La brebis Dolly, naît de la science du clonage

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Dolly, la brebis clonée. Photo fournie gracieusement par l’Institut Roslin, l’Université d’Edimbourg

Les “parents” de la brebis

Le destin de Dolly a été choisi dès sa naissance, et même avant dans son cas, dans une éprouvette. Les cellules qui ont donné vie à Dolly proviennent de la glande mammaire d’un mouton Finn Dorset âgé de six ans, d’où l’origine de son prénom. Cela fait référence à une chanteuse américaine de country Dolly Parton, qui était connu pour sa poitrine généreuse. La division des cellules est stoppée à l’aide d’un milieu particulier, permettant aussi de les reconfigurer. Les cellules se voient alors fusionner avec un ovule énuclée de mouton Scottish Blackface.

Elle reste dans un milieu de culture pendant 6 à 7 jours pour vérifier que son développement se fait normalement. À ce moment-là elle n’est pas seul dans la chambre d’incubation. Ils étaient 277 fusions de cellules à la ligne de départ, 29 embryons se développent. Ces derniers sont implantés dans 13 brebis Scottish Blackface, mais de tous, seul Dolly arrive à terme.

Dolly naît de cette brebis, qui servie de mère porteuse, dont elle ne ressemble absolument pas. Prouvant qu’elle est bien le résultat des manipulations des scientifiques. Elle a alors deux mères, une mère dont elle est le clone, Geniees, et une mère porteuse Belinda, dont elle possède les mitochondries.

Une naissance célèbre dans le monde entier

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Dolly avec sa mère porteuse. Photo fournie gracieusement par l’Institut Roslin, l’Université d’Edimbourg

Après une gestation de cinq mois, la brebis Dolly naît le 5 juillet 1996, elle pèse alors 6.6 kilogrammes. Il aura fallu un effort d’environ une heure à sa mère porteuse pour en accoucher. De nombreuses personnes devaient être là pour sa naissance tant espérer, dont notamment un vétérinaire qui a pu l’aider à la sortir.

Dolly, l’agnelle ne partage aucun trait particulier avec sa mère porteuse, elle est blanche tandis que sa mère à la face noire. Preuve qu’elles n’ont aucun lien de parenté, qu’elle n’est pas la fille de sa mère. La jeune brebis se fait lécher, nettoyer du liquide amniotique qui la recouvre. Quelques minutes après sa naissance, elle commence à tenter de se mettre debout. Après environ une heure d’effort, Dolly se tient seul sur ses pattes. Enfin, elle peut téter sa mère de substitution pour la première fois.

Après quelques heures, l’agnelle se voit percer l’oreille pour recevoir sa plaquette, portant son numéro d’immatriculation qui lui est unique. Dolly reste avec sa mère dans un box pour renforcer leurs liens.

Son existence se révèle au monde le 22 février 1997, correspondant à la sortie du document scientifique présentant la méthode qui a permis à Dolly de voir le jour. Elle n’est pas le premier animal cloné, cela revient à des grenouilles dans les années soixante. Sa particularité étant que des cellules adultes différenciées ont été utilisé comme matériel génétique.

Une vie “normale” de mouton de laboratoire pour la brebis Dolly

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Dolly en pâturage. Photo fournie gracieusement par l’Institut Roslin, l’Université d’Edimbourg

Durant la première année de sa vie, la brebis Dolly a de nombreuses analyses, montrant qu’elle est génétiquement plus vieille que son âge réel. Malgré cela, la brebis ne semble pas souffrir d’un vieillissement accéléré. Pendant ses années d’existence, Dolly fait quelques apparitions publiques ici et là. Le reste du temps, elle a une vie normale de brebis tout en vivant dans un centre de recherche.

En avril 1998, la brebis Dolly donne naissance à son tour à une agnelle en bonne santé, du nom de Bonnie. Durant sa grossesse et pour celle qui suivront, une échographie surveille l’état de développement de sa progéniture. Entre 1998 et 2000, Dolly ainsi donne naissance à deux autres agnelles du nom de Sally et Rosie. Elles sont toute les deux en parfaites santés comme tout les autres petits de Dolly.

