à Los Angeles, avec le traîneau comme seul lien avec leurs vies précédentes. Les chiens sont dans le noir, attendant que quelqu’un daignent venir les voir, les héros du relais vers Nome. Les mois passent, Balto et ses compagnons restent attachés dans cette pièce étouffante.

La rencontre qui change la vie de Balto et des six autres chiens

À la fin d’année 1926, un homme passe pour les voir. Les chiens sont dans un état misérable, totalement négligés, à tel point que certains sont aux portes de la mort. George Kimble achète les sept chiens pour 2.000 dollars. Mais ils doivent attendre encore deux semaines avant qu’une collecte à Cleveland rapporte la somme promise.

Ainsi les chiens, Balto, ainsi que Fox, Sye, Billy, Tillie, Old Motcoc et Alaska Slim sont nettoyés, nourris et arrivent à Cleveland par train. Lorsque leurs santés leur permettent, ils font alors un défilé dans les rues de la ville avec leur traîneau monté sur roue, le 19 mars 1927. Balto et ses compagnons de route arrivent finalement dans leurs enclos semi-circulaire dans le zoo de Cleveland. Les gens s’empressent pour venir les voir, avec les soins qui vont avec.

Une fin de vie dans une cage mais respecté

chien - Balto - statue de Central Park

Statue de Balto, rendant honneur à tous les chiens de traineaux de la course au sérum. Avec les mots gravés : Endurance – Fidélité – Intelligence. Image de Tony Hisgett de Birmingham, Royaume-Uni [CC BY 2.0 (https://creativecommons.org/licenses/by/2.0)]

Les journées se ressemblent dans cette enclos, mais contrairement à leur ancienne cage. Ils sont nourris, soignés, profitent de la lumière du soleil. Des couples, des familles s’arrêtent devant eux, ils se rapprochent, aboient, jouent entre eux. Ils profitent de cette liberté en cage, bien loin des terres enneigés de l’Alaska, où ils pouvaient courir dans la neige.

Le temps passe et les compagnons de Balto disparaissent les uns après les autres, le temps faisant son œuvre. Ils ne sont plus que deux en 1933, l’autre étant Sye. Le chien Balto souffre de cécité partielle et il est aveugle d’un œil. L’arthrite le prend dans les pattes arrières, la douleur est permanente, même lorsqu’il se couche. Le gardien prend grand soin de ces deux là, comme il l’a fait pendant des années avant. Finalement, Balto part pour la clinique vétérinaire, où il se fait euthanasier, s’éteignant le 14 mars 1933 à 14 h 15 à l’âge de 14 ans. Le dernier chien, Sye, hurlant pour ses partenaires disparus, décède l’année suivante en 1934.

Sa mémoire perdure, un autre reste dans l’ombre du chien Balto

Le corps de Balto se voit bourré et exposé au musée d’histoire naturelle de Cleveland. Avec le temps, la fourrure noire du chien est devenu brun acajou à cause d’une trop forte exposition à la lumière. L’enceinte du zoo où il se trouvait, ainsi que les autres chiens, a été démonté, un enclos à loup se trouve à la place. Mais deux statues en bronze marquent son passage dans les lieux. L’une lui est dédiée, tandis que la deuxième est en l’honneur d’un autre héros canin Togo.

Découvrez la vie que Balto aurait pu avoir si Seppala avait simplement décidé de l’abandonner, celle d’un chien errant. Découvrez la vie du pigeon Vaillant qui a permis de sauver de nombreuses vies dans les tranchées. N’oubliez pas de laisser un commentaire. Que ce soit pour faire connaître votre avis où améliorer les biographies et les articles d’Histoire de compagnie. En vous remerciant de votre lecture et d’avoir découvert cette histoire.

Ce qui l’histoire retient du chien Balto

Il est le seul chien que l’Histoire retient dans la grande course de la miséricorde. Alors que plus de 150 chiens y ont participé, dont Togo et Fritz, et que certain y sont même mort.

Média

En 1995, un film d’animation Disney est réalisé, sous le nom de Balto : Chien loup, héros des neiges. Mais ses origines changent, devenant un croisé chien-loup, tout comme de nombreux évènements et personnages. Balto apparaît dans le livre The race to Nome publié en 1963, qui retrace l’histoire de toutes les équipes, dont celle de Togo.

Sources

Vous aimerez aussi...

Laisser un commentaire

error: Content is protected !!
ut Curabitur Sed ultricies ipsum Phasellus tristique sed neque. vulputate, pulvinar
%d blogueurs aiment cette page :