En septembre 2000, la brebis donne naissance à sa dernière portée, des triplets, du nom de Lucy, Darcy et Cotton. Ainsi, Dolly a au total six agneaux, toujours avec le même Bélier des montagnes Galloises, du nom de David.

Dolly, la brebis et ses nombreux problèmes de santé

Malheureusement, quelque mois plus tard, Dolly se retrouve infectée par un virus, le JRSV (jaagsiekte sheep retrovirus), sans que cela ne soit visible dans son comportement. Elle vit normalement, sans en souffrir, avant que ses conditions de vie ne se ressentent.

Pendant l’année 2001, la brebis Dolly marche avec raideur à la patte arrière gauche, chose remarquée par son soigneur qui le signale. Après un examen, elle reçoit alors des anti-inflammatoires qui la guérisse avec succès de son arthrite à la hanche et au genou gauche.

C’est en 2003, Dolly souffre d’une toux, montrant que son état s’est dégradée, le virus montre ses effets. La brebis fait un CT scan, où une tumeur pulmonaire est alors observée. Pour lui éviter toute souffrance inutile, la décision est prise de l’euthanasier. Dolly s’éteint le 14 février 2003.

Quelques précisions sur les maladies qui l’ont touché

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Dolly avec Cotton, Darcy et Lucy. Photo fournie gracieusement par l’Institut Roslin, l’Université d’Edimbourg

Dolly a 5 ans, lorsqu’elle présente une arthrite. C’est une maladie très commune chez les moutons mais qui arrive généralement dans la dizaine. Hors c’est justement l’âge que les gènes de Dolly ont, à sa naissance, ces gènes avaient déjà 6 ans. Mais en même temps, c’est une chose qui s’observe fréquemment chez les animaux élevés en intérieur.

Le JRSV est un virus qui provoque un cancer pulmonaire, et qui peut toucher un animal quelque soit son âge. Le fait de vivre en intérieur est un facteur aggravant. Il touche les animaux entre 2 et 4 ans avec un temps d’incubation de 1 à 2 ans. Avec le temps, il provoque une toux, au début après un effort comme courir. D’où le terme en afrikaner dérivé de jaag et siekte signifiant chasse et maladie. Le mouton présente aussi une perte de poids. En phase terminale, une surproduction de sécrétion pulmonaire, qui s’accumule dans les nasaux. La mort intervient par insuffisance respiratoire, parfois associé à une pasteurellose.

C’est à vous de faire votre avis sur ce qui a provoqué la mort de la brebis Dolly, ou plus tôt ce qui la précipité. Mais à la manière de la chienne Laïka, sa vie n’a été qu’une expérience pour la science. Découvrez aussi la vie du gorille Koko, mondialement pour sa maitrise d’un langage humain.

Après la mort de la brebis Dolly

Dolly - brebis - naturalisé

Dolly, brebis naturalisée. Wikipédia

Une autopsie est réalisée pour connaître les raisons de sa mort, savoir si le fait qu’elle soit un clone est pu contribuer à son décès prématuré. Le corps de Dolly a été naturalisé et il est visible au Musée national d’Écosse à Édimbourg.

Quatre autres brebis ont été clonées à partir de la même lignée cellulaire de Dolly, sans montrer de signe de vieillissement accéléré. Elles se nomment Debbie, Denise, Dianna et Daisy, surnommées les Dollies de Nottingham. Elles font parties d’un groupe de treize nouvelles expérimentations, sans qu’aucune ne montrent de signe de Dolly.

Sa contribution à la science est énorme. En effet, Dolly a permis de validité l’hypothèse qu’une cellule différenciée pouvait redevenir une cellule pluripotente. Ainsi, elle a ouvert la voie au clonage thérapeutique.

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Média

En 2006, le chanteur japonais Hyde sort un titre qui porte le nom de la brebis dans l’album Faith. La seconde référence se trouve dans une série canadienne du nom de Orphan black qui traite du clonage. L’un des personnages porte un masque de brebis.

Sources

 

